Poissons Durabilité 

Abattage à la ferme

Les animaux bio sont certes élevés et affouragés de manière particulièrement respectueuse de leurs besoins spécifiques, mais ils meurent de la même manière que tous les autres. Car tant l’Ordonnance fédérale sur l’agriculture biologique que le Cahier des charges de Bio Suisse ne contiennent pas de dispositions concernant ce qui se passe entre la porte de la stabulation et la boucherie-charcuterie. Chez Bell, où une grande partie du bétail bio est abattu, cette lacune est comblée par la Protection suisse des animaux (PSA). Bell travaille en effet depuis des années en collaboration avec la PSA pour que les procédures de travail et les installations ménagent toujours davantage les animaux. Le but explicite est que les animaux ne subissent aucune situation de stress jusqu’à l’étourdissement.

Il existe pourtant une méthode d’abattage encore plus ménageante: tirer un coup de feu puis saigner la bête au pâturage. Les animaux sont donc transportés morts à l’abattoir et évitent complètement le «stress de l’abattage».

Le FiBL a lancé un projet de recherche soutenu par la Fondation «Quatre Pattes» pour savoir ce qui doit être modifié sur le plan légal et préparé sur le plan organisationnel si des producteurs suisses veulent pratiquer l’abattage au pâturage.

La suite de cette page rassemble et présente au fur et à mesure de leur disponibilité divers types de documents sur l’abattage au pâturage.

Nouvelle méthode: L’étourdissement au lieu du tir au fusil

Afin d’épargner aux animaux le stress du transport et de l’abattage, la famille paysanne bio Blunier, à Paspels GR, veut désormais que ses bêtes puissent être abattues dans un environnement connu et donc de confiance. Le service cantonal compétent a octroyé l’autorisation définitive de cette nouvelle méthode d’abattage sans stress des bovins. C’est ce qu’a annoncé KAGfreiland en avril.

Contrairement à l’abattage au pâturage proprement dit, l’étourdissement des bêtes se fait dans la ferme des Blunier non pas par un tireur qualifié par un permis de chasse qui tue l’animal d’un coup de fusil, mais par un collaborateur de l’abattoir du coin: L’animal est immobilisé dans une partie spéciale de l’aire d’affouragement mais qui ne change rien à ce qui se passe normalement pour l’affouragement. Vient ensuite l’étourdissement avec un pistolet à cheville percutante usuel. L’animal étourdi est ensuite immédiatement suspendu avec un appareillage spécial pour être saigné, puis l’animal, maintenant mort, est chargé sur une remorque spéciale et transporté dans un abattoir des environs pour le reste du processus d’abattage.

«Le déroulement est en principe le même que pour un abattage habituel», souligne Blunier. «Seule la première partie, l’étourdissement et la saignée, est externalisée dans notre ferme.» Il a procédé aux transformations nécessaires pendant l’hiver passé. Les premiers tests d’abattage ont été faits en février et en mars sous la surveillance des autorités cantonales. Vu que toutes les prescriptions techniques et d’hygiène pouvaient être respectées, les autorités cantonales ont délivré en avril 2018 à la Sunna Metzgerei GmbH l’autorisation d’élargir géographiquement sont autorisation d’abattage à la ferme bio «Dusch» de la famille Blunier.

Tanja Kutzer, experte en production animale de l’organisation de protection des animaux agricoles KAGfreiland, s’en réjouit beaucoup: «Avec l’abattage au pâturage, une lance avait déjà été brisée en Suisse en 2016 pour l’abattage respectueux des animaux. Contrairement aux autres pays, la Suisse n’avait depuis lors pas délivré d’autres autorisations à des entreprises agricoles. Le nouveau modèle introduit par la ferme des Blunier peut être intéressant pour d’autres paysans parce qu’il ne nécessite pas de permis de chasse.

Informations supplémentaires
Stressfreie Schlachtung auf dem Hof Dusch (site internet de KAGfreiland, en allemand)


Abattage au pâturage, comment cela va continuer?

(19.03.2018) Vingt entreprises agricoles de 15 cantons ont déposé une demande d’autorisation pour ce type d’abattage. La communauté d’intérêt pour l’abattage au pâturage les informe toutefois qu’elles devront encore attendre jusqu’à ce que la situation légale soit clarifiée.

La situation actuelle est très compliquée. L’Office vétérinaire du Canton de Zürich autorise cet abattage, en se basant sur la législation fédérale. Quant à lui, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires n’entre pas en matière pour accepter ce type d’abattage, en se référant à la même législation. 

