Produits renforçant la santé de la vigne : rapports d’essais du FiBL Cépages résistants pour une production écologique 

Protection contre les maladies fongiques de la vigne

On maîtrise mieux les possibilités d’utilisation des fongicides homologués pour le bio, et les fabricants améliorent leur formulation. De nouveaux produits naturels sont en test et pourraient bientôt arriver sur le marché. Autant Agroscope, le FiBL, les universités que les fabricants de produits y travaillent. Les principaux fongicides utilisables en bio sont le cuivre, le soufre, le Myco-Sin (argile sulfurée), l’Armicarb (bicarbonate de potassium).
L’Armicarb
La qualité de la formulation de ce produit permet à cet anti-oïdium de tenir au moins 8 jours sur la feuille. En effet, des mouillants (qui répartissent correctement le produit et le fixent sur la feuille) ainsi que des adjuvants (qui empêchent que la matière active forme de gros cristaux) sont contenus dans le produit. L’Armicarb s’utilise surtout en fin de saison de traitement, à la place du soufre, pour diminuer le risque de goût de bock dans les vins. L’Armicarb en application tardive a tendance à enlever la pruine des baies, sans pour autant gêner la fermentation des moûts. L’Armicarb n’a pas d’effets négatifs sur les auxiliaires ou l’environnement.
Le Fenicur
Les matières actives de Fenicur proviennent des huiles éthérées des graines de fenouil. Elles ont des efficacités partielles contre l’oïdium. Il est important d’utiliser le produit de façon préventive et régulière.
Le Vacciplant
La laminarine, matière active de ce produit, est extraite d’algues. Elle stimule les défenses naturelles des plantes. A son contact, les feuilles produisent des substances (dont le resveratrol) qui altèrent le développement des champignons. Le resvératrol a un effet positif sur la santé humaine. Dans ses essais, la maison Stähler a mesuré un effet positif de la laminarine contre l’oïdium, s’il est utilisé suffisamment tôt dans la saison et répété.
Nouveaux produits naturels
Ces dernières années, plus de 2000 substances naturelles ont été testées par le FiBL et diverses universités. On y trouve des extraits de plantes ou de microorganismes ou des produits dérivés de l’industrie du bois. Environ 1 % des produits testés ont eu des effets significatifs contre les maladies de la vigne. Depuis 2014, les deux meilleurs produits issus de cette recherche sont testés dans la pratique. L’un des deux, le produit Larixyne a été présenté lors de la Journée de la vini-viticulture à Neuchâtel le 7 mars 2018. Sa matière active est issue de l’écorce de mélèze, produit secondaire de l’industrie forestière.
Le cuivre
Diverses formulations sont disponibles avec des avantages différents. L'oxychlorure de cuivre s’utilise plutôt en début de saison. L'hydroxyde de cuivre a une bonne résistance au lessivage, agit rapidement et est bien accepté par le feuillage. La bouillie bordelaise contient de la chaux éteinte, qui apporte un effet asséchant et a un bon rapport efficacité/lessivage.

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Alternatives au Cuivre

L’appréciation des effets éventuellement néfastes du cuivre sur le sol est en train d’évoluer. Par exemple, la toxicité du cuivre sur les microorganismes du sol a probablement été surévaluée, affirme Lucius Tamm, du FiBL. Mais cela ne doit pas empêcher de chercher à réduire l’utilisation de cuivre. Il y a deux possibilités d’agir:

 

  • La première consiste à homologuer des nouvelles formulations de cuivre qui permettraient des apports de cuivre métal par ha beaucoup plus faibles. Malheureusement les fabricants de ces produits ne s’intéressent pas à les faire homologuer, et il n’est pas sûr que ces formulations soient toujours suffisamment efficaces, surtout en années humides.
  • La deuxième possibilité consiste à introduire sur le marché des préparations complètement alternatives, par exemple à base d’extraits de plantes.  Des produits pourraient arriver sur le marché d’ici quelques années.

Cependant, des contributions pour la réduction des produits phytosanitaires sont proposées depuis 2018 et le cuivre est également pointé du doigt. En effet, il se trouve sur la liste « des produits phytosanitaires présentant un potentiel de risque particulier ».

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Essai d’effeuillage à Meinier GE en 2013

Cet essai a été mené sur un Gamay bio à bon potentiel de rendement. Il y a eu un effeuillage précoce (enlèvement de 3 à 4 feuilles basales une semaine avant la floraison), un effeuillage tardif (enlèvement de 3 à 4 feuilles basales une semaine avant la véraison) et un effeuillage mécanique (avec la machine Galvit au stade début nouaison). En comparaison du témoin sans effeuillage, la meilleure réduction du botrytis a été obtenue par l’effeuillage tardif et par l’effeuillage mécanique, suivi par l’effeuillage précoce. L’effeuillage précoce a provoqué une baisse de la teneur en sucre par rapport au témoin, alors que l’effeuillage tardif a favorisé une teneur élevée en sucre. Il est particulièrement important d’effeuiller le Gamay.
Les essais du FiBL à Frick AG en 2012 et 2013 ont montré que pour prévenir le botrytis en conditions bio, il est plus efficace d’enlever une partie des feuilles dans la zone des grappes que d’optimiser le recours à des produits phyto bio qui n’ont de toute façon qu’une efficacité très partielle contre le botrytis.

Auteur: Maurice Clerc, FiBL

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Dernière actualisation de cette page: 04.06.2018

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