Mesures pratiques pour la protection contre la tavelure du poirier
La tavelure du poirier, qui est provoquée par le champignon Venturia pyrina, est l'une des plus importantes maladies qui surviennent dans les vergers de poiriers. Les variétés particulièrement sensibles – comme par exemple la «Kaiser Alexander» – ont présenté de fortes attaques pendant certaines années avec de nombreuses périodes de pluie au printemps et en été. Les conditions infectieuses de ce genre causent l'année suivante une augmentation de la pression infectieuse de la tavelure et complique l'assainissement des parcelles concernées. Vu que les conidies, c.-à-d. les spores asexuées de l'agent pathogène, contrairement au cas de la tavelure du pommier, hivernent non seulement sur les feuilles mais aussi dans les lésions du bois et sont libérées précocement au début de la saison, les mesures phytosanitaires indirectes s'avèrent aussi importantes que les directes.
Cycle de la maladie
Les lésions qui sont provoquées par le champignon de la tavelure du poirier forment des croûtes sur la pousse à fruit. Photo: FiBL, Fabian Baumgartner
Les symptômes de la tavelure du poirier n’apparaissent pas seulement sur les fruits et les pousses, ses taches caractéristiques sont aussi nettement visibles sur les feuilles. Photo: FiBL, Fabian Baumgartner
Le cycle de la maladie ressemble à celui de la tavelure du pommier avec la différence que l'hivernage de la tavelure du poirier se déroule aussi sur les pousses des branches infectées. C'est à ces emplacements que se forment des conidies qui sont lessivées en cas de temps pluvieux et peuvent donc déclencher de nouvelles infections. Un autre type d'hivernage se déroule sur les feuilles comme pour la tavelure du pommier avec au printemps l'éjection d'ascospores et le déclenchement d'infections primaires. Les places infectées sur les feuilles, les fruits et les pousses produisent et éjectent à leur tour des spores qui provoquent des infections secondaires.
- Des infections foliaires peuvent survenir pendant toute la période de végétation. Cela touche aussi bien des vielles feuilles que des nouvelles. Des premières infections peuvent se dérouler déjà au printemps quand les bourgeons sont encore à peine ouverts, et il n'y a pas de résistance due à l'âge.
- Des infections des pousses apparaissent sur des pousses vertes environ jusqu'en juin ou jusqu'à la clôture de la croissance des pousses. Ces lésions des pousses éjectent aussi des conidies au cours de l'année suivante et peuvent ainsi provoquer de nouvelles infections directement au début de la saison. Plus la croissance en épaisseur progresse moins les lésions sont infectieuses, donc ce sont avant tout les pousses annuelles contaminées qui sont problématiques.
- Des conidies sont formées dans tous les types de lésions (sur les feuilles, les fruits et les pousses). Des courtes périodes humides suffisent déjà pour déclencher les éjections de conidies qui, contrairement aux ascospores, sont aussi possibles pendant la nuit. Les conidies poursuivent en outre continuellement leur maturation et il y en a qui sont éjectées dès le début de la saison.
Gestion de la maladie et mesures de protection des plantes
Des mesures directes sont immédiatement efficaces contre le champignon sur certaines parties des plantes:
Les produits phytosanitaires actuellement autorisés en bio peuvent avoir une bonne efficacité s'ils sont utilisés de manière ciblée et s'il n'y a pas ou très peu eu d'attaque au cours de l'année précédente. Le cuivre joue ici un rôle décisif au printemps avant la floraison, car l'efficacité des produits à base de soufre est souvent limitée pendant cette période à cause des basses températures. Le soufre peut être utilisé plus tard dans la saison, mais il faut savoir que certaines variétés présentent des risques de phytotoxicité ou de roussissures sur les fruits et qu'il faut à cause de cela diminuer la quantité utilisée sur ces variétés, et cela particulièrement pendant les journées ensoleillées et chaudes.
Pour assurer l'utilisation ciblée et l'optimalisation des mesures phytosanitaires, on peut d'une part se tourner vers le Modèle RIMpo pour la tavelure du poirier, qui reproduit le potentiel infectieux des conidies qui se trouvent dans les lésions des parties ligneuses, et d'autre part on peut recourir au Modèle RIMpro pour la tavelure du pommier afin d'estimer le risque d'infection présenté par les ascospores au cours de la saison primaire.
Modèle RIMpro pour la tavelure du poirier, Modèle RIMpro pour la tavelure du pommier (rubrique Protection des plantes).
Des mesures indirectes agissent préventivement en diminuant la pression infectieuse dans le verger:
Les mesures préventives les plus efficaces sont avant tout l'hygiène du verger en favorisant la décomposition des feuilles mortes ou en évacuant le produit de la fauche, car cela permet de diminuer la quantité d'inoculum. Les essais de ces dernières années ont aussi montré que l'adaptation de la manière de tailler (élimination des pousses d'une année qui sont contaminées) et la limitation de la croissance recèlent un bon potentiel de diminution de la pression infectieuse.
Fabian Baumgartner et Miro Zehnder, FiBL
Pour en savoir plus
Prévisions du risque de tavelure du poirier avec RIMpro (rubrique Protection des plantes)
Prévisions du risque tavelure avec RIMpro (rubrique Protection des plantes)
Fiche technique «Protection des plantes pour la production de fruits à pépins bio» (boutique du FiBL)
Liste des intrants (boutique du FiBL)
Dernière mise à jour de cette page: 14.04.2026
