L'endométrite est une inflammation de la muqueuse des matrices des vaches qui se produit après un vêlage. «Les vaches qui ont une endométrite ont des difficultés à redevenir portantes, ce qui rallonge les intervalles entre deux vêlages et peut finalement mener à leur élimination précoce du troupeau», explique Michael Walkenhorst, chercheur du FiBL et directeur de l'étude. Pour les fermes touchées, cela représente des pertes financières considérables.
Le revers de la médaille de l'utilisation des antibiotiques
Les inflammations de la matrice sont traditionnellement traitées avec des antibiotiques qui sont déposés directement dans la matrice (application intra-utérine). L'utilisation généralisée des antibiotiques recèle pourtant le risque de résistances aux antibiotiques. «Quand des bactéries deviennent insensibles à des antibiotiques, les infections humaines et animales ne peuvent plus être traitées avec efficacité», explique Michael Walkenhorst. Cela représente une menace pour la santé animale comme pour la santé humaine. La recherche d'alternatives aux antibiotiques revêt donc une grande importance.
Est-ce que les plantes peuvent aider?
C'est ici que Michael Walkenhorst et ses collègues sont intervenus avec une étude. Ils ont étudié les effets à long terme d'un traitement phytothérapeutique en les comparant à ceux d'un traitement antibiotique de l'endométrite clinique des vaches laitières. Les chercheurs ont comparé deux traitements intra-utérins:
- L'antibiotique autorisé (Metricure®, Cephapirine/Cephapirine Benzathine)
- Le produit vétérinaire phytothérapeutique autorisé (EucaComp®-PlantaVet) qui contient des extraits de souci officinal, de mélisse citronnée, de marjolaine, de sauge et d'eucalyptus qui sont connus pour leurs propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes, immunomodulatrices et antimicrobiennes
L'étude a porté sur le traitement de 140 vaches de 26 fermes suisses. Après que l'observation à court terme de la guérison des endométrites cliniques n'ait révélé aucune différence entre les thérapies antibiotiques et phytothérapeutiques (les résultats à court terme ont été publiés en 2024 dans le cadre d'une autre étude), la présente étude s'est concentrée sur des indicateurs à long terme comme la performance de reproduction, la production de lait et le taux de mortalité.
Des traitements avec des résultats équivalents
Selon Michael Walkenhorst, les résultats du traitement phytothérapeutique étaient équivalents à ceux du traitement antibiotique pour tous les paramètres importants. Des différences significatives n'ont été constatées ni dans le taux de conception avec la première insémination ni dans le taux de gestation à 120 jours après le vêlage ou le nombre d'inséminations par vache portante. Les intervalles entre deux vêlages étaient identiques. Il n'y avait pas non plus de différences significatives entre les différents groupes de traitements en ce qui concerne la quantité de lait ainsi que sa teneur en graisse, en protéines ou en cellules. Le taux de mortalité des vaches ainsi que les causes des trépas ne présentaient pas non plus de différences significatives entre les groupes.
Diminuer l'utilisation des antibiotiques, prévenir les résistances
Dans le domaine du traitement des endométrites cliniques, l'efficacité à long terme du médicament vétérinaire phytothérapeutique utilisé n'est donc pas inférieure à celle de l'antibiotique. Michael Walkenhorst remarque toutefois: «L'étude était conçue pour nous permettre de prouver que les deux traitements sont aussi ou aussi peu efficaces l'un que l'autre. Notre étude ne comportait pas de groupe de contrôle. Des études antérieures réalisées par d'autres groupes de recherche ont par contre pu montrer pour quelques paramètres de fécondité à long terme une supériorité significative du traitement antibiotique par rapport aux groupes de contrôle non traités.» Ce résultat permet de dire que le produit phytothérapeutique est une alternative très prometteuse: Il permet de réduire à un strict minimum l'utilisation des antibiotiques, et ainsi de contribuer activement à endiguer les formations de résistances.
Corinne Obrist, FiBL
Pour en savoir plus
Fiche technique Diminuer les antibiotiques (274.5 KB)
Prévenir les résistances aux antibiotiques (rubrique Santé animale)
Étude sur l'endométrie (sciencedirect.com, en anglais)
Conseils en médecine vétérinaire alternative
BTS (site web de BTS, en allemand): Berufsverband der TierheilpraktikerInnen Schweiz
Camvet (site web de Camvet): Association vétérinaire suisse pour les médecines alternatives et complémentaires
La vulgarisation du FiBL pour les paysans et paysannes (rubrique vulgarisation): Tél. 062 865 72 72; Interlocuteur: Christophe Notz, vétérinaire
Kometian (site web de Kometian): Service de médecine vétérinaire complémentaire assuré surtout par des vétérinaires et des thérapeutes qui donnent des conseils par téléphone. Ce service est en tout cas provisoirement disponible seulement en allemand.
Formation et vulgarisation cantonale (liste des adresses): De nombreux centres cantonaux de formation agricole proposent des cours de formation continue et des conseils dans ce domaine.
ProBio (site web de Bioactualites.ch): ProBio (anciennement ProBétail) est centré sur l'échange de connaissances d'égal à égal entre paysans ainsi qu'entre la vulgarisation et la recherche avec la pratique et inversement.
