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«Toujours insuffisant»: premières réactions à la PA30+

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La semaine dernière, le Conseil fédéral a lancé la consultation sur la politique agricole 2030+ (PA30+). Comme on pouvait s’y attendre, les premières réactions font état d’un certain mécontentement. Bio Suisse qualifie le projet de «toujours insuffisant» dans les domaines du climat, de l’économie de montagne et de l’alpage, ainsi que des mesures en faveur de la consommation. L'Association des petits paysans évoque quant à elle une «stratégie du croître ou disparaître».

Le Palais fédéral à Berne: c'est là que la politique agricole 2030+ continuera de faire l'objet de nombreux débats. Photo: © ParlCH

Jamais encore une politique agricole n'avait été principalement saluée lors de la consultation. En cela, la PA30+ ne diffère pas de ses nombreuses prédécesseures. Les premières réactions de Bio Suisse, du WWF et des petits agriculteurs sont unanimement critiques à l'égard de la PA30+.

«Toujours insuffisante»

Bio Suisse se voit confortée dans ses hypothèses antérieures: «Fondamentalement, l'évaluation de Bio Suisse que nous avons publiée l'année dernière reste d'actualité (voir le lien vers l'article ci-dessous). Dans les domaines du climat, de l'économie de montagne et de l'économie alpestre, ainsi que des incitations à la consommation, le projet de l'OFAG reste insuffisant», écrit Laura Spring, responsable des affaires politiques au sein de l'organisation faîtière du secteur bio, en réponse à notre demande. «Nous allons d'ailleurs encore étoffer notre prise de position sur l'adaptation au changement climatique, car cet été a montré que les répercussions sont considérables et que nous n'y sommes pas suffisamment préparés», précise la co-responsable du secteur agriculture.

Dans le contexte climatique, Bio Suisse juge positive la promotion de variétés robustes dans la commercialisation via les accords d'objectifs conclus avec le commerce de détail. Cela pourrait également contribuer à faire face aux effets du changement climatique.

«Le performance par jour de vie est en contradiction avec l'efficacité des ressources»

Bio Suisse n'est pas favorable à une nouvelle réglementation prévue dans le domaine de l'élevage laitier: «En introduisant le performance par jour de vie comme indicateur, l'OFAG souhaite contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cette approche est contre-productive et Bio Suisse la rejette», peut-on lire dans la première prise de position.

Bio Suisse justifie ce rejet comme suit: «Une promotion ciblée de la production journalière par vache est en contradiction avec d'autres objectifs centraux de la politique agricole, tels que la promotion d'une production laitière adaptée au terroir et l'efficacité des ressources (concurrence alimentaire).»

Bio Suisse rejette les mesures d'économie

Les mesures d'économie annoncées sont par ailleurs incompréhensibles, car elles affaiblissent encore davantage une agriculture déjà confrontée à des défis majeurs. Bio Suisse s'engagera contre ces mesures d'économie. Selon Laura Spring, Bio Suisse impliquera l'ensemble de la fédération dans la consultation et invitera les organisations membres à y participer. Une fois ce processus achevé, l'association communiquera également publiquement à ce sujet.

WWF: l'adaptation au contexte local n'a pas été mise en œuvre

Eva Goldmann, du WWF, ne voit pas non plus de raison de se réjouir: «La PA30+ ne répond pas aux attentes quant à la mise en place des conditions nécessaires à une agriculture suisse adaptée au contexte local», écrit-elle en réponse à notre demande – et ce, bien qu'une telle adaptation ait été inscrite dans la vision d'avenir après le rejet de la PA22+.

Le rapport intermédiaire montre qu'il existe de grandes lacunes entre les objectifs, poursuit-elle. Dans le domaine de l'environnement, c'est notamment le cas en matière de climat (objectifs de réduction des gaz à effet de serre insuffisants), de biodiversité (non-respect des critères de qualité, de superficie et de mise en réseau nécessaires à une biodiversité saine dans l'agriculture) ainsi que d'azote (excédents toujours importants). Le projet de nouvelle PA ne répond pas à ces défis, écrit la responsable des questions agricoles du WWF.

Un avenir incertain pour les surfaces de promotion de la biodiversité

Eva Goldmann critique par ailleurs l'avenir incertain des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) dans le cadre des paiements axés sur les résultats. En principe, les paiements axés sur les résultats sont à saluer. Mais si des règles centrales relatives à l'exploitation des SPB sont supprimées sans la mise en place d'un service de conseil permettant aux exploitations d'instaurer une gestion qui préserve ou améliore les espèces et la qualité, cela constitue un risque pour la biodiversité, selon la responsable agriculture du WWF.

Les petits paysans voient une «stratégie du croître ou disparaître»

Dans un communiqué de presse, l'Association des petits paysans critique de son côté la «stratégie du croître ou disparaître» du Conseil fédéral. Il prévoit en effet, dans la PA30+, des mesures visant à ce que les grandes exploitations agricoles deviennent encore plus grandes, tandis que les petites exploitations sont délibérément sacrifiées au profit de cette expansion des surfaces, en relevant la valeur minimale pour bénéficier des paiements directs dans les zones de plaine et de collines de 0,2 à 0,5 unité de travail standard (UTS). Le Conseil fédéral souhaite également relever le seuil minimal pour bénéficier des aides aux améliorations structurelles dans la zone de plaine, le faisant passer de 1,0 à 1,5 UTA.

«Selon l'Office fédéral de l'agriculture (état 2025), cela veut dire que 2116 exploitations agricoles ne recevraient plus de paiements directs à l'avenir», écrit l'Association des petits paysans. Et d'ajouter: «De même, 2906 exploitations, qui peuvent aujourd'hui solliciter un soutien financier pour les mesures d'amélioration structurelle, en seraient exclues.» Avec ces mesures, le Conseil fédéral favoriserait activement la disparition des exploitations et accepterait la perte de la diversité et, par là même, de la sécurité d'approvisionnement de la Suisse.

Il est en revanche réjouissant que le Conseil fédéral prévoie une modulation dégressive des paiements directs. Selon le communiqué, cela serait également dû à une motion de Kilian Baumann, conseiller national et président de l'Association des petits agriculteurs.

Adrian Krebs, FiBL

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Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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