Quand il s'agit des fermes Bourgeon à l'étranger, les hautes exigences pour l'agriculture ne suffisent pas. «Nous nous engageons fortement sur le plan social», dit Noah Ramos, chef de projet Responsabilité sociale de Bio Suisse. Des contrôles des conditions de travail qui règnent à l'étranger sont introduits progressivement: D'abord en Espagne, puis en Italie, en France, en Grèce et en Turquie. Des exigences sociales sont certes en vigueur depuis 2012 pour les fermes Bourgeon de l'étranger, mais le mécanisme de contrôle était trop peu incisif jusqu'au lancement des audits sociaux de Bio Suisse. Tous les producteurs·trices certifiés en Europe auront un audit social à partir de 2027, et dès 2028 ce sera dans le monde entier.
Les audits sociaux de Bio Suisse ont été développés en collaboration avec la fédération bio allemande Naturland et sont fortement inspirés par celle-ci. Les deux fédérations utilisent leurs synergies et partagent savoir-faire, réseaux et savoirs locaux. Un des avantages pour les quelque 400 fermes de l'étranger qui ont les deux certifications est que Bio Suisse reconnaît la certification Naturland. «Cela permet d'éviter une répétition de l'audit social et de diminuer les coûts pour les producteurs·trices», explique Noah Ramos.
Formations, contrôles et réussites
On compte que, depuis le début du projet, plus de 270 contrôleur·euses des organismes de contrôles internationaux ont été formés par Bio Suisse et des spécialistes de l'organisme de certification internationale ICB AG en mettant toujours l'accent sur l'interactivité et la proximité avec la pratique. Les formations comprennent des techniques d'entretien, des jeux de rôles, des travaux de groupes et une introduction dans le droit du travail – souvent avec l'accompagnement de syndicats locaux. L'important est qu'après les trois jours de formation les contrôleurs·euses comprennent l'audit social de Bio Suisse et puissent l'appliquer aussi dans des contextes compliqués.
En 2025, 320 audits sociaux ont été effectués en Espagne et en Italie par des contrôleurs·euses récemment formés. Des divergences ont été constatées dans un tiers des fermes. Elles sont le plus souvent peu importantes – par exemple quand des équipements comme des gants et des bottes sont payés par les travailleurs·euses eux-mêmes. Des infractions importantes au salaire minimal ont toutefois été constatées chez trois pour cent des producteurs·trices. Noah Ramos se montre optimiste à ce sujet: «Les chiffres montrent que les contrôles fonctionnent et que les contrôleurs·euses font leur job correctement.» Le chef de projet de Bio Suisse trouve qu'il est décisif que les producteurs·trices soient prêts à prendre rapidement des mesures d'amélioration. Par exemple, les concerné·es ont augmenté les salaires et investi dans la sécurité du travail.
Défis et perspectives
Le nouveau système d'audits sociaux sera employé depuis cette année dans 65 pour cent des entreprises Bourgeon de l'étranger. Il y a encore des points à améliorer pour que les contrôles des conditions de travail fonctionnent à long terme. «Par exemple, la rémunération des contrôleurs·euses varie beaucoup», dit Noah Ramos. La décision sur le salaire des contrôleurs·euses incombe aux organismes de contrôle étrangers, mais Bio Suisse s'efforce d'optimiser les conditions-cadres de manière que des contrôles de haute qualité puissent être garantis.
Noah Ramos trouve qu'élargir les audits sociaux à plus de 70 pays d'ici 2028 est un autre défi: «Être toujours sur place chez les organismes de contrôle et dans les fermes sera de plus en plus difficile.» C'est pourquoi Bio Suisse mise sur une plateforme digitale de formation pour pouvoir former des contrôleurs·euses dans des langues différentes. «Le contact personnel reste toutefois indispensable.» On ne veut pas développer au bureau des directives inapplicables dans la pratique. Jusqu'ici ça marche bien, et les expériences montrent que l'audit social de Bio Suisse est soutenu par les organismes de contrôle, les producteurs·trices et les travailleurs·euses.
Texte: Jeremias Lütold
Cet article a été publié dans le magazine Bioactualités n° 05/26 dans le cadre des articles de fond sur les contrôles bio.
Pour en savoir plus
Prendre acte de notre responsabilité sociale (Bio Suisse)
