Dans une évaluation bibliographique effectuée dans le cadre d'un projet du FiBL, plusieurs essences d'arbres indigènes ont été identifiées comme ayant des propriétés de répulsion des insectes ou étant traditionnellement utilisées contre les insectes. Les essences d'arbres les plus prometteuses étaient:
- L'aulne noir (Alnus glutinosa)
- L'épicéa (Picea abies)
- Le noyer commun (Juglans regia)
- Le genévrier commun (Juniperus communis)
Des essais au champ avec des troupeaux de bovins signalent une tendance à avoir moins d'insectes en particulier sous les conifères. Les différences entre les essences d'arbres ne sont toutefois pas toujours nettes, donc les résultats ont plutôt une valeur indicative.
L'ombre est la meilleure protection
Des mesures montrent que l'influence du soleil et de la saison est décisive. Les endroits ensoleillés permettent à nettement plus d'insectes de se manifester que les emplacements ombragés. C'est la raison pour laquelle les espèces des arbres sont moins déterminantes que la présence de l'ombre en elle-même. Les animaux trouvent sous un dense couvert de feuilles ou d'aiguilles des conditions plus fraîches, moins de rayonnement solaire direct et souvent une moins forte pression des insectes.
Conserver les arbres existants
Même si certaines essences d'arbres sont particulièrement recommandées, il faudrait fondamentalement conserver tous les arbres qui sont déjà présents dans les pâturages, car même les essences sans effet répulsif connu contre les insectes remplissent des fonctions importantes pour le bien-être animal et le microclimat. Là où il n'y a pas d'arbres, des abris ou d'autres structures peuvent aussi fournir de l'ombre.
La prévention est décisive
Les arbres ne peuvent pas résoudre à eux seuls le problème des insectes piqueurs. Une gestion globale combine plusieurs approches:
Sur le pâturage:
- Rentrer les animaux pendant le crépuscule (pic d'activité des moucherons de la famille des cératopogonidés ainsi que des simulies)
- Éviter les endroits humides et riches en éléments nutritifs (p. ex. les sols fortement sollicités et les flaques vers les abreuvoirs)
- Mettre des abris à disposition
Dans la stabulation et autour de la ferme:
- Éliminer les lieux de reproduction des insectes piqueurs comme les cératopogonidés: En font partie les zones humides et riches en éléments nutritifs dans la stabulation et dans la ferme comme des flaques de jus de silo ou de lisier ainsi que les bordures et coins humides dans les litières profondes
- Augmenter la circulation de l'air avec une ventilation modérée de la stabulation
- Favoriser les auxiliaires comme les hirondelles ou les insectes prédateurs qui vivent dans les litières
Remplacer les insecticides par des stratégies basées sur la nature
L'utilisation d'insecticides ne fournit qu'une protection limitée et peut avoir des effets secondaires indésirables sur l'environnement et les auxiliaires. Des études montrent en outre que, dans les conditions de la pratique, de nombreux produits sont moins efficaces que ce à quoi on s'attend. Il est à long terme plus efficace de miser sur une approche basée sur la régulation naturelle. Cela signifie privilégier les pâturages riches en structures comme des arbres, des haies et des bordures, favoriser les ennemis naturels et utiliser le moins possible d'insecticides à large spectre qui nuisent aux ennemis naturels des insectes nuisibles.
Corinne Obrist, FiBL
Pour en savoir plus
Santé animale bovins (rubrique Élevages)
Fiche technique Mouches en bâtiments d'élevage (FiBL-Shop)
