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Fourrages grossiers bio en 2020, qualité et quantité tout en nuances selon les régions

Ce printemps, les récoltes ont été abondantes, mais selon les régions, une partie du stock a déjà été consommée durant l’été. A quoi faut-il s’attendre ?

(16.12.2020) 

Printemps généreux
Dans toutes régions de Suisse, le printemps a grandement favorisé la pousse des herbages et offert une récolte abondante. Une partie des granges étaient pleines au début de l’été. La qualité qui semblait bonne à très bonne visuellement ne s’est pas toujours confirmée dans le résultat  des analyses. Les teneurs se situaient souvent 0.5 point NEL au-dessous des valeurs habituelles. Le sol est resté frais et humide. La repousse a été plutôt rapide après les coupes et la pâture, favorisant un usage plutôt intensif. Les luzernières ont suivi la même tendance et au vue des quantités record, ont subi une dilution des protéines en atteignant en moyenne 14-15% de MA en première coupe.

Gros de Vaud et Fribourg bien arrosés
De mémoire d’éleveur de vaches laitières, rarement il n’avait récolté autant de foin qu’en 2020, nous confie Frédéric Zosso de Cournillens-FR. Les quantités de fourrage récolté et pâturé ont été exceptionnelles et le séchoir s’est très vite rempli. L’éleveur a complété son stock avec un peu plus de luzerne que d’habitude, baissant légèrement les teneurs NEL moyennes de sa ration totale mélangée. Le fourrage récolté est toutefois de bonne qualité avec une bonne appétence. La distribution homogène des précipitations n’a pas seulement contribué à favoriser une pousse régulière, mais a également maintenu un équilibre idéal entre légumineuses et graminées tout au long de la période végétative. L’affouragement et la complémentation en ont ainsi été facilités puisque de grosses adaptations à la ration n’ont pas été nécessaires. Frédéric Zosso complète sa mélangée avec de la pulpe de betteraves, des pommes de terre, des cubes de luzerne, du maïs moulu, de l’orge et un concentré production 18%. La part de concentré se situe aujourd’hui autour de 9% de la ration totale : à partir de 2022, elle ne pourra pas dépasser les 5%.

Juillet-août très secs dans le Jura et Neuchâtel
Tout avait pourtant bien commencé, s’exclame Antoine El Hayek du Domaine de l’Aurore à Cernier-NE. Comme partout, les premières coupes ont été abondantes et ensuite, les hautes températures ont bloqué la croissance de l’herbe. Plutôt habitué à voir ses vaches à la pâture, jamais Antoine n’avait fourragé autant à l’intérieur. En effet, les deux mois consécutifs caniculaires et secs ont eu raison des magnifiques pâtures situées autour de la ferme. La chaleur a aussi incité l’agriculteur à maintenir son troupeau au frais et à lui proposer de l’herbe fraîche à la crèche. La repousse de l’automne a été timide suite aux conditions estivales. Malgré ces conditions, l’éleveur estime avoir rentré suffisamment de fourrage pour l’hiver. Il mise sur une production de qualité issue de ses prairies et préfère acheter du foin issu de prairies écologiques pour les vaches taries. La ration est complétée par 2 kg de maïs épi en bouchons par jour et par vaches à la salle de traite.

Record de fourrages déshydratés au séchoir d’Orbe
550 tonnes d’herbe de prairies bio sur les 1300 tonnes totales ont été séchées et pelletisées au séchoir d’Orbe en 2020. Ernest Dubi, gérant de l’établissement, parle d’un record et d’une belle réussite. Comme partout, les gros volumes par unité de surface ont fait légèrement baisser les teneurs. Les premières coupes de luzernes avoisinaient les 15% de MA et au fil de la saison sont montées jusqu’à 22%. La proportion de fibres s’apparente à de la luzerne brin long, commente Ernest Dubi. Le séchoir a acheté environ 600 tonnes de luzerne aux producteurs pour la fabrication de bouchon. Pour offrir une garantie de qualité, chaque lot de bouchons de luzerne est analysé et vendu avec le taux de protéine correspondant. Toute la production de fourrage produite localement par le séchoir répond à une charte de qualité convenue entre les acteurs de la filière et la coopérative bio romande PROGANA.

Comment sécher durablement
Pour valoriser au mieux la qualité nutritionnelle des prairies, le séchage en grange est la méthode de conservation des fourrages la plus adaptée. En vue des nouvelles directives d’affouragement de Bio Suisse, de plus en plus de producteurs de lait bio s’y intéressent. Sous une forme individuelle, le séchage en grange peut s’avérer trop onéreux et alourdir les charges d’une ferme laitière. En bio, la dépendance à des énergies fossiles est également un frein à ce type d’installation. Le séchoir collectif couplé à une énergie renouvelable semble être une solution locale économiquement supportable et éthiquement acceptable. La thématique est actuellement étudiée et évaluée par les instituts de recherche, la vulgarisation des offices cantonaux et par certains groupes d’éleveurs soucieux de garantir une qualité optimale de leur fourrage grossier. Afin d’encadrer les éleveurs dans des démarches individuelles ou collectives, un cours complet a été mis sur pied par diverses institutions romandes.

Cours sur le séchage en grange
Formation en ligne sur le séchage - Coordonnée par Pierre Aebi de l’IAG (institut Agronomique de Grangeneuve) et en collaboration avec le FiBL, Proconseil, la CNAV et AGRIDEA, une formation complète en format VisioConfèrence composée de 5 modules de 2 heures est proposée à partir du 13 janvier 2021 sur les thèmes suivants :
1) le bois comme source d’énergie pour votre séchoir
2) Déshumidificateur; la solution ?
3) Le séchoir collectif
4) Comparaisons économiques
5) Pilotage du séchage.

NS, FiBL

Source: article paru dans l'Agri Hebdo du 18.12.2020


Plus d'info

Cours en ligne sur le séchage en grange (Agenda)
 

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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