Lupin bleu, des adventices sous contrôle et une récolte prometteuse

Les techniques culturales du lupin en conditions bio sont mieux maitrisées et les agriculteurs ont pu montré leur savoir-faire. Compte-rendu de l'état des cultures avant récolte.

(18.07.2019) 

Le contrôle des adventices est une étape clé pour la réussite du lupin. En effet, le lupin bleu supporte mal la concurrence des adventices en raison d’un développement initial lent et de ses feuilles étroites. En agriculture biologique, il est donc préférable de privilégier la culture associée qui permet un bon contrôle des indésirables tout en réduisant les risques de verse par rapport à la culture pure.

Généralement, il est recommandé d’associer le lupin avec une céréale, le plus souvent avec l’avoine. Cette dernière est connