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Maraîchage bio: Un marché stable mais de nouveaux défis

Nouvelle  | 

Réunie à Frick pour sa journée annuelle, la branche maraîchère biologique suisse a dressé un état des lieux du secteur. Si le marché reste globalement stable, les défis économiques, climatiques et réglementaires se multiplient.

Salades et pommes de terre représentaient en 2025 toujours la part la plus importante du chiffre d’affaires des légumes biologiques. Photo Bio Suisse, Flavia Müller

Le marché des légumes bio évolue de manière globalement stable, avec une forte concentration sur les produits dits «leaders». Photo FiBL, Corinne Obrist.

La culture maraîchère biologique poursuit sa progression en Suisse. En 2024, les surfaces consacrées aux légumes bio atteignaient 3 730 hectares, soit 22% de l'ensemble des surfaces maraîchères. Les légumes biologiques — y compris les pommes de terre et les salades — représentent toujours la part la plus importante du chiffre d'affaires de ce segment. Leur rôle stratégique pour le commerce de détail suisse demeure confirmé.

Le marché évolue de manière globalement stable, avec une forte concentration sur les produits dits « leaders », tels que les carottes, tomates, salades ou pommes de terre. Toutefois, les négociations tarifaires avec les grands distributeurs restent tendues : la pression sur les prix s'est accentuée, notamment à la suite de récoltes abondantes. La politique de prix bas pratiquée par certains acteurs du commerce de détail exerce également un effet négatif sur les prix des produits biologiques.

Bio Suisse s'engage pour des prix équitables

Un signal positif est néanmoins apparu en 2025: les producteurs bio, avec le soutien de l'association Faire Märkte Schweiz, ont réussi à empêcher l'introduction d'un système de remboursement qui aurait généré des charges supplémentaires pour les exploitations. Par ailleurs, Bio Suisse a défini une stratégie produit spécifique aux légumes et pommes de terre biologiques. L'organisation entend défendre des prix couvrant les coûts de production et permettant les investissements nécessaires. Elle vise également à renforcer l'implication d'instituts de recherche suisses dans les problématiques propres à l'agriculture biologique.

En 2024, la part de marché des légumes et pommes de terre bio atteignait 26,2 %. Bio Suisse ambitionne de porter ce chiffre à 28 % d'ici 2027, notamment grâce à une meilleure transparence dans le segment des produits prêts à consommer ou prêts à cuisiner, afin d'exploiter davantage le potentiel du marché.

2026 : beaucoup d'incertitude

Les incertitudes demeurent pour 2026. Les effets liés à l'adaptation des restrictions d'importation et à l'assouplissement des règles de chauffage des serres restent difficiles à évaluer. Les exploitations dont au moins 80 % de l'énergie de chauffage provient de sources renouvelables pourront avancer de trois mois la période autorisée de production hivernale, du 1er novembre au 31 janvier, et ainsi commercialiser leurs légumes plus tôt.

Le secteur devra néanmoins continuer à défendre des conditions commerciales équitables. Les fluctuations de volumes sont appelées à s'intensifier, notamment sous l'effet du changement climatique. Les phénomènes météorologiques extrêmes — fortes pluies, grêle, périodes de sécheresse et hausse des températures — pèsent déjà lourdement sur les rendements, en particulier au Tessin, où l'on observe une diminution des jours de gel, une pression accrue des ravageurs au printemps et des pénuries d'eau en été.

Tourbe, phytos, et cadre réglementaire

La réduction de l'utilisation de la tourbe constitue un autre défi majeur. L'objectif fixé est de limiter son usage à 40 % d'ici 2028, sans compromettre la qualité des jeunes plants, base essentielle de la production biologique. En parallèle, le secteur s'est engagé à chauffer les serres à 80 % sans énergie fossile d'ici 2030 et à 100 % d'ici 2040. La faisabilité économique des derniers pourcentages fait toutefois débat, les investissements nécessaires étant particulièrement élevés.

Le cadre réglementaire évolue également de manière significative. L'autorisation des produits phytosanitaires en Suisse est désormais alignée sur les directives européennes. Les produits autorisés dans un pays voisin peuvent bénéficier d'une procédure simplifiée chez nous également, ce qui suscite des interrogations environnementales. En contrepartie, les exigences de contrôle sont renforcées.

À partir de 2027, tous les utilisateurs professionnels devront ainsi disposer d'une autorisation numérique, renouvelable tous les cinq ans moyennant une formation continue. Les obligations déclaratives s'élargissent : outre les livraisons, les stocks de produits phytosanitaires devront également être enregistrés.

Certaines évolutions ouvrent néanmoins de nouvelles possibilités en matière de protection phytosanitaire douce. Les substances de base et les macro-organismes ne sont plus considérés comme des produits phytosanitaires au sens strict. Parmi les nouveautés autorisées figurent l'extrait de pépins de raisin contre le mildiou des salades et des pommes de terre, l'huile d'orange contre l'oïdium et la mouche blanche, ainsi que l'extrait de lupin contre l'oïdium et le botrytis. Enfin, la révision des directives de Bio Suisse autorise désormais la solarisation et certaines technologies laser pour le contrôle des adventices.

Patricia Schwitter, FiBL

Article paru dans l'hebdomadaire professionnel Agri du 20.02.2026.

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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