Soja bio alimentaire et fourrager: calculez vos frais de production ! Soja alimentaire: bien préparer la récolte 

Soja bio: technique culturale

Les surfaces de soja bio ne cessent d’augmenter d’année en année. Les exigences de qualité pour le soja alimentaire sont très élevées. La culture de soja est très exigeante pour les producteurs.

Rotation culturale

Le soja devrait être si possible cultivé peu d’années après la destruction de la prairie temporaire et de toute façon pas sur des parcelles (en reconversion par exemple) sur lesquelles il n’y a pas eu de prairie temporaire depuis des décennies.

Choix des parcelles

Evitez les parcelles sur lesquelles il y aura une forte minéralisation d’azote. Exemple de parcelles qui ne conviennent pas à la culture de soja bio:

  • Parcelles sur lesquelles il y avait une prairie temporaire de longue durée l’année précédente
  • Parcelles sur lesquelles il y a eu du fumier de poules l’année précédente.

Les quantités élevées d’azote que le sol de ces parcelles va libérer vont favoriser la prolifération des mauvaises herbes et la verse du soja. Le soja ne doit recevoir aucune fumure azotée. Par contre un apport de compost de déchets verts (qui est très pauvre en azote), ou des apports modérés de fumier ou de compost de fumier ne posent aucun problème. Ces engrais stimulent l’activité biologique du sol et contribuent à l’entretien du taux d’humus du sol.

Travail du sol

Le soja se prête très bien à un semis sous litière (photo). Contrairement à des idées reçues, un labour classique (par exemple après un engrais vert) n’est pas indispensable. Toutefois, seulement dans le cas où l’on s’attend à avoir un stock grainier d’adventices très élevé dans le sol, il est avantageux de procéder à un labour superficiel avec une charrue déchaumeuse.

Faux-semis

Si vous en avez la possibilité, effectuez un ou deux faux-semis afin de réduire la quantité de graines de mauvaises herbes présentes par m2. Il faut commencer 2 à 3 semaines avant le semis et répéter l’opération tous les 7 à 10 jours.

Incidences sur le désherbage mécanique

Deux à trois sarclages performants suffisent habituellement pour maîtriser les adventices. Toutefois, si le soja est cultivé sur une parcelle non adéquate (voir ci-dessus) et si le travail du sol avant le semis n’est pas maîtrisé, le nombre de sarclages peut doubler ou tripler ! 

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Semis

Interligne

Un interligne de plus de 30 cm (idéalement 50 cm) permet de sarcler le soja et d’avoir ainsi un interligne propre jusqu’à la fermeture des rangs. Cela permet aussi de couper la capillarité du sol dans l’interligne et d’économiser l’eau du sol en printemps sec.

Ne semez pas le soja comme une céréale, à un interligne de 12 à 17 cm par exemple! Car vous ne pourrez passer que la herse-étrille ou la houe rotative, cela n’est en général pas du tout suffisant pour maîtriser les mauvaises herbes dans le soja, qui est une culture non concurrentielle face aux mauvaises herbes. En plus, le soja souffrira davantage du sec qu’en système sarclé.

Vous pouvez semer le soja à un interligne d’environ  30 ou 35 cm, si vous avez une sarcleuse qui permet de sarcler cet interligne. Il est déconseillé de semer le soja à un interligne de 75 cm (comme le maïs), car le soja n’arrivera pas à couvrir l’interligne avec son feuillage.

Densité de semis

Après la fin du désherbage, il devrait rester environ 55 plantes de soja par m2. Avec une faculté germinative de 80 %, il faudrait donc semer environ 70 graines par m2. Etant donné que des pertes de plantes par le désherbage mécanique sont possibles, voire voulues, il faut compenser ces pertes par une densité de semis encore un peu plus élevée. Chaque désherbage mécanique avec un réglage assez agressif de la machine peut provoquer une perte de plantes de 1 à 2 %. Cela nous conduit donc à des densités de semis situées entre 70 à 80 graines par m2.

Les semoirs monograines exacts actuellement disponibles dans les campagnes permettent rarement de semer à de telles densités. Demandez donc à temps à votre entrepreneur de travaux pour tiers d’équiper son semoir avec des disques de distribution de graines adéquats.

Dans le commerce, la plupart des variétés sont disponibles dans des emballages (ou doses) contenant 125 000 graines. Pour une densité de semis de 75 graines/m2, il faut donc semer 6 emballages par hectare.

Profondeur de semis

Si vous voulez passer la herse-étrille en prélevée, il faut garantir un semis à une profondeur très régulière de 4 à 5 cm. Trois jours après le semis, il est possible de passer la herse-étrille avec très peu de pression sur les dents et à une vitesse lente. Les germes de soja doivent être à 3 cm sous la terre. Contrôlez régulièrement que le soja en germination ne soit pas dérangé. Essayez d’abord sur une petite surface pour vous faire une impression du résultat.

