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Les microfermes sous la loupe

Nouvelle  | 

Un premier volet de données technico-économiques au sujet de l’agriculture sur petite surface est sorti en mai 2025. L’occasion de dresser une typologie de ces structures émergeantes. Un guide de démarrage aux microfermes publié par l’Association Suisse des Microfermes est également sorti dans la foulée*.

On estime à une centaine le nombre de microfermes en Romandie. Bien que leur implantation soit en croissance, les données les concernant restent très limitées. Photo: FiBL

Le maraîchage représente l’atelier principal de 32 des 33 microfermes étudiées. Source: Prométerre. *Activités para-agricoles: Tout atelier qui n’est pas en lien direct avec la production agricole (par exemple l’agritourisme, des accueils de formations, des activités thérapeutiques, etc.)

Bien que les microfermes rencontrent de multiples obstacles – tels que l'accès à la terre, aux paiements directs ou encore à la mise en place de tunnels maraîchers – de nombreuses initiatives apparaissent en Suisse, en particulier depuis 2010, et leur nombre a encore augmenté depuis 2020. On les estime à une centaine en Suisse romande. «Plusieurs microfermes voient le jour avec des systèmes qu'on connaît très peu et dont on a aucune référence», énonce Delphine Piccot, une collaboratrice de Proconseil.

C'est pour combler ce manque qu'Agridea et Proconseil – un service de Prométerre – ont lancé le projet «Références pour l'agriculture sur petite surface (ApeRsu)», financé par leurs propres fonds ainsi qu'une aide de l'Office fédéral de l'agriculture. Un premier volet de résultats est sorti en mai 2025. Le projet s'est penché sur la récolte de données technico-économiques de 33 fermes romandes et publiera ses analyses définitives l'année prochaine. Selon la collaboratrice d'Agridea à l'origine du projet Claire Asfeld, il y a souvent un a priori négatif sur la viabilité de telles structures: «On entend souvent que les microfermes sont des projets utopiques mais ne permettent ni de nourrir la population, ni de dégager un vrai revenu.»

Des fermes pas comme les autres

En 2022, le FiBL, avec le soutien d'Agridea et du canton de Vaud, a publié les portraits de neuf microfermes de Suisse romande. C'est ce qui a donné l'élan pour le projet ApeRsu d'une plus grande envergure. «Nous avons récolté plus de 500 données sur trois ans que nous devons maintenant analyser et organiser», déclare Claire Asfeld qui fait référence à la collaboration avec la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL) de Zollikofen BE qui s'occupe des statistiques.

 Les premiers résultats de l'année comptable 2022 ont déjà été analysés, ce qui a permis de dégager des indicateurs économiques globaux ainsi que des déterminants communs. L'agriculture sur petite surface se caractérise évidemment tout d'abord par son échelle micro, par l'importance accordée aux principes de l'agroécologie – avec de nombreux aménagements pour privilégier la flore et la faune. Cet engagement se retrouve également dans la certification: 24 des 33 fermes étudiées sont installées en bio (22 Bourgeon et 2 Bio fédéral). Ces structures se distinguent également par la diversification des ateliers de production – un tiers des fermes étudiées pratiquent une à deux activités lucratives, un deuxième tiers pratiquent trois activités le tiers restant entre quatre et sept activités. Les microfermes se réunissent aussi autour d'un lien direct avec les consommateurs, une forte présence des circuits courts et du maraîchage – 32 fermes sur 33 le pratique, ainsi qu'une recherche active d'alternatives aux énergies fossiles – plus de la moitié des structures n'utilisent pas de tracteur et un tiers n'ont même pas de motoculteur.

Les fermes étudiées se caractérisent également par une grande variété de statuts juridiques adoptés par les producteurs·trices. Si la raison individuelle reste fréquente, elle n'est pas aussi dominante que dans l'agriculture traditionnelle. De nombreuses microfermes optent également pour des formes collectives comme la Sàrl, la coopérative ou l'association. Par ailleurs, la majorité des agriculteurs·trices sur petite surface ne possèdent pas le foncier qu'ils cultivent et sont seulement 39 pour cent à toucher les paiements directs.

Un revenu horaire identique à la moyenne suisse

Quant aux données économiques elles se reportent essentiellement à l'activité maraîchère, qui est la principale. Lorsqu'on rapporte la production au temps de travail, et qu'on y ajoute le temps consacré au lavage des produits ainsi que les heures de travail bénévole, la médiane de la marge brute horaire s'élève à 22 francs. Les écarts sont importants, avec des résultats allant de moins de 5 à plus de 50 francs de l'heure. «Cela est probablement dû à la jeunesse de certaine des structures», nous éclaire Delphine Piccot. En effet, environ la moitié des microfermes sont installées que depuis 2020 et selon la conseillère agricole, il faut au moins trois ans – en sachant que les données économiques sont celles de l'année 2022 – pour qu'une ferme ait des revenus stabilisés. L'analyse économique montre une médiane de revenu horaire agricole de 16,93 francs, sans inclure le bénévolat. «C'est ce qui nous a le plus surpris», lance Claire Asfeld. Effectivement, ce montant se rapproche fortement du salaire horaire du travail agricole suisse qui s'élève à 17 francs – selon le rapport sur le revenu des familles paysannes adopté par le Conseil fédéral.

«Comme quoi, il ne faut pas toujours s'agrandir pour être rentable», confie prudemment Claire Asfeld qui poursuit: «Dans un monde où les ressources viennent à manquer cela donne un peu d'espoir.» Les résultats complémentaires et définitifs attendus pour la deuxième moitié de l'année 2026 donneront des analyses économiques renforcées, ainsi qu'un outil budgétaire à destination des producteurs·trices d'agriculture sur petites surfaces.  

Emma Homère, Bio Suisse

Article original du numéro Bioactualités 6/25.

Pour en savoir plus

*L'Association Suisse des Microfermes a publié en fin d'année 2025, son guide de démarrage aux microfermes durables. Le document de 75 pages contient un chapitre sur l'accès à la terre, un autre sur le business model, sur la gouvernance ainsi que sur les pratiques agronomiques durables. «En rassemblant des repères concrets, des outils pratiques et des retours d'expérience adaptés au contexte suisse, ce guide permet de gagner en clarté, d'éviter certains écueils et de renforcer la crédibilité des porteurs·euses de projet auprès des partenaires et institutions», s'exprime le président de l'association David Bichsel. Ce guide s'inscrit également dans le cadre de la formation microferme.

Vers le téléchargement du guide (ASM)
Vers la formation (Site web du canton de Vaud)

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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