Maîtriser la pyrale du maïs 

Comment protéger le maïs bio contre les corneilles ?

Il est recommandé de recourir à une combinaison de mesures préventives et répulsives. Parmi ces dernières, la pose de ballons gonflés à l’hélium représente un des moyens d’effarouchement recommandés. Le succès dans la lutte contre les corneilles réside dans l’alternance des mesures.

La pression des corneilles est particulièrement élevée dans les champs de maïs bio car les semences bio ne sont pas enrobées avec des substances chimiques répulsives telles que le Mesurol. Les dégâts sont principalement causés par des groupes de jeunes corneilles n’ayant pas encore atteint l’âge de se reproduire, ou de corneilles qui n’ont pas trouvé de partenaire sexuel ou de lieu de nidification adéquat. Très mobiles, ces bandes de corneilles d’une dizaine à une centaine d’individus se tiennent en terrain découvert, surtout dans les régions d’agriculture intensive où elles peuvent faire d’énormes dégâts en peu de temps.

Couples nicheurs

S’il y a un couple nicheur dans les environs de la parcelle de maïs, cette dernière est protégée de manière efficace. Les couples nicheurs occupent un territoire d’environ 10 hectares, qu’ils protègent contre l’invasion des bandes de corneilles célibataires. Les couples nicheurs apprécient les paysages structurés et diversifiés (haies, arbres solitaires) qui leur offrent des possibilités de nidification et d’alimentation. Pendant l’élevage des jeunes, le régime alimentaire des couples nicheurs est essentiellement carnivore (insectes, vers, limaces, petits mammifères). Il y a donc peu de dégâts aux cultures sur leur territoire. Par l’implantation de structures paysagères là où elles font défaut, on favorise entre autres les couples nicheurs. Mais beaucoup de champs de maïs sont situées en-dehors des territoires de couples nicheurs ou sont sujets à une pression trop élevée de corneilles. D’où l’intérêt de combiner les mesures préventives et répulsives pour atténuer le risque de grands dégâts.

Semis du maïs

Lors de la mise en place du maïs, une pause de quelques jours entre le travail du sol et le semis du maïs ainsi qu’un enfouissement propre des engrais de ferme réduit l’attractivité du champ pour les corneilles. Celles-ci sont attirées par les vers et insectes qui apparaissent lors du travail du sol ou de l’épandage des engrais de ferme. En général, les corneilles se déplacent après quelques jours à la recherche d’une autre source de nourriture. Un semis tardif dans un sol réchauffé favorise une levée rapide. Cela diminue la période durant laquelle la culture est sensible aux dégâts de corneilles. Un semis profond est recommandé (4 à 5 cm en sol lourd ; jusqu’à 8 cm en sol léger). Il est suivi d’un roulage qui referme bien et cache le sillon de semis.

Méthodes d’effarouchement

Il faut alterner et combiner les méthodes d’effarouchement, car les corneilles s’habituent rapidement aux différentes mesures mises en place. L’installation de de 2 à 8 cercles de plumes par parcelle simule une attaque d’oiseaux prédateurs tels que les autours. Les plumes de corneille peuvent être commandées auprès du garde-chasse et sont plantées en forme de cercle dans le sol. Cette méthode a été testée par la Haute école des sciences agronomiques de Zollikofen, qui lui a reconnu une efficacité partielle.

Il existe des appareils acoustiques émettant des détonations ou des cris effrayants. Ceux-ci sont disponibles dans le commerce et peuvent facilement être installés. Suivant les différents cris qui sont diffusés, leur effet est de plus ou moins longue durée.

Les ballons gonflés à l’hélium sont considérés comme un autre moyen d’effarouchement possible (voir encadré). La difficulté de cette technique consiste à trouver des ballons robustes, adaptés à voler à l’extérieur pour une longue durée. Le FiBL poursuit ses essais avec différents types de ballons ainsi qu’avec des enrobages de semences à base de substances naturelles. Concernant les enrobages, il n’y a pas encore de recette utilisable par la pratique. Les essais continuent en 2012.

Ballons gonflés à l’hélium
Les ballons à feuille d’aluminium sont préférables aux ballons en latex car ils ne deviennent pas cassants sous l’effet du soleil et ils sont plus faciles à regonfler. Mais ils risquent d’éclater par forte chaleur. Il faut fixer 3 à 4 ballons par ha au bout d’un fil de pêche ou d’un fil en nylon (résistance > 5 kg) de 15 à 20 m de longueur. En changeant l’emplacement des ballons tous les 3 à 4 jours, on peut augmenter l’efficacité de la méthode. Au bout de 3 à 5 jours les ballons doivent être regonflés. Afin que les corneilles ne s’habituent pas trop rapidement aux ballons, ceux-ci ne doivent être installés qu’en cas de risques de dégâts. Un ballon à feuille d’alu de 75 cm de diamètre coûte Fr. 5.- et possède un volume d’environ 0.15 m3. Une bouteille d’hélium contient 2 m3 d’hélium comprimé. Le coût de l’achat et de 2 gonflages de ballons varie donc entre 170.- et 210.-/ha suivant le fournisseur d’hélium et de ballons.

Pour en savoir plus:

Commandes de ballons et de pistons:
Ballon-Müller,
tél. 021 633 50 50 ou 022 342 07 07 
www.mcparty.ch

Achat d’hélium:
Ballon Müller
ou
Pangas
tél. 0844 800 300
www.pangas.ch
ou
Carbagas
tél. 021 621 11 11
www.carbagas.ch

Techniques de production:
Fiche technique maïs (731.3 KB)  (AGRIDEA Lausanne)
Fiche technique corneilles (256.8 KB) (AGRIDEA Lausanne)

 

Dernière actualisation de cette page: 18.07.2012

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