Date de semis

A fin avril et début mai, il peut y avoir des gels tardifs et des périodes froides et humides prolongées. La température du sol devrait atteindre ou dépasser 10 °C lors du semis du soja. Ainsi, votre soja démarrera rapidement et sera beaucoup plus concurrentiel face aux mauvaises herbes. Dans les situations usuelles, il est recommandé de semer le soja dès le 10 mai. Sur les parcelles orientées vers le Sud et avec un climat doux (par exemple à proximité de lacs), il est également envisageable de semer entre le 1er et le 10 mai. Ne semez pas après le 20 mai. Ces semis tardifs retardent la maturité en automne et causent des frais élevés de séchage. Dès début octobre, la durée d’ensoleillement journalier diminue notablement et les jours avec les brouillards automnaux sont de plus en plus fréquents.

Il ne faut pas semer le soja avant une forte pluie annoncée ou si la météo annonce une période prolongée de pluie. En effet, avec de telles conditions, le sol risque de croûter, les mauvaises herbes pendront le dessus et le soja lèvera irrégulièrement, ce qui rendra très difficile le désherbage mécanique.

Un essai avec différentes dates de semis en Allemagne a montré que ce ne sont pas forcément les semis précoces qui donnent les meilleurs rendements (voir le graphique).

Vidéo Semis de soja bio (en allemand; site internet du Deutscher Soja Förderring)

Inoculation

Avant les semis, les semences de soja doivent obligatoirement être inoculées avec des produits à base de Bradyrhizobium spécialement pour le Soja. Les autres produits, comme ceux utilisés par exemple pour le lupin, sont inefficaces.

L’inoculation est indispensable dans nos conditions, sans inoculation il peut y avoir des pertes massives de rendement. Certains lots de semences sont pré-inoculés. Il est toutefois conseillé de ré-inoculer la semence juste avant le semis. En effet, des essais ont montré que l'efficacité d'une pré-inoculation est très insuffisante.

Dans différents essais du FiBL, les produits „Biodoz“ et „HiStick“ (que l’on peut acheter auprès des fournisseurs de semence) ont donné les meilleurs résultats. Il est recommandé de ne pas acheter d’autres produits que ces deux-là.

Juste avant le semis, les semences sont mélangées avec la poudre noire (les bactéries sont dans de la tourbe) et avec un peu d’eau (sans chlore) ou un peu de bière (sans alcool). Attention de ne pas casser ou écraser les grains de soja. Des grains de soja abîmés ont une faculté germinative plus faible.

Il ne faut pas inoculer plus de 24 heures avant le semis. Moins il se passe de temps entre l’inoculation et le semis, mieux c’est. Les bactéries ne supportent ni le chaud ni la lumière ; la semence inoculée et les sachets d’inoculats doivent donc être stockés à l’obscurité et à moins de 25 °C. Une fois ouverts, les sachets doivent être utilisés car les bactéries ne se conservent pas longtemps. Ne pas lésiner sur la quantité d’inoculats à utiliser. Vingt minutes après l’inoculation, rebrasser les semences, pour éviter que les grains de soja collent les uns aux autres.

Lors du semis par un entrepreneur de travaux pour tiers, s’assurer que le semoir est libre de résidus de produits de traitement de semences.

L’inoculation du sol lors du semis avec un microgranulateur (habituellement utilisé pour l’épandage d’antilimaces en production PER) est parfois pratiquée : des microgranulés inertes sont mélangés avec les bactéries radicicoles. Ce type d’inoculation est probablement moins sûr, et la quantité d’inoculat à utiliser doit être plus élevée. Exigez que le microgranulateur soit nettoyé à fond avant son utilisation.
L’inoculation à la surface du champ avec un pulvérisateur (qui est parfois envisagée si l’inoculation classique a été oubliée) est absolument inefficace.

Régulation des adventices

Soja bio: régulation des adventices (sur ce site internet)

Protection des plantes

Vanesse

Contrôle des chenilles de vanesse dans le soja (sur ce site internet)

Sclérotinia

En conditions humides, le soja est une plante qui peut être atteinte par la sclérotiniose, mais les dégâts sont rarement importants. D’autres plantes-hôtes souffrent bien plus de cette maladie, en particulier le tournesol et le colza. Lors de la planification de vos rotations culturales, veillez à éviter un retour trop fréquent des plantes sensibles à la sclérotiniose. Il ne faudrait pas semer de soja bio après une culture de tournesol qui a été fortement atteinte de sclérotiniose (voir photo).

Limaces

Contrairement aux attentes, les dégâts de limaces n’ont pas été très répandus même en 2016, qui a été une année humide. Pour le label bourgeon de Bio Suisse, il n'est pas autorisé de recourir au Sluxx dans le soja. Les résultats de l’enquête du FiBL de 2016 auprès des producteurs ne permettent pas de penser que cet antilimace serait vraiment nécessaire. Il se pourrait également que dans certains cas, les limaces sont tenues responsables pour des dégâts qui sont en fait occasionnés par les lièvres. Observez attentivement si vous avez aussi des lièvres dans vos cultures de soja.

 

Dernière actualisation de cette page: 24.04.2019

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