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Élevage au pâturage en Hongrie: des capteurs plutôt que l’intuition

Nouvelle  | 

Fin avril, le FiBL a accueilli la conférence internationale de l'IAHA, au cours de laquelle des experts du monde entier ont présenté leurs travaux récents sur l'élevage biologique. Une contribution venue de Hongrie a notamment montré que les technologies numériques fournissent des données précieuses pour la gestion des pâturages. Elles ne remplacent toutefois ni l'expérience ni l'observation.

 

Les technologies numériques fournissent des données en temps réel sur la santé des animaux. Photo: Petra Balogh

Le concept «One Welfare» souligne l'étroite relation entre le bien-être des animaux, celui des humains et l'environnement. Les technologies numériques peuvent soutenir concrètement cette vision holistique dans l'élevage bovin au pâturage, et en particulier dans le contexte de l'aggravation des défis climatiques.

Données sur les animaux et l'environnement

L'étude de Petra Balogh et de ses collègues de l'institut de recherche hongrois ÖMKi a utilisé principalement des capteurs fixés sur le cou qui livrent des informations sur le temps de rumination, le comportement alimentaire et l'activité des animaux. Ces données renseignent sur l'état de santé des bêtes et aussi, indirectement, sur la disponibilité des fourrages des pâturages. Elles ont été complétées par des données sur l'environnement et la végétation. Le relevé continu des données permet d'identifier rapidement les changements et de réagir vite.

En savoir plus pour décider mieux

Les données comportementales permettent une identification précoce des maladies, des blessures ou des troubles du métabolisme – souvent avant que des symptômes visibles apparaissent. Les signaux d'alerte émis en cas de changements du comportement permettent de prendre à temps des mesures adéquates et donc d'améliorer les chances de guérison.

Selon Balogg, les données sur la rumination fournissent des renseignements sur la disponibilité des fourrages et aident à planifier de manière optimale les changements de pâturages. Cela permet de ménager les couches herbeuses, de favoriser la biodiversité et de soutenir la régénération des surfaces.

Le recensement automatisé de la collecte des données diminue le temps de travail et facilite la prise de décision. Cela peut réduire le stress des chef·fes d'exploitation et améliorer la sécurité du travail.

Les défis qui se posent dans la pratique

Malgré les avantages, il y a selon les chercheurs·euses de l'ÖMKi encore des obstacles techniques et organisationnels qui comprennent:

  • la fiabilité limitée des capteurs
  • la transmission incomplète des données dans les régions isolées
  • les défis dans la mise en valeur des données
  • les potentielles perturbations du confort des animaux par les capteurs
  • les questions sur l'accessibilité et la sécurité des données

Des outils numériques pour une production animale holistique

Des technologies numériques peuvent selon Balogh grandement soutenir le principe «One Welfare» dans l'élevage au pâturage. Elles améliorent la santé des animaux, allègent le travail sur le domaine et contribuent à la protection des écosystèmes herbagers. Pour que ces approches soient largement utilisées, il faut toutefois une technique plus fiable, des solutions proches de la pratique et un meilleur savoir-faire pour l'utilisation des données. S'ils sont correctement utilisés, les outils numériques représentent un élément précieux pour une production animale durable en harmonie avec l'animal, l'homme et l'environnement.

Pourquoi l'intuition conserve malgré tout son importance

Pour l'experte du FiBL en production animale Barbara Früh, les résultats de l'ÖMKi se font l'écho des discussions centrales de la Conférence de l'IAHA: «Notre compréhension du bien-être animal associe la santé animale, l'environnement et le bien-être des humains.» Les technologies numériques peuvent soutenir cette approche en permettant des évaluations précoces et en renforçant l'action préventive.

Et en même terme temps le séminaire a nettement montré que la technique seule ne suffit pas. «Pour que la production animale biologique puisse être crédible, il faut une approche basée sur des valeurs fondamentales et qui repose sur l'empathie, l'expérience et les connaissances des éleveuses et des éleveurs», énonce Barbara Früh pour résumer la discussion tenue lors du séminaire. Les outils numériques peuvent compléter ces connaissances mais pas les remplacer.

La production animale dans le monde entier: Aperçus de la Conférence de l'IAHA
Lors de la Conférence de l'IFOAM Animal Husbandry Alliance (IAHA), des spécialistes du monde entier ont présenté leurs travaux actuels sur la production animale biologique. C'est avec cette série que bioactualites.ch fournit un aperçu sur un choix d'exposés donnés lors de la Conférence – en regardant volontairement plus loin que la Suisse et en prenant des exemples d'Europe, d'Afrique ou d'Asie.

Corinne Obrist, FiBL

Pour en savoir plus

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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