La durée d'utilisation des vaches laitières influence notamment la rentabilité, la consommation de ressources, le climat et le bien-être animal. En collaboration avec Agridea, la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL) et d'autres partenaires, le FiBL a étudié les effets d'un allongement de la durée d'utilisation dans le cadre d'un projet de recherche de cinq ans.
Moins de jeunes nécessaires
Sept exploitations modèles représentatives des exploitations laitières suisses ont été étudiées. Différentes races, régions de production et exploitations bio et PER (prestations écologiques requises) ont été prises en compte. Pour chaque exploitation modèle, les scientifiques ont élaboré des scénarios avec une durée d'utilisation courte, moyenne et longue des vaches.
Les résultats sont sans équivoque: plus les vaches restent longtemps dans le troupeau, moins il est nécessaire d'élever des génisses de remonte. Cela a un impact particulièrement positif sur le bilan carbone: les émissions de gaz à effet de serre par tonne de lait ont diminué dans toutes les exploitations étudiées.
Même les systèmes de production plus extensifs, avec un rendement laitier par vache légèrement inférieur, ont obtenu de bons résultats. Leurs émissions se situaient globalement à un niveau similaire à celui des exploitations pratiquant une production plus intensive.
Les surfaces libres ouvrent des perspectives
Prises individuellement, les vaches laitières ont une durée d'utilisation moyenne qui permet en général d'atteindre les marges brutes les plus élevées. À l'échelle de l'exploitation, toutefois, la situation est différente. Lorsqu'il y a moins de jeunes animaux à élever, les besoins en surface diminuent. Selon la race et la région, les besoins en surface nécessaire à l'élevage des génisses de remonte baissent de 8 à 24 pour cent de la superficie de l'exploitation.
Ces surfaces peuvent être utilisées à d'autres fins: par exemple, pour agrandir le cheptel laitier productif ou pour créer des surfaces favorisant la biodiversité et fournir d'autres prestations écologiques rémunérées par des paiements directs. En fin de compte, les exploitations dotées de troupeaux ayant une grande longévité se sont révélées plus avantageuses sur le plan économique.
Éviter les pertes prématurées
L'essentiel n'est pas que certaines vaches atteignent un âge particulièrement avancé, mais plutôt qu'un nombre maximal d'animaux du troupeau demeurent en bonne santé au-delà de la deuxième lactation.
Pour cela, une sélection axée sur la santé à long terme et une bonne gestion du troupeau sont nécessaires. Les vaches particulièrement fécondes qui ont des mamelles saines ne doivent pas être réformées uniquement en raison d'un rendement laitier plutôt moyen lors des deux premières lactations.
Le rendement augmente souvent avec l'âge
Les résultats de l'étude confirment l'expérience de nombreux·euses producteurs·trices laitiers·ères: lors des enquêtes, une durée d'utilisation moyenne d'environ six lactations a été citée comme optimale.
Par ailleurs, des études antérieures menées dans le cadre du projet ont montré que les vaches longévives ne sont souvent pas les plus performantes lorsqu'elles sont jeunes. Leur rendement laitier augmente en général jusqu'à la cinquième lactation environ. En maintenant les vaches plus longtemps dans le troupeau, il est donc possible de mieux tirer parti de ce potentiel de rendement naturel.
Pour en savoir plus
À propos de l'étude (sciencedirect.com, en anglais)
Comment allonger la durée de vie productive ? (rubrique Élevages)
Projet «Erhöhung der Nutzungsdauer schweizerischer Milchkühe» (fibl.org, en allemand)
