Améliorer la durabilité dans la filière Bourgeon

C’est avec la Laiterie Biedermann de Bischofszell TG et ses fournisseurs de lait que Bio Suisse a démarré un projet-phare dans la poursuite du développement de la durabilité: Les productrices et producteurs de lait et leur laiterie se sont soumis à une analyse de durabilité – avec des résultats plus qu’intéressants.

 

(11.02.2020) 

Continuer d’améliorer sans cesse la durabilité de la filière Bourgeon est un des objectifs stratégiques prioritaires de Bio Suisse, qui axe en ce moment ses efforts sur le maillon «producteurs – transformateurs». Il y a quelques années, la Fédération des paysannes et paysans biologiques suisses avait déjà fait effectuer une enquête représentative auprès de ses membres producteurs. C’est la méthodologie SMART, développée par l’Institut de recherche de l'agriculture biologique FiBL, qui avait été utilisée. Puis, c’est dans le cadre de l’application de la stratégie Avanti 2025 de Bio Suisse qu’un nouveau projet avait été lancé, projet qui a étudié les prestations de durabilité de différents acteurs de la filière de création de valeur dans le domaine des produits laitiers.

Déceler des possibilités d’actions communes

La méthode SMART a alors servi à évaluer aussi bien la production agricole que la transformation du lait par la Laiterie Biedermann, cette dernière ayant soutenu le projet dès le départ: «Notre gestion a depuis toujours été orientée d’après les principes du développement durable. Nous soumettre à une telle autoévaluation en même temps que nos fournisseurs, afin de voir où nous pouvons encore nous améliorer ensemble, le tout dans le but évident de pouvoir nous maintenir durablement sur le marché, nous a donc semblé être un exercice aussi passionnant qu’intéressant», souligne Ernst Haffa, responsable de l’achat du lait à la Laiterie Biedermann.

Dans le cadre d’un atelier, paysannes et paysans ainsi que des fabricants se sont réunis avec des spécialistes de Bio Suisse. Les participant-e-s ont alors discuté des résultats de cette analyse SMART et des options communes qui s’offraient à eux. La curiosité et l’intérêt pour cet échange au sujet des résultats de chacun étaient très grands de part et d’autre. «Cette autoévaluation et l’échange avec les agricultrices et agriculteurs et avec des spécialistes dans le domaine de la durabilité nous a permis de recevoir des suggestions de valeur. Ces propositions vont maintenant être intégrées à la définition de notre stratégie», poursuit Ernst Haffa. Les discussions ont par exemple porté sur les possibilités d’amélioration concernant les axes principaux déjà définis par la tête du groupe dont la laiterie fait partie, Emmi, entre autres dans le domaine de la diminution des émissions de gaz à effet de serre générés par la filière d’approvisionnement.

Les résultats du projet ont aussi suscité beaucoup d’intérêt du côté des paysannes et des paysans. L’agriculteur Ueli Zellweger a par exemple pu dire à ce propos: «Le rapport SMART-Fram nous a fourni une boussole de grande valeur au sujet de la durabilité de nos entreprises. Ma première impression est que ce rapport permet de formuler de bonnes propositions d’améliorations individuelles et communes. Il était bien sûr aussi passionnant pour nous de voir à quoi en était la Laiterie Biedermann. Car la responsabilité sur le plan de la durabilité d’un produit n’incombe pas seulement à nous autres producteurs.»

Développer des mesures réellement judicieuses

Personne n’a été vraiment étonné que les 15 fermes Bio Suisse qui ont procédé à une analyse SMART sortent très bien surtout sur le plan de l’écologie, mais elles ont aussi reçu de bonnes et même très bonnes notes dans les domaines socio-économiques. Les potentiels d’amélioration se situent par exemple pour l’une dans la question de l’égalité des droits, tandis que d’autres sont bien notées sur le plan des émissions de gaz à effet de serre mais pourraient encore s’améliorer par exemple en utilisant des pendillards pour épandre le lisier. Les résultats doivent maintenant être discutés de manière approfondie lors d’autres rencontres afin qu’ils servent à développer et à réaliser des mesures réellement judicieuses.

Du côté de Bio Suisse, on est aussi contents des résultats du projet: «L’atmosphère pétillante et les discussions constructives qui ont caractérisé les ateliers nous ont confirmé qu’une approche globale des filières d’approvisionnement et de transformation est une bonne voie pour continuer de développer le Bourgeon à un haut niveau sur tous les plans», conclut Sara Gomez, la responsable du projet pour Bio Suisse.

Auteure: Olivia Keller, Sustainability Consultant, Sustainable Food Systems SFS

Plus d'informations

Nachhaltigkeitsbewertung (en allemand et en anglais; site internet du FiBL)

 

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

Publicité