Les vaches transforment l'herbe en denrées alimentaires: Les ruminants permettent l'exploitation des herbages pour l'alimentation humaine. Avec une faible utilisation d'aliments concentrés, comme dans l'agriculture biologique, sans même occuper de terres assolées. La fiche d'information du FiBL « Vaches et climat » montre comment l'agriculture biologique basée sur les prairies contribue à une production laitière et carnée plus durable.
Inappropriés à la production de nourriture pour les êtres humains, les herbages peuvent être utilisés pour produire du lait et de la viande de manière durable. Photo: Bio Suisse, Flavia Müller
En Suisse, les prairies et pâturages constituent environ 70 % de la surface agricole utile. En revanche, les terres assolées sont rares, surtout en comparaison européenne.
Seuls les ruminants tels que les bovins, les moutons et les chèvres peuvent rendre les herbages exploitables pour l'alimentation humaine. Ils transforment les protéines végétales issues des graminées, que les humains ne peuvent pas digérer, en protéines animales alimentaires de haute qualité. Ainsi, le lait et la viande peuvent être produits à partir des herbages en complément à la production d'aliments d'origine végétale issus des terres assolées.
Pourquoi dit-on que les vaches ont un impact sur le climat?
Du méthane est rejeté, entre autres, lors de la digestion de fourrages riches en fibres et de l'extraction d'énergies fossiles. Ce gaz contribue de manière significative au réchauffement climatique et devrait être rapidement réduit afin d'atteindre les objectifs climatiques – mais il convient ici d'adopter une approche nuancée. Une réduction de l'élevage bovin permettrait de diminuer une partie des émissions. À long terme, cela ne constitue toutefois pas une alternative à l'abandon des énergies fossiles.
Comment réduire les émissions de méthane des ruminants?
Qui dit moins d'animaux, dit moins d'émissions. Toutefois, une réduction générale du nombre de ruminants aurait des conséquences considérables: des herbages permanents resteraient inutilisés et il ne serait plus possible de produire des denrées alimentaires sur ces surfaces. Cela entraînerait le transfert des émissions vers l'étranger, mais pas leur réduction: elles disparaîtraient simplement des chiffres du bilan climatique suisse.
Mesures pour la pratique
Pour réduire les émissions de méthane, les stratégies suivantes peuvent être envisagées: sélection, prolongation de la durée d'utilisation, optimisation de la gestion de la pâture, adaptation de l'alimentation et amélioration du stockage et de la gestion des engrais de ferme.
Miser sur la sélection
Des races adaptées permettent d'obtenir de bons rendements laitiers dans les herbages, tout en utilisant peu d'aliments concentrés et en améliorant le bilan climatique. En région de montagne, les races robustes à deux fins font leurs
preuves. Il est essentiel d'adapter les animaux, l'exploitation et l'alimentation au site.
Prolonger la durée d'utilisation
Plus une vache vit longtemps et produit du lait, mieux les émissions de méthane issues de l'élevage sont réparties sur chaque kilogramme de lait. Si, en outre, davantage de viande provient de l'élevage laitier, par exemple grâce à des races à deux fins ou à des croisements de première génération, on peut renoncer à l'élevage de vaches mères supplémentaires. Cela améliore le bilan climatique global de l'élevage bovin.
Réduire le méthane grâce à l'alimentation
Les inhibiteurs synthétiques peuvent réduire les émissions de méthane, mais ils ne peuvent être utilisés à ce jour que dans le cadre de l'affouragement en stabulation et ne sont pas autorisés dans l'agriculture biologique. Les plantes contenant des substances amères ne sont pas sans effet, mais il est difficile de les utiliser en quantités suffisantes; il est toutefois judicieux de favoriser les pâturages et prairies riches en ces plantes.
Optimiser la gestion de la pâture
À long terme, les herbages permanents peuvent stocker du carbone, à condition qu'ils ne soient pas surexploités ou labourés. Les systèmes tels que le pâturage rationné misent sur des phases de pâture courtes suivies de longues périodes de repos. Ils favorisent la croissance des racines et la formation d'humus, transformant ainsi les herbages en surfaces protégeant le climat.
Améliorer le stockage et la gestion des engrais de ferme
Un stockage et une gestion optimisés des engrais de ferme permettent de réduire les émissions de méthane, de protoxyde d'azote et d'ammoniac. En font partie: le compostage du fumier, la séparation rapide de l'urine et des excréments, la couverture des réservoirs à lisier, l'épandage à proximité du sol à l'aide de pendillards au moment optimal, l'incorporation rapide des engrais, la dilution du lisier ainsi que la couverture du fumier, son stockage compact et la collecte des jus d'écoulement. En général, les principales propriétés des engrais de ferme, comme la teneur en éléments nutritifs et en matière sèche, varient fortement en fonction du système d'élevage et du type de traitement. Étant donné que certaines mesures peuvent entraîner un transfert des émissions en aval de la chaîne de traitement, il importe de considérer l'impact global de l'élevage en stabulation, du stockage des engrais et de leur épandage.
Pourquoi protéger le climat ne suffit pas pour rendre l'agriculture viable?
Il ne suffit pas de protéger le climat. Une agriculture durable doit aussi préserver de manière viable les sols, l'eau, la biodiversité et les sources régionales de protéines. En cela, l'élevage biologique basé sur les herbages apporte une contribution importante: il utilise les ressources locales, réduit l'impact environnemental et favorise la sécurité alimentaire et la protection des écosystèmes de manière holistique.
Connaissances grâce à la fiche technique « La vache et le climat »
La fiche technique « Vache et climat » explique plus en détail pourquoi les prairies doivent être préservées à l'avenir, quelle est l'importance de l'élevage biologique de bovins dans le débat sur le climat et comment l'agriculture peut promouvoir un élevage durable et viable.
Lin Bautze, FiBL
Pour en savoir plus
Publication Vaches et climat (Boutique du FiBL)
Flyer Vaches et climat (2.7 MB)
Bovins (rubrique Élevages)
