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Des pistes pour prolonger la saison des fraises bio

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Vu que la demande pour les fraises biologiques suisses reste forte même après la haute saison qui va de la mi-mai à la mi-juin, un projet de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique FiBL étudie comment la période de récolte peut être allongée vers la fin en bio afin de prolonger jusqu’en juillet la disponibilité des fraises bio du pays.

Enlever des fleurs retarde la récolte des fraisiers remontants. Photo: FiBL, Thierry Suard

La prolongation de la saison des fraises est techniquement délicate. Aussi à cause des exigences spécifiques de l'agriculture biologique. Les cultures tardives sont plus longtemps exposées aux risques météos comme la canicule, la grêle ou les fortes pluies. Et en même temps la plus longue durée de la culture augmente aussi la pression des maladies et des ravageurs alors qu'il n'y a en agriculture biologique que peu de possibilités phytosanitaires directes à disposition.

Difficile prolongation de la période de récolte

La production suisse des fraises bio est basée surtout sur des variétés non remontantes qui sont plantées en juillet ou en août et fournissent leur récolte principale au début du printemps suivant. Ce système de production est conçu pour une grande récolte sur une courte période. Il s'ensuit des pics de production suivis par des lacunes d'approvisionnement.

Un déplacement chronologique de la récolte peut recourir à deux stratégies: avancer ou retarder la culture. Des méthodes pour l'avancer – par exemple avec des variétés précoces, cultiver sous tunnel, couvrir avec un non-tissé ou une feuille de plastique noir – sont implantées dans la pratique et permettent de récolter dès mi-avril / début mai. Retarder la production est nettement plus difficile. Variétés tardives, paillages plastiques blancs ou paillages avec de la paille peuvent retarder la récolte jusqu'à fin juin mais ne suffisent pas pour avoir de grandes quantités de fraises bio suisses à disposition jusqu'à la fin du mois de juillet.

Approches éprouvées et nouvelles méthodes

Un projet du FiBL, financé par le Fonds Coop pour le développement durable, montre comment il est possible de prolonger la période de récolte des fraises biologiques suisses. L'équipe de recherche a tout d'abord testé des méthodes qui reposent sur une prolongation artificielle de la dormance hivernale. Des plants de fraisiers non remontants ont été stockés congelés et plantés seulement au printemps pour retarder la floraison et la récolte. Alors que cette méthode a fait ses preuves en culture conventionnelle, elle s'est révélée peu adéquate dans le système agricole biologique: Après la plantation tardive, les plantes n'ont pas réussi à former assez de masse foliaire, et les rendements sont restés trop faibles pour que la plantation soit rentable.

Des variétés de fraises remontantes ont été plus prometteuses. Contrairement aux fraises d'été classiques (non remontantes), elles forment plusieurs fois par année des fleurs et des fruits. En collaboration avec un producteur du Valais, les plantes ont été mises en place au printemps et les premières fleurs enlevées à la main pour différer la première récolte. L'effet a été de concentrer la formation des fruits sur juillet et les mois suivants. Les essais montrent que ce système de production est le premier à permettre de produire des quantités commercialement significatives de fraises biologiques suisses après la saison principale traditionnelle.

Importance pour la production et le marché

La prolongation de la saison permet de mieux répartir la charge de travail sur toute la saison. Pour le commerce et les consommateurs·trices, cela représente une plus longue disponibilité des fraises bio suisses et donc une plus faible dépendance à l'égard des importations estivales.

Ce projet montre que, dans la pratique, une réussite de la prolongation de la saison ne dépend pas que du choix des variétés ou du type de variétés. En fait, c'est la combinaison d'un système de production adéquat, du choix de l'emplacement, de la conduite de la culture et de l'élimination cohérente des premières fleurs qui est décisive. Les résultats actuels fournissent pour cela une bonne base et montrent que, quand la recherche et la pratique collaborent étroitement, l'agriculture bio permet elle aussi d'ouvrir de nouvelles fenêtres de production.

Jeremias Lütold, FiBL

Cet article est publié dans le magazine Bioactualités 6|26.

Pour en savoir plus

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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