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Maladie de la langue bleue : traitement et prévention

Les premiers cas de maladie de la langue bleue en Suisse sont apparus en août 2024. Depuis, la maladie s’est fortement propagée. Comment procéder en cas de suspicion de maladie de la langue bleue ? Et quelles sont les possibilités de prophylaxie ainsi que de traitement ?

La maladie de la langue bleue est une maladie virale qui touche les ruminants, en particulier les ovins et les bovins. Le virus n’est pas dangereux pour l’être humain, ni pour les autres animaux domestiques. Il est transmis par des moucherons piqueurs (cératopogonidés). Il n’y a pas de transmission directe d’un animal à l’autre.

Depuis le mois de juillet 2023, les cas de maladie de la langue bleue se sont multipliés en Europe (Allemagne, France, Pays-Bas, Belgique). La maladie est aussi présente en Suisse depuis l'été 2024. Le sérotype le plus fréquent en Suisse était le BTV-3, mais le sérotype BTV-8 se propage lui aussi de plus en plus.

Symptômes de la maladie de la langue bleue

Une infection peut se dérouler de manière asymptomatique, mais elle peut aussi causer des symptômes très graves. Les ovins sont généralement plus sévèrement touchés. Parmi les symptômes figurent une forte fièvre, une salivation accrue, des œdèmes au niveau de la tête, des inflammations des muqueuses de la bouche ou aussi seulement de la bouche, des naseaux et des boiteries. Une teinte bleuâtre peut apparaître au niveau de la bouche, de la langue (d’où le nom) et des trayons, mais elle n’est pas systématique. Les symptômes peuvent aussi n’apparaître qu’au niveau des onglons (forte boiterie et onglons chauds en raison de l’inflammation du bourrelet coronaire et/ou de l’espace interdigité).

Traitement et prophylaxie

Marche à suivre en cas de suspicion de maladie de la langue bleue sur l’exploitation

Comme la maladie de la langue bleue fait partie des épizooties à combattre, les animaux suspects doivent être immédiatement annoncés au vétérinaire responsable et examinés. Si le soupçon est confirmé, une interdiction de déplacer des animaux est prononcée (séquestre), afin que le virus ne puisse pas se disséminer dans des zones (encore) non touchées. Des animaux asymptomatiques pouvant aussi être porteurs du virus, l’interdiction de déplacer des animaux est valable pour tous les ruminants de l’exploitation.

Traitement des animaux touchés

Généralement, les animaux malades peuvent être soignés. Le traitement peut être très long. Le ou la vétérinaire va traiter localement les plaies pour soulager l’animal et administrer des analgésiques. Des thérapies alternatives, comme l’homéopathie, peuvent être utilisées en soutien ou à des fins prophylactiques et dans des cas légers. Des conseils peuvent être obtenus par exemple auprès de l’association Kometian (voir lien ci-après).

Il est important que les animaux continuent de s’alimenter malgré les inflammations et les douleurs au niveau de la bouche. On peut proposer aux ovins des granulés trempés, des céréales écrasées, roulées ou floconnées, ou éventuellement aussi du feuillage. Le foin devrait être souple et ne comporter que peu de tiges dures.

De l’eau fraîche devrait être à disposition en tout temps. Il ne faut toutefois pas obliger les animaux à boire, car l’eau peut se retrouver dans la trachée à cause des œdèmes.

La maladie provoque souvent des avortements. Particulièrement dans le cas des génisses, le fœtus du veau peut déjà être infecté ou même malade. Les veaux concernés viennent au monde en manquant de vitalité et/ou aveugles.

Prophylaxie possible

En prévention, il s’agit de protéger les animaux des piqûres des moucherons vecteurs. La multiplication des moucherons étant liée à des surfaces d’eau, toutes les mesures contribuant à l’assèchement des flaques et des eaux stagnantes sur l’exploitation permettent de lutter contre le vecteur. Le succès de ces mesures doit toutefois être relativisé car les moucherons peuvent se diffuser de manière étendue par les airs. Ces insectes peuvent donc aussi apparaître sur des exploitations ayant appliqué de bonnes mesures de prévention.

Les moucherons vecteurs du virus se multiplient avant tout dans des substrats humides et riches en matières organiques comme les sols boueux, les fumiers et les zones riches en lisier ou les zones marginales humides proches des stabulations et des fermes. Il est donc évident que les mesures d'amélioration de l'hygiène et des drainages ainsi que celles pour éviter la présence de zones humides et polluées dans la ferme sont centrales pour la prévention. Les plans d'eau comme les étangs ou d'autres biotopes ne représentent en règle générale pas des sites de reproduction importants.

Des produits contre les moucherons piqueurs qui sont appliqués sur le dos des animaux, répulsifs ou « pour-on », peuvent être utilisés comme moyen de protection. Les produits autorisés pour les exploitations Bourgeon se trouvent dans la liste des intrants du FiBL.

Dans les régions où la maladie de la langue bleue est plus fréquente, des médicaments remis sur ordonnance vétérinaire peuvent aussi être utilisés contre les moucherons. Butox®, Spotinor® et Dentanil ne comportent, pour le lait, aucun délai d’attente (pour les bovins) ou que des délais courts (pour les ovins : Butox® 2 x 12 heures ; Dentanil : 0 jour; Spotinor® n’est pas homologué pour les brebis productrices de lait), tandis que pour la viande, des délais d’attente doivent être respectés (Butox : bovins : 2 x 18 jours, ovins : 2 x 1 jour; Dentanil et Spotinor : bovins : 2 x 17 jours, ovins : 2 x 35 jours); Sebacil (non autorisé pour les animaux qui produisent du lait) : bovins : 2 x 30 jours, ovins : 2 x 42 jours).

Vu que, dans le cas de ces préparations, les moucherons dont il est question ne meurent qu'après avoir piqué ou après avoir été en contact avec un animal traité, l'efficacité pour empêcher la transmission de la maladie de la langue bleue est limitée et pas complètement élucidée. Vu que les principes actifs utilisés peuvent en plus exercer des influences négatives sur d'autres insectes – aussi des insectes utiles – et l'environnement, leur utilisation doit être soupesée avec soin.

Prophylaxie homéopathique

Les médicaments homéopathiques utilisés en prophylaxie peuvent suffisamment bien préparer les animaux à une infection pour qu'on puisse s'attendre à des symptômes plus faibles (voir Pour en savoir plus).

Vaccination

Les vaccinations protègent seulement contre le sérotype correspondant. La Suisse autorise ainsi actuellement des vaccins contre le sérotype BTV-3 et des vaccins combinés qui luttent à la fois contre le BTV-8 et le BTV-4. La vaccination est recommandée par l'OSAV (voir Pour en savoir plus).

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