Soja bio: rapports des essais Les pois protéagineux d’hiver: sont-ils suffisamment résistants au froid? 

La culture du lupin en bio

Les lupins font partie des légumineuses à graines qui sont capables de former des graines riches en protéines sans recevoir de fumure azotée et d’être en plus un bon précédent pour les céréales par exemple. Leur teneur en protéines est la deuxième plus élevée parmi les légumineuses à graines après le soja (lupins bleus 30 %, lupins blancs 35 à 40 %). Les lupins ont de grandes feuilles et ils offrent aux bourdons et aux abeilles de la nourriture au début juin. à une saison où il n’y a pas grand-chose d’autre en fleur dans les champs.

Tolérant au froid et polyvalent

Les lupins sont aussi parfois appelés «soja du nord», car ils ont besoin de moins de chaleur que le soja. Ils peuvent déjà être semés en mars et ils supportent des gels de jusqu’à moins cinq degrés. Les lupins contiennent naturellement des alcaloïdes amers, mais la sélection effectuée au XXème siècle a produit des variétés qui contiennent très ou presque pas du tout d’alcaloïdes. Elles sont appelées «lupins doux» et peuvent être utilisées aussi bien dans l’alimentation animale (tourteau) que dans l’alimentation humaine. Ils contiennent tous les acides aminés essentiels et sont donc de plus en plus appréciés par les véganes sous forme de tartinades corsées, pour remplacer les œufs dans la pâtisserie (farine), pour remplacer la viande dans la «bolognese» (tourteau) et dans d’autres produits (usiné, extrudé), comme sauce épicée fermentée – et même, torréfié et moulu, comme ersatz de café dans caféine possédant un arôme très semblable à celui du café. Et on crée sans cesse – surtout en Allemagne et en Autriche – de nouveaux produits à base de lupin.

Les différentes sortes de lupins

Il y a différentes sortes de lupins cultivés. Il s’agit de plusieurs espèces qui sont très différentes les unes des autres et qui ne peuvent pas être croisées entre elles. Les lupins d’ornement, qui sont pluriannuels et amers, n’en font pas partie!

Lupin (bleu) à folioles étroites, souvent en culture associée

Actuellement ce sont les lupins à folioles étroites qui sont les plus cultivés. On les appelle aussi «lupins bleus» bien qu’on ait actuellement dans cette espèce davantage de variétés à fleurs blanches que bleues. Les lupins à folioles étroites se plaisent aussi dans les sols pauvres, sableux et acides, et ils supportent bien la sécheresse estivale. Ses feuilles, ou plutôt folioles, qui sont étroites, lui confèrent par contre une faible capacité d’étouffement des mauvaises herbes. Les parcelles où la pression des mauvaises herbes est forte peuvent donc poser des problèmes d’invasions tardives puisque les feuilles des lupins tombent en juillet pendant la maturation des graines et que le sol peut alors recevoir beaucoup de lumière. Ces dernières années, les essais du FiBL et de la GZPK (Sélection céréalière Peter Kunz) n’ont en général produit en cultures pures qu’une vingtaine de décitonnes à l’hectare. La culture en association avec une céréale et/ou de la caméline peut amoindrir ce problème, mais il faut préalablement clarifier qui peut prendre en charge ces mélanges (les moulins fourragers bio sont équipés pour séparer ces graines les unes des autres, mais il vaut mieux prendre la précaution d’assurer la prise en charge avant de semer les cultures!). C’est l’avoine qui étouffe le mieux la mauvaise herbe, mais elle concurrence aussi le lupin. L’avoine ne doit donc pas représenter plus de dix à vingt pourcents du mélange sinon cette concurrence devient trop forte. Le blé et le triticale (vingt pourcents) laisse plus de place aux lupins, mais aussi à la mauvaise herbe. Dans les essais effectués par le FiBL de 2015 à 2017, la culture du lupin en association avec de l’avoine a fourni en moyenne trente décitonnes à l’hectare avec dix décitonnes de lupin. Les mélanges avec du triticale ont donné en moyenne des rendements de vingt-cinq décitonnes à l’hectare avec environ dix-sept décitonnes de lupin. Par rapport aux cultures pures, les associations avec du triticale ont donné de meilleures marges brutes. Il est important de récolter au bon moment afin d’éviter l’éclatement des gousses car cela peut provoquer des pertes de récoltes importantes. Le grand avantage du lupin à folioles étroites est sa tolérance à l’égard de l’anthracnose, une maladie fongique qui rend la culture du lupin blanc actuellement quasiment impossible.

Le lupin blanc

Avec son port vigoureux, ses feuilles larges et ses puissantes racines pivotantes, le lupin blanc serait en principe mieux adapté sur la plupart des sols suisses. Il possède une période de végétation plus longue (récolte entre la deuxième moitié du mois d’août et le début du mois de septembre) et un meilleur potentiel de rendement et la plupart des variétés ont des teneurs en alcaloïdes encore plus faibles que les lupins à folioles étroites. Le lupin blanc est malheureusement très sensible à l’anthracnose, qui se transmet par les semences et peut se propager dans les champs quand le temps est chaud et humide. Cette maladie provoque des déformations des tiges, qui présentent des courbures en forme de crosse, et des gousses, qui noircissent et deviennent inutilisables. Avec pour conséquence de très fortes baisses de rendements.

Nouvelles variétés

De nouvelles variétés devant avoir une meilleure résistance ou au moins tolérance ont été sélectionnées ces dernières années. La variété allemande Frieda a été testée en 2019 à deux places en Suisse par le FiBL et la GZPK avec de bons résultats. Les premiers essais pratiques de cette variété se déroulent en 2020. La multiplication des semences est encore en cours de développement. La variété française Sulimo n’a pas de résistances avérées, mais elle a fourni dans les essais de 2017 à 2019 de meilleurs rendements que les variétés actuelles. Sa multiplication est aussi encore en cours de développement. Si ces expériences positives se répètent en 2020, les agriculteurs intéressés pourront probablement faire des essais de culture à partir de 2021. Pour le lupin blanc, les essais d’associations de cultures effectués par le FiBL et la GZPK n’ont jusqu’ici pas montré d’avantages et les variétés continuent donc d’être testées en cultures pures.

Projets

Le FiBL a commencé en 2014 un projet de sélection du lupin blanc sur la tolérance à l’anthracnose, et il continue aussi de tester différentes variétés de lupin blanc, de 2015 à 2018 avec différents partenaires de mélange, depuis 2019 en culture pure. Pour le lupin à folioles étroites, différentes variétés et partenaires de mélange ont été testées par le FiBL de 2015 à 2017 en petites parcelles sur le domaine de Daniel Böhler à Mellikon AG. D’autres essais de lupin à folioles étroites sont effectués en petites parcelles à Feldbach ZH sur les terres de la GZPK et, dans la pratique, chez des agriculteurs romands suivis par Marina Wendling, du FiBL Lausanne.

Christine Arncken, FiBL

Pour en savoir plus

Lupin: Nouvelles variétés prometteuses - magazine Bioactualités 1|2020 (205.4 KB)

Prix du lupin (Prix des céréales fourragères, rubrique Marché)

Fiche technique Lupin bio dans le classeur Fiches techniques bio d’AGRIDEA Lausanne (Commande du classeur via la boutique d'AGRIDEA Lausanne): Boutique d'AGRIDEA Lausanne

Cultures associées  (sur ce site internet)

Le lupin a le vent en poupe (157.4 KB) (Magazine Bioactualités 9|2012)

 

Dernière actualisation de cette page: 30.03.2020

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