Le projet ResiLav, mené par le FiBL France, a permis d'évaluer l’efficacité de la couverture de sol par paillage dans les lavanderaies (photo FiBL France).
Relevé des données collectées par le datalogger (Tensiomètre, température, dendromètre) apposé sur un plant de lavande dans une parcelle producteur en Drôme (photo FiBL France)
La production emblématique de lavande dans le Sud de la France fait face à un dépérissement croissant, provoqué par la cicadelle vectrice du Stolbur, la cécidomyie, ainsi que par l'intensification des épisodes de sécheresse et de pluies extrêmes. Ces pressions, renforcées par le réchauffement climatique et par l'extension progressive des zones concernées, fragilisent la survie des plants et menacent durablement l'avenir de la filière lavandicole.
Depuis 2023, le FiBL France, en partenariat avec le CRIEPPAM, l'Iteipmai et la Chambre d'agriculture de la Drôme, mène le projet RésiLav (financé par Union européenne et la Région Auvergne-Rhône-Alpes) pour explorer une approche agroécologique innovante : l'utilisation de paillages issus de coproduits de la distillation (paille de lavande, vert broyé) ainsi que du miscanthus.
Quel est le paillage optimal?
Ces biomasses lavandicoles, aujourd'hui peu ou pas valorisées, pourraient jouer un double rôle déterminant :
- modifier le microclimat du sol en maintenant une humidité favorable aux plants lors des périodes de sécheresse
- perturber le cycle des ravageurs dont une partie du développement larvaire se déroule dans le solamélioration de la qualité
Le projet visait à déterminer dans quelle mesure ces paillages influencent l'émergence des ravageurs et améliorent la survie et la résilience des plants. Pour cela, des mesures ont été réalisées sur deux années d'essais, incluant le suivi de l'émergence de la cicadelle et de la cécidomyie en fonction des types de paillage. Parallèlement, des marqueurs biologiques de stress — biochimiques et moléculaires — ont été analysés, en association avec des mesures de tensiométrie du sol et de croissance fine via dendromètres, afin de détecter précocement l'état hydrique et le niveau de stress des plants.
De multiples effets positifs
Les premiers résultats montrent plusieurs effets positifs :
- aucun impact négatif des paillages, notamment aucune apparition de champignons pathogènes,
- une amélioration de la qualité des sols, qui se traduit par une meilleure rétention hydrique et une protection accrue face aux variations climatiques extrêmes,
- une réduction significative de l'enherbement,
- une diminution de l'émergence de la cécidomyie,
- un maintien de l'humidité au collet des plants plus long au début de l'été.
L'ensemble des résultats est présenté dans cette vidéo publiée sur la chaîne YouTube du FiBL.
Grâce à cette approche intégrée, le FiBL France et ses partenaires espèrent apporter des solutions concrètes pour renforcer la résilience de la filière lavandicole.
Laurène Fito, FiBL France
