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«Le vin suisse bio est synonyme de qualité»

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Le marché suisse du vin est sous pression. Les vigneron∙nes bio le ressentent eux aussi. Une enquête menée auprès de 930 consommateurs∙trices réguliers∙ères de vin en Suisse alémanique et en Suisse romande fournit des pistes pour améliorer la commercialisation. L'étude a été réalisée par MIS Trend pour le compte de Bio Suisse et sera présentée mi-juin dans le magazine Bioactualités 5|2026. Yann Comby, vigneron valaisan bio et membre du groupe spécialisé vin chez Bio Suisse (responsable du ressort marché et politique), réagit à l’étude.

Selon le sondage, les consommateurs et consommatrices suisses choisissent encore assez rarement du vin bio. Quels freins observez-vous sur le terrain?

Ma clientèle est avant tout sensible à la qualité du vin. L'aspect bio vient souvent dans un second temps, comme une valeur ajoutée. D'ailleurs, on constate que le bio est fréquemment associé à des vins de grande qualité: Beaucoup de vignerons et vigneronnes suisses primés travaillent aujourd'hui en bio. Il existe encore certains préjugés, notamment sur le goût, mais ils restent minoritaires. À mon avis, le principal frein reste surtout le prix, dans un contexte où le secteur du vin traverse déjà une période difficile.

Justement, comment vivez-vous cette crise du secteur viticole?

Le monde de la viticulture est sous pression de manière générale. Personnellement, je suis heureux d'avoir entrepris la reconversion du domaine en 2017, à une époque où il était encore possible d'investir sereinement. Aujourd'hui, tous les producteurs de vin suisse doivent se soutenir, quel que soit leur mode de production. On remarque d'ailleurs que les revendeurs distinguent moins le bio du non-bio qu'auparavant. Avant le Covid, tout le monde recherchait du bio. Désormais, la priorité est souvent donnée à la régionalité et à la défense de toute la filière viticole suisse.

Le choix limité de vins bio dans les supermarchés est souvent pointé du doigt. Où se situent les principaux défis: Production, distribution ou demande?

Le principal problème se situe surtout au niveau de la grande distribution. Des enseignes comme Coop achètent encore très peu de vins bio suisses, malgré les démarches des vignerons. Il existe bien un travail de mise en avant des vins suisses, mais rarement sous l'angle du bio. Par exemple, le club de vins Mondovino de Coop ne valorise pratiquement pas cette dimension.

Dans la restauration aussi, l'offre de vins bio suisses est jugée insuffisante, et les labels sont rarement mentionnés sur les cartes. Comment faire évoluer les choses?

Lorsque je travaille avec des restaurateurs, j'insiste toujours pour que le label bio figure sur la carte. Mais il existe encore une certaine réticence. Souvent, on estime déjà positif qu'un restaurant propose au moins un vin suisse. À mon sens, il faudrait davantage sensibiliser les sommeliers, car ce sont eux qui construisent l'offre des établissements.

Les recommandations personnelles restent le principal moyen de découvrir de nouveaux vins, devant les promotions ou les dégustations en magasin. Qu'est-ce que cela vous inspire?

Cela montre que les supermarchés devraient davantage mettre en avant les vins suisses bio. Mais le bio ne suffit pas à lui seul comme argument de vente: La qualité du produit reste essentielle dans le bouche-à-oreille. Le lien humain joue aussi un rôle important. Le contact direct avec le producteur, la convivialité lors de l'achat au domaine, contribuent beaucoup à fidéliser la clientèle.

Quelles conclusions tirez-vous personnellement de cette étude?

Les résultats reflètent assez bien la réalité du marché. Le bio attire particulièrement les jeunes consommateurs, qui recherchent des produits plus qualitatifs et plus responsables. Avec les arrachages de vignes qui ont déjà eu lieu et ceux qui pourraient encore suivre, le marché pourrait évoluer de manière importante dans les prochaines années. Il faudra voir comment la situation se transforme.

Quel soutien supplémentaire attendez-vous de Bio Suisse pour le secteur du vin biologique ?

Le label Bourgeon bénéficie déjà d'une forte notoriété et d'une vraie crédibilité. Les producteurs et productrices y adhèrent pleinement. Il serait peut-être intéressant de développer une campagne vidéo dédiée au vin Bio Suisse. Mais ce type de projet se heurte souvent aux restrictions liées à la protection des mineurs en matière de publicité pour l'alcool.

Emma Homère, Bioactualités

Lisez également l'article consacré à l'étude sur le vin dans le magazine Bioactualités 5|26 (sera publié le 19 juin).

Pour en savoir plus

Magazine Bioactualités (rubrique Magazine)
Informations sur le marché du vin bio (rubrique Marché)
Viticulture (rubrique Cultures)

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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