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Du fumier à l’engrais

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Qu’il soit issu d’une stabulation ou d’une beuse fraîche au pâturage, le fumier est une ressource précieuse qui mérite plus d’attention. Sans engrais organiques rien ne fonctionne en agriculture bio. Le fumier peut particulièrement contribuer au maintien à long terme de la fertilité du sol. Mais il y a fumier et fumier.

Un fumier riche en fibres est la base pour le processus de décomposition microbienne. Photo: FiBL, Simona Moosmann

Si le fumier reste en tas sans aucun soin sur la fumière et est épandu tel quel, il est pour le sol et les plantes une nourriture difficile à digérer. Il faut le travail des microorganismes qui, au cours d'un processus dirigé de décomposition,
l'ouvrent – pour ainsi dire – et le prédigèrent.

On entend souvent dire que le compostage du fumier est un gros travail qui nécessite des machines spéciales et beaucoup d'expérience, ce qui en décourage beaucoup. Mais c'est aussi possible avec peu de travail. «Je trouve que la différence de qualité que j'obtiens avec peu de travail est frappante», dit l'agriculteur Bourgeon David Himmelsbach en résumant ses expériences dans la préparation du fumier décomposé, qui est considéré comme une alternative praticable au compost de fumier.

Décompacter et couvrir

David et Rita Himmelsbach gèrent la ferme Luxenhof à Bärschwil SO. Le fumier vient de leurs vaches laitières, boeufs d'engraissement et génisses d'élevage, en tout 20 à 25 unités de gros bétail. «Notre stabulation produit beaucoup de fumier riche en paille et peu de lisier», raconte David Himmelsbach. Pendant le semestre d'hiver, le fumier est rassemblé sur la fumière puis repris portion après portion pour la décomposition, la première fois en novembre. «Ensuite, je forme à la pelleteuse le fumier stocké en meule simple au bord d'un champ et je la couvre», explique David Himmelsbach, qui complète: «Elle sera remuée encore une à deux fois.»

Le remuage apporte dans la meule l'oxygène sans lequel les microorganismes ne pourraient pas travailler. Dans les installations professionnelles ou le compostage en bord de champ à grande échelle, on utilise pour ce faire une retourneuse de compost. David Himmelsbach n'en a pas besoin: «La pince à fumier de la pelleteuse suffit complètement.» À part le décompactage, la couverture avec une bâche à compost est la seule mesure d'entretien. La bâche protège le fumier du dessèchement comme du détrempage, car tous deux perturberaient le processus de décomposition.

David Himmelsbach fait les premiers épandages de fumier décomposé en mars sur les herbages. Les surfaces assolées reçoivent leur part après la moisson, et les pâturages en fin d'été. «Cette année nous en avons pour la première fois épandu sur la prairie temporaire après la première coupe. Malgré la sécheresse, les organismes du sol l'ont incorporé en l'espace de six semaines.» Il n'en faut pas beaucoup, juste une fine couche – le fumier décomposé est plus homogène, moins volumineux et plus facile à épandre que le fumier en tas.

Les stabulations modernes ne produisent souvent que peu de fumier car les fèces et l'urine sont enlevées en même temps et stockées comme lisier complet. Récupérer les fèces avant qu'elles tombent dans la fosse à lisier est techniquement peu faisable. Un stockage séparé des fèces et de l'urine n'empêche pas seulement les émissions d'ammoniac, il est aussi un bon investissement pour la vie du sol si on accorde quelques soins au fumier.

Verena Bühl, FiBL

Cet article a été publié dans le magazine Bioactualités 6|26.

Pour en savoir plus

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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