Ce site web ne supporte plus Internet Explorer 11. Veuillez utiliser un navigateur plus récent tel que Firefox, Chrome pour un meilleur affichage et une meilleure utilisation.
FiBL
Bio Suisse
Logo
La plateforme des agriculteurs et agricultrices bio

Rumex et agriculture biologique : cibler plutôt que s'acharner

Nouvelle  | 

En bio, plutôt que de multiplier les interventions, l'enjeu est davantage de reprendre le contrôle d'une parcelle envahie de rumex. Le FiBL propose via son projet ChardRum de mieux connaître le niveau d'infestation d'un terrain pour intervenir plus précisément et d'éviter ainsi que cette adventice ne reprenne le dessus.

La racine pivotante des rumex contient des réserves énergétiques considérables. Ses bourgeons régénérateurs se concentrent toute fois dans les 12 premiers centimètres de la racine. Photo Patricia Schwitter, FiBL

En agriculture biologique, l'absence de recours aux herbicides impose d'abandonner l'illusion d'une solution unique face aux adventices. Pour réguler durablement le rumex, la première étape consiste donc à analyser les mécanismes de survie de la plante pour mieux appréhender ses points faibles. 

60 000 graines par an

Le rumex se distingue par une capacité de multiplication colossale : un seul pied peut produire jusqu'à 60 000 graines par an, capables de conserver leur faculté germinative dans le sol pendant plusieurs dizaines d'années. 

La maturation des semences est extrêmement rapide, avec 15 % de graines fertiles seulement six jours après l'apparition des premières fleurs, et 90 % après 18 jours. De plus, les graines immatures présentes sur une tige coupée peuvent continuer à mûrir une fois tombées au sol. Empêcher un rumex de monter en graines est donc capital.

Eliminer les racines 

Côté souterrain, la racine pivotante peut descendre jusqu'à 2 mètres de profondeur et renferme des réserves énergétiques considérables. Les bourgeons régénérateurs se concentrent toutefois seulement dans les 12 premiers centimètres de la racine, et un tronçon d'à peine 0,5 à 1 cm peut suffire au développement d'une nouvelle pousse. Une intervention à la bonne profondeur et l'élimination des racines sont donc à la base de la lutte directe.

Priver les plantules de lumière

Le stade « jeune plantule » demeure le maillon faible du développement du rumex. Ayant impérativement besoin de lumière pour germer, la plantule souffre d'un développement juvénile lent et peine à s'imposer face à un couvert dense. Les infestations surviennent ainsi lorsque la végétation alentour est lacunaire en raison d'une levée irrégulière, d'un tassement, d'ornières ou de traces de roues ou d'une fauche trop basse. Lui offrir la lumière, c'est donc le laisser se développer.

ChardRum : réfléchir avant d'agir

Piloté par le FiBL et financé par BioVaud et la DGAV, Le projet Chardrum propose une approche qui dépasse les recettes standardisées. Le projet combine ainsi les connaissances agronomiques en s'aidant d'outils de précision tant pour le diagnostic et la détection que pour la lutte. 

La première étape consiste à établir un diagnostic précis de la situation. Grâce à la cartographie et aux outils GPS, y compris la télédétection par drone, il est possible de localiser avec précision les foyers de rumex et d'en évaluer la densité. Cela permet d'y concentrer les efforts. 

Un suivi pluriannuel s'impose

Ensuite, suivant le diagnostic et la situation de base, il faut opter pour un mode d'intervention adapté au niveau d'infestation. Une fois la situation maîtrisée, l'objectif est de corriger les causes qui favorisent son développement plutôt que d'intervenir sur les seules plantes. Un suivi pluriannuel des efforts mis en place s'avère ensuite nécessaire pour adapter sa stratégie.

Quand et comment intervenir ?

La réussite repose sur le choix du bon levier, du bon outil au bon moment, en fonction de la densité d'infestation du rumex. En dessous de 0,25 rumex/m2, l'arrachage manuel à la fourche à rumex reste la méthode la plus efficace. Il faut idéalement extraire au moins les 12 premiers centimètres de la racine et sursemer immédiatement dans les trous. Entre 0,25 à 2 rumex/m², l'arrachage devient la priorité et doit être accompagnée de sursemis généralisé. Au-delà de 2 rumex/m², l'arrachage individuel n'est plus rentable. 

Une cure anti-rumex, sur la zone identifiée lors de la cartographie, s'impose : destruction des chaumes ou du couvert végétal à 12 cm de profondeur avec un déchaumeur puis 3 à 5 passages de vibroculteur à 10-15 jours d'intervalle par temps sec pour faire sécher les racines en surface. 

Garder le rumex sous contrôle

Une fois la pression du rumex ramenée à un niveau maîtrisable, l'enjeu est de mettre en place une stratégie durable. Il s'agit de rendre la parcelle difficile à recoloniser pour l'adventice. Les principaux facteurs de risque responsables de l'apparition du rumex sont une couverture herbeuse clairsemée, des teneurs élevées en phosphore et en potassium, un engorgement de matière organique naturel ou par des amendements frais, ainsi qu'un sol compacté. 

Raisonner la fertilisation tout en maintenant des cultures denses

La stratégie consiste donc à agir directement sur ces facteurs : maintenir des prairies et des cultures denses et compétitives pour limiter les espaces disponibles à la germination, éviter le tassement et les passages d'engins ou d'animaux sur des sols trop humides, et raisonner la fertilisation selon les analyses de sol et les besoins des cultures afin d'éviter tout excès. En parallèle, adapter la rotation et le travail du sol est nécessaire pour éviter de créer des conditions favorables à son installation.

Maîtriser le rumex ne consiste pas à l'éliminer, il faut reprendre le contrôle de sa parcelle. Voilà tout l'enjeu du projet ChardRum : intervenir là où c'est nécessaire, avec le bon outil, puis agir sur les causes pour éviter de nouvelles propagations.

Benjamin Reichlin et Raphaël Charles, FiBL

Cet article est paru dans l'édition du 02 octobre 2026 du journal AgriHebdo  

Plus d'informations

la fourche électrique Overney parmi les solutions

La large affluence du 24 septembre pour une démonstration, organisée par Proconseil, de la fourche électrique développée par Overney technologie Sàrl démontre bien l'intérêt de la pratique pour trouver une alternative à l'arrachage manuel plante par plante. L'outil prend tout son sens dans les situations d'infestation faible à intermédiaire, lorsque le nombre de rumex devient trop important pour envisager un arrachage manuel classique, sans pour autant justifier une intervention généralisée sur la parcelle. Ce type d'outil vient ainsi compléter la palette des moyens de lutte à disposition. La fiche technique N°1450 consacrée au rumex est disponible sur fibl.org 

Retrouvez sur bioactualites.ch un article complet consacré à la fourche électrique Overney ici : 

https://www.bioactualites.ch/actualites/nouvelle/une-fourche-electrique-pour-sattaquer-au-rumex-a-la-racine

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

Souhaitez-vous ajouter le site web à l'écran d'accueil ?
Souhaitez-vous ajouter le site web à l'écran d'accueil ?