Le marché demande du poulet Bourgeon

(03.05.2013) 

La viande de poulet Bourgeon a le vent en poupe – aussi en bio. De nouveaux producteurs – aussi en reconversion – sont les bienvenus.

Les plus récentes statistiques de Proviande confirment la tendance qui se maintient depuis les années nonante: La viande de volaille est recherchée. Dans l’assiette des Suisses, la volaille vient en deuxième position après le porc. Et même en première place en Suisse romande. Le poulet bio ne représente pour l’instant que 1 à 2 % du marché du poulet, mais la demande pour le poulet bio augmente quand même aussi.

Le marché cherche de la volaille Bourgeon

Christoph Schatzmann, le Responsable Production animale intégrée de Bell Suisse SA: «Les abattages de volaille bio ont atteint chez nous l’année passée un pourcentage de progression à deux chiffres et n’ont pas encore épuisé leur potentiel de développement.» Bell, qui veut donc développer sa production et son assortiment, est clairement intéressée par une collaboration avec de nouveaux producteurs de volaille bio. Depuis le début de cette année, Bell commercialise aussi des produits avec le Bourgeon de reconversion dans le canal de la Coop. Pour pouvoir couvrir l’augmentation de la demande, de nouvelles fermes en reconversion et des producteurs qui veulent se lancer dans l’engraissement des volailles sont les bienvenus.

Schatzmann estime que les domaines de 15 à 20 hectares sont idéaux pour se lancer dans une production sous contrat. L’engraissement des volailles se combine bien avec les grandes cultures – or on continue de chercher davantage de produits des grandes cultures bio Bourgeon. L’élevage en plein air pose cependant des exigences particulières comme par exemple la protection des volailles contre les oiseaux de proie, l’augmentation des coûts de main-d’œuvre dans les petites unités de production et l’interdiction des antibiotiques préventifs – le Cahier des charges de Bio Suisse ne les autorise en effet qu’en cas de nécessité absolue.

Exigences à remplir pour se lancer:

  • Intérêt pour une collaboration à long terme;
  • Au minimum 2 ha de terrain plat d’un tenant pour l’installation des poulaillers mobiles d’engraissement;
  • Réserve d’au moins 16 UGBF dans la mise en valeur des engrais de ferme;
  • Respect des exigences d’aménagement du territoire pour le développement intérieur;
  • Main-d’œuvre disponible nécessaire: ordre de grandeur 1400 heures.

Contact: Stefan Werren, Bell Suisse SA, tél. 058 326 85 55

Planifier la commercialisation

Ceux qui veulent se lancer devraient tout d’abord décider quelle importance cette branche de production doit revêtir. Alors que les deux principaux acheteurs travaillent avec des contrats, les petits domaines doivent eux aussi impérativement trouver avant de commencer un abattoir adéquat et planifier la commercialisation. Le troisième plus gros marchand de poulets bio, Lukas Vock de Niederwil AG constate: «La vente directe ne dépend pas seulement de la demande mais aussi du vendeur et de la confiance dont jouit sa ferme. Il lui faut donc s’y investir corps et âme.» Ce pionnier de la volaille bio s’est lancé en 1986 et livre par exemple à Manor. Lui aussi a connu l’année passée une progression de 10 %. Il arrive encore à satisfaire la demande parce que trois producteurs Bourgeon travaillent ensemble pour la commercialisation des poulets bio du domaine du Wendelinhof. Vock se montre ouvert à une collaboration si un nouveau producteur souhaite s’engager dans la commercialisation.

«Les oiseaux de proie sont un grand défi»

Jürg Mosimann travaille depuis plus de 10 ans avec le Bourgeon, a un contrat de production avec Micarna et siège à la Commission technique Viande de Bio Suisse.

Comment gérez-vous votre domaine agricole?
Jürg Mosimann: Nous respectons le Cahier des charges de Bio Suisse sur nos 7,6 ha depuis 1989. Avant nous faisions du maraîchage et du lait, et maintenant nous produisons un peu de céréales et de pommes de terre.

Depuis combien de temps faites-vous de l’engraissement de volaille?
Nous avons installé les premiers poussins en 1997 et avons été une des cinq fermes d’un projet pilote de la société Optigal.

Comment la demande pour le poulet bio a-t-elle évolué depuis lors? 
Au début on ne vendait que des poulets entiers, puis on a commencé à les découper pour vendre les morceaux séparément, et cela a provoqué une augmentation de la demande. Maintenant, la demande augmente constamment. Je dirais aujourd’hui que le marché du poulet bio est en bonne santé – d’ailleurs on cherche de nouveaux producteurs.

Quels obstacles avez-vous dû surmonter quand vous avez commencé à engraisser des poulets bio?
Nous avons bénéficié dès le début d’un très bon suivi par des conseillers. Le concept est bien réfléchi et il n’y a pas vraiment eu de problèmes.

Avec quelles infrastructures travaillez-vous?
Avec des poulaillers mobiles dans les champs. Cela a des avantages surtout en hiver car cela permet d’utiliser la chaleur rendue par le sol. Ces poulaillers sont plus chauds que des remorques avec des roues.

Que pensez-vous des prix payés aux producteurs?
Micarna paie les engraisseurs selon un modèle basé sur les coûts de production comme l’aliment, l’eau et l’électricité et qui tient compte de la main-d’œuvre et des amortissements. Le prix du poulet est plus élevé pendant la phase d’amortissement qu’après. Je trouve que c’est un bon système, et nous sommes satisfaits du prix.

À quels défis êtes-vous confronté aujourd’hui? 
Les oiseaux de proie restent un défi permanent. Le parcours est mal utilisé parce qu'ils se tiennent toujours devant la cabane, et c’est très dommage. Et le bilan de fumure est aussi un autre défi important.

Que conseilleriez-vous à un collègue qui s’intéresserait à l’engraissement de poulets bio?
De bien s’informer sur tous les aspects de la question. Ce joli travail est bien payé. L’écoulement est là et la production sous contrat permet notamment de bénéficier d’un bon service de conseil.

Auteure: Michèle Hürner, Bio Suisse

Pour en savoir davantage

Poulet bio (Rubrique "Marché" de ce site internet)

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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