Fourrages grossiers 100% Bio Bourgeon, les paysans et les filières s’organisent

100% de fourrages grossiers bourgeon à partir de 2022 pour les ruminants, ça se prépare. Les paysans et les partenaires des filières s’activent de manière coordonnée pour assumer une demande qui va prendre l’ascenseur et assurer une qualité irréprochable.

(25.05.2020) 

Un cadre est posé

En fixant des prix indicatifs pour les fourrages bio bourgeon indépendants des valeurs des fourrages conventionnels, la Table Ronde Fourrages grossiers bio donne un signal fort et renforce les filières bio en production animale et végétale. Réunie par Bio Suisse, elle est composée de représentants des groupes spécialisés Viande, Lait, Grandes cultures, du FiBL, des représentants de l'Association suisse des fourrages grossiers et des représentants de l'Association des usines suisses de séchage. La structuration d’un marché solide des fourrages grossiers bio dépend en effet de l’incitation des grands acteurs à placer la production fourragère comme un des maillons forts de notre autonomie.
Les éleveurs dépendants de matières premières locales et de qualité peuvent maintenant baser leurs calculs sur des prix officiels, mais pas seulement. Les agriculteurs avec peu ou pas de bétail savent qu’en introduisant une part plus importante de prairies temporaires dans leur rotation, ils peuvent compter sur un revenu intéressant comparable à une céréale fourragère, soulager certains autres marchés et fournir une denrée de qualité aux éleveurs suisses. Suite à plusieurs études de marché et enquêtes réalisées auprès des agriculteurs menées par le FiBL, Agridea, Proconseil, Progana et Bio Suisse, une grille de prix de référence pour les principaux fourrages bio bourgeon est clairement apparue comme un moyen de dynamiser les initiatives locales et les partenariat entre agriculteurs. Comme pour les autres secteurs de production, ces prix seront adaptés périodiquement par la table ronde Fourrages Grossiers bio. La prochaine rencontre est prévue pour le mois de juillet.

Potentiel romand

En 2018, 11'000 tonnes de foin, luzerne et maïs ont été importées selon les informations transmises par les gros importateurs. Environ 80% de ce volume est représenté par de la luzerne appréciée pour ses teneurs en protéines et en fibres. Une surface supplémentaire d’environ 1500 ha est nécessaire pour combler les importations grandes et petites, les dérogations spéciales (ex. sécheresse 2018) et les quantités nécessaires pour compenser la réduction des concentrés. Cette surface additionnelle représente 4,3% de la surface des terres assolées en bio en Suisse. En tant qu’important bassin de terres ouvertes, la Suisse romande se voit offrir une perspective intéressante de répondre à un marché demandeur et de fournir des fourrages, en particulier des protéines de qualité. D’autant plus que certains segments du marché des grandes cultures, celui des céréales en particulier, ont dû faire face ces dernières années à une augmentation de l’offre plus rapide que la demande. L’augmentation de la part de prairie temporaire dans la rotation aurait donc un effet positif sur l’allégement des marchés bio.

Commerce contractuel

Acheter ou vendre du fourrage requiert une base de confiance et nécessite d’adhérer à une charte morale ou officielle de qualité. Pour définir une charte, les critères engageant les partis doivent être clairs. Par fourrage de qualité supérieure on entend un fourrage exempt de mauvaises herbes, de plantes toxiques, de corps étrangers, de moisissures et de poussières. Le fourrage ne doit présenter aucun défaut lié au stockage. La qualité doit être estimée en fonction de la matière sèche (MS) et/ou de la teneur en protéines (MA, selon NIR). Afin de promouvoir les transactions entre producteurs et acheteurs de fourrages grossiers, un contrat-type est téléchargeable sur bioactualités.ch sous le nouvel onglet « Marché >> fourrages grossiers ». Ce contrat comporte une charte de qualité, les prix indicatifs du moment et une tabelle de calcul du prix final en fonction des travaux de récolte effectués par chacun des partenaires. Un petit document présentant de manière illustrée les dégradations possibles rencontrées sur les fourrages pouvant conduire à une baisse du prix ou à un refus de la marchandise est également téléchargeable dans la même section.

La bourse Bio

Pour la vente et l’achat, un des outils reste indéniablement la Bourse Bio, dont les fonctionnalités sont en voie d’améliorations (www.bioactualites.ch/boursebio.html). Pour augmenter ses chances de trouver un preneur, il est primordial de bien décrire la marchandise. Le type de fourrage (sec, ensilage), le numéro de coupe, la composition botanique (mélange équilibré, riche en légumineuses), le conditionnement (balle carrée, ronde, enrubannée), la date de récolte, le prix, la possibilité de livrer, si vous parlez l’allemand sont toutes des informations importantes pour l’acheteur. Pour les détenteurs de troupeaux laitiers à la recherche de protéines (MA) et d’énergie (NEL), une analyse du fourrage peut également être un atout important (infos sur le conseil et le service d’analyse fourragère sur le site du FiBL, Formulaire de commande pour une analyse de fourrage). Même constat pour les demandes : il convient de publier de manière détaillée le type de fourrage recherché. Annoncer suffisamment tôt ses besoins augmente considérablement ses chances. De même, indiquer clairement ses besoins oriente le choix des mélanges à prioriser et renforce l’adéquation entre l’offre et de la demande. Finalement des premiers échanges commerciaux réalisés dans de bonnes conditions débouchent souvent sur des partenariats réguliers à plus long terme.

NS, FiBL

Source: article paru dans l'Agri Hebdo du 14 mai 2020

Pour en savoir plus

Marché des fourrages (site interne)

 

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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