Pour résoudre ce conflit, la communauté d’intérêt susmentionnée a fait appel à deux avocats renommés, qui ont donné raison à l’Office vétérinaire du Canton de Zürich. Leur prise de position n’a pas été analysée par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires. En effet, cet Office fédéral veut traiter de la question de l’abattage au pâturage dans le cadre du postulat de Karl Vogler, qui demande d’autoriser par voie de modification législative l’abattage à la ferme. Or l’abattage au pâturage est quelque chose d’autre que l’abattage à la ferme. La communauté d’intérêt susmentionnée est de l’avis qu’il n’y a pas besoin d’une modification des lois pour autoriser l’abattage au pâturage ; elle va donc continuer de s’engager pour ce type d’abattage, qui ne nécessite pas de déplacement d’animaux avant l’abattage, leur épargnant ainsi beaucoup de stress, soit autorisée.
Eric Meili, FiBL

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L'abattage au pâturage est remis en question

(27.02.2017) Une modification de la législation en discussion actuellement pourrait conduire à l'interdiction de l'abattage au pâturage. Cela pourrait toucher 19 fermes dans 15 cantons qui souhaitent déposer une demande d'autorisation pour cette forme d'abattage.

Même l'unique autorisation accordée jusqu'à aujourd'hui à une ferme du Canton de Zürich serait, selon l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), illégale. L'organe cantonal zürichois responsable de la mise en oeuvre et l'OSAV ont donc des positions divergentes. Pour les fermes concernées, c'est une situation insoutenable. La situation juridique doit être clarifiée.

En plus, une modification en discussion d'un paragraphe important de l'Ordonnance sur la protection des animaux lors de leur abattage constitue également une menace pour l'abattage au pâturage. La procédure de consultation de ces modifications de la législation a pris fin le 7 février 2017. Ce sont avant tout les vétérinaires cantonaux qui qui se sont opposés à l'abattage au pâturage. Ils appréhendent la somme de travail administratif et de contrôle qu'un tel abattage pourrait entraîner.

Les principes de la protection des animaux sont mieux garantis avec l'abattage au pâturage qu'avec l'abattage traditionnel. En effet, les animaux ne subissent pas le stress de la séparation du troupeau, du transport et de l'environnement de l'abattoir qui leur est étranger. De même , l'hygiène est garantie. Après le coup fatal, l'animal est immédiatement suspendu à la fourche frontale d'un tracteur et saigné, le sang étant bien sûr récupéré dans un récipient. Puis l'animal est transporté à un abattoir local dans une remorque spécialement équipée. Pour chaque étape de cette procédure, il y a des instructions très précises à observer, qui tiennent compte de toutes les exigences de la loi. Et le travail supplémentaire des autorités vétérinaires est payé par l'entreprise agricole. Il n'y a donc pas de raisons pour interdire l'abattage au pâturage. EM

L’abattage au pâturage est enfin légalement autorisé

(03.06.2016) La première autorisation définitive délivrée en Suisse pour l’abattage au pâturage a maintenant force de loi. Il existe donc dès maintenant une méthode qui permet d’abattre des bovins sans les stresser ni les transporter sur de longues distances. Après la fin réussie de la phase pilote avec dix abattages au pâturage, le onzième bovin a été abattu au pâturage le 4 mai 2016 – pour la première fois avec une autorisation ancrée dans la loi..

Information du 03.06.2016

Le coup d'envoi de l'abattage au pâturage suscite énormément de réactions

La présentation du projet d’abattage au pâturage du paysan bio Nils Müller, du FiBL et de Quatre Pattes remue l’opinion publique, mais les médias ont dans l’ensemble réagi très positivement.

Article paru dans le magazine Bioactualités 6|2015 (135.1 KB)

L’abattage au pâturage pourrait bientôt être légalisé

L’agriculteur bio Nils Müller de Forch ZH veut abattre ses bovins au pâturage. Sa demande a été rejetée mais le service vétérinaire cantonal veut réexaminer cette décision.

Article du magazine bio actualités 3/2014 (90.5 KB)

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Contrôlés jusque dans la mort

Comment meurent les bovins bio? Étudier cette question mène forcément à l’abattoir de Bell à Oensingen, où jusqu’à 3000 bêtes sont tuées chaque semaine – dans le respect des strictes directives des autorités et de la protection des animaux. Le but est un abattage sans stress. En Allemagne, certains domaines agricoles pratiquent une méthode qui, du point de vue du stress, n’a rien à voir avec les procédés des abattoirs: un coup de feu tiré au pâturage.

Article du magazine bio actualités 4/2012 (954.2 KB)

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Dernière actualisation de cette page: 25.04.2018

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