Ce site web ne supporte plus Internet Explorer 11. Veuillez utiliser un navigateur plus récent tel que Firefox, Chrome pour un meilleur affichage et une meilleure utilisation.
FiBL
Bio Suisse
Logo
La plateforme des agriculteurs et agricultrices bio

«L’agriculture bio est basée sur des valeurs éthiques»

Nouvelle  | 

Lors de la conférence IAHA qui s’est déroulée en avril au FiBL, Otto Schmid a remis la présidence de cette alliance. Dans le cadre de l’édition 4|26, le magazine Bioactualités s'est entretenu avec lui au sujet de son travail pour l’IAHA et l’IFOAM – la fédération mondiale de l’agriculture bio – et de ses activités diversifiées au FiBL depuis 1977.

Otto Schmid dans son verger biologique. Photo: Stefan Hartmann

Florian Leiber remercie Otto Schmid lors de la conférence de l'IAHA en 2026. Photo: FiBL, Eva Föller

Otto Schmid au FiBL au début des années 1980. Photo: FiBL

Membres fondateurs et groupe de pilotage de l’IAHA lors de sa conférence de 2014 à Istamboul. Photo: IFOAM

Tu as été longtemps président de l'IAHA, l'alliance internationale de l'IFOAM pour la production animale. Quelles sont ses tâches?

Otto Schmid: L'IAHA est un réseau d'organisations et de personnes qui s'engagent dans le monde entier pour le renforcement de la production animale bio. Nous l'avons initiée en 2011 en Corée lors de l'assemblée générale de l'IFOAM. L'IAHA a ensuite été fondée en 2012, et elle a depuis lors organisé plusieurs conférences sur la production animale. Cette année, un de mes rêves s'est réalisé: Amener une fois la conférence de l'IAHA au FiBL.

Quelles étaient tes tâches à l'IAHA?

La tâche principale était d'organiser les conférences – avec peu de ressources mais un cercle de spécialistes engagés. Il s'agissait surtout de convaincre des collègues du FiBL et d'autres institutions de participer. Je me suis considéré comme un bâtisseur de ponts. Je suis reconnaissant que cela ait toujours réussi.

La conférence s'est déroulée fin avril au FiBL avec 180 participants internationaux. Avec quel objectif?

La production animale bio vise à réunir la durabilité et l'éthique dans l'utilisation des animaux de ferme. Nous voulions montrer avec cette conférence que la production animale bio peut être un modèle pour l'avenir de la production animale. Plus de 50 études et 50 posters avaient été amenés pour la conférence. Ils ont permis de discuter des questions et défis centraux de la production animale bio et de réfléchir à des solutions. J'aimerais ici remercier les collègues engagé·es du FiBL qui ont magnifiquement organisé la conférence!

Tu as été très actif à l'IFOAM en plus de l'IAHA, entre autres comme délégué suisse au comité de l'IFOAM Organics Europe. Quelles tâches étaient liées à ce poste?

De 2003 à 2013 j'ai été représentant suisse dans le Groupe IFOAM-UE qui s'appelle aujourd'hui IFOAM Organics Europe. Il a été créé en 2002 dans le but d'ouvrir à Bruxelles un bureau qui représente les intérêts du secteur biologique privé dans l'UE. Ce n'est qu'avec le temps que j'ai pris conscience de toute l'importance de ce groupe pour le développement de l'agriculture bio en Europe et pour la Suisse. À cette époque j'ai repris la coordination du sous-groupe pour la recherche. Cette fonction m'a permis d'introduire et faire avancer des thèmes de l'agriculture bio dans le département Recherche de l'UE et d'apprendre ce que ça signifie de faire du lobbying à Bruxelles. Le travail de lobbying pour la recherche bio a ensuite été repris à partir de 2008 par la «Technologie-Platt­form Organics» qui avait été initiée par l'ancien directeur du FiBL Urs Niggli et pour laquelle je me suis aussi investi. IFOAM Organics Europe a une fonction particulière comme porte-parole du secteur privé dans la révision et le développement de l'ordonnance bio de l'UE. Cette voie a toujours permis au FiBL de bien intégrer ses connaissances spécialisées. C'est toujours et encore le FiBL qui assure la représentation de la Suisse auprès de l'IFOAM Organics Europe. Je l'ai transmise en 2013 à Barbara Früh, qui à son tour l'a confiée cette année à Rennie Eppenstein.

Peu après ton démarrage au FiBL tu as beaucoup participé au développement des directives bio en Suisse comme à l'étranger. Comment cela s'est-il passé?

L'idée d'une définition de l'agriculture bio commune dans le monde entier est née en 1976 lors de l'assemblée générale de l'IFOAM à Seengen en Suisse. Il s'agissait de trouver le dénominateur commun. Nous ne devions heureusement pas commencer à partir de zéro, il y avait déjà quelques bons cahiers des charges. Le processus s'est déroulé parallèlement en Suisse sous la houlette FiBL et internationalement sous celle de l'IFOAM. Un des grands succès du travail commun a été que nous avons pu éditer en 1980 des directives bio nationales et internationales (n.d.l.r.: infos supplémentaires dans le podcast, voir encadré).

Comment cela s'est-il fait que tu as telle­ment travaillé au niveau international, aussi dans des projets de recherche de l'UE, alors que tu avais commencé au FiBL comme vulgarisateur bio pour la Suisse?

J'ai remarqué pendant ma période comme vulgarisateur bio que certains problèmes des fermes étaient de nature socioéconomique, et j'ai initié en 1989 au FiBL la recherche socioéconomique. Je suis alors passé de vulgarisateur paysan à vulgarisateur politique. Les différents projets de l'UE auxquels j'ai participé en étant au FiBL étaient fantastiques pour élargir l'horizon. Ce qui m'a stimulé à l'IFOAM est que nous étions comme une grande famille internationale. Et que je pouvais faire bouger des choses, par exemple pour le développement du cahier des charges.

Tu as quelquefois été presque plus à Bruxelles qu'à la maison dans ta ferme – comment as-tu pu concilier tout ça?

Je n'aurais pas pu faire ce travail sans ma femme Heidi, à laquelle je dois un très grand merci. Elle a tenu la position alors qu'elle avait aussi un métier. Sur notre petit domaine bio nous avons dû arrêter l'élevage des moutons car c'était devenu trop. Aujourd'hui je dis en forme d'auto­critique que je ne me suis pas occupé assez de la famille à cause de mes fréquentes absences.

Que souhaites-tu pour l'avenir du mouvement bio?

Je souhaite que l'agriculture bio conserve sa crédibilité et continue à vivre les quatre principes de base de l'IFOAM – santé, écologie, équité et précaution. L'agriculture bio est basée sur des valeurs éthiques qui doivent se refléter dans les directives. Il est aussi important que le développement des directives intègre tous les acteurs et actrices importants. L'agriculture bio, et spécialement le FiBL et Bio Suisse, devrait faire preuve de plus de courage pour s'emparer des thèmes actuels et les mettre en œuvre. Au lieu de l'actuel corset des directives, il faut investir créativement dans la poursuite du développement de l'agriculture bio. Les directives restent importantes, mais il faut éviter de surréglementer l'agriculture bio. Et il faut aussi des marges de manœuvre pour l'autoresponsabilité et l'autocontrôle, par exemple pour l'encouragement de la biodiversité et le bien-être animal.

Tu as aussi enseigné pendant des années en Suisse. Où et avec quels thèmes?

J'ai enseigné à l'EPF Zurich d'abord l'agriculture biologique et plus tard aussi l'agro-marketing, ce qui m'a procuré beaucoup de joie. Mon but était de transmettre avec des collègues du FiBL les particularités, le caractère de système agricole et la base éthique de l'agriculture bio. Il n'y a malheureusement plus de cours d'agriculture bio à l'EPFZ depuis trois ans, ce que je trouve très dommage pour les étudiants.

Revenons encore une fois au début. Tu as commencé au FiBL comme premier vulgarisateur bio de Suisse. Qu'est-ce que ça impliquait alors, qu'est-ce que tu as tout fait? 

En avril 1977 j'ai pu – avec un soutien de trois ans du WWF Suisse – commencer au FiBL et développer le service de vulgarisation. C'était une tâche passionnante et exigeante. Il y avait peu de recherche bio et presque pas de documents pour la vulgarisation. Ce sont les gens des fermes bio qui ont été mes maîtres et maîtresses d'apprentissage. Mes tâches comprenaient des conseils individuels et en groupes, des exposés dans des écoles d'agriculture, des cours d'agriculture bio, la rédaction des premières fiches techniques et le lancement d'essais pratiques. Au début le développement du service de conseils du FiBL a été possible grâce à de l'argent des cantons, d'abord Zurich et Berne, et de sociétés comme la Migros et Ricola. En plus du travail au FiBL j'ai rédigé avec Silvia Henggeler, une horticultrice bio expérimentée, le livre «Biologischer Pflanzenschutz im Garten» qui a paru pour la première fois en 1979 puis est devenu un bestseller avec plus de 135 000 exemplaires vendus.

Aujourd'hui tu fais de nouveau du conseil en Suisse. Dans quels domaines? 

Je me réjouis que mon expérience me permette encore de donner des impulsions. Je donnerais comme exemples la participation à l'organisation de la conférence de l'IAHA, le conseil à un canton pour l'évaluation de son plan d'action bio et des évaluations de sols pour des projets locaux de jardins communautaires.

Qu'est-ce qui te motive à rester actif pour le FiBL? Et sur quels thèmes y travailles-tu actuellement?

En tant que plus ancien collaborateur en service, je trouve que les priorités actuelles du FiBL sont très passionnantes. J'aimerais encore montrer aux plus jeunes collaborateurs avec quelques rétrospectives que beaucoup de ce qui est actuellement considéré comme allant de soi dans l'agriculture bio a été conquis avec beaucoup d'efforts. Et pour conclure j'aimerais souligner que je suis très reconnaissant d'avoir pu accomplir tellement d'activités intéressantes!

Interview: Theresa Rebholz, Bioacutualités

Cet article sera publié dans le magazine Bioactualités 4|2026.

Pour en savoir plus

Podcast «47 Jahre am FiBL – Otto Schmid erzählt» (fibl.org, en allemand)
IAHA (iaha2026.org)

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

Souhaitez-vous ajouter le site web à l'écran d'accueil ?
Souhaitez-vous ajouter le site web à l'écran d'accueil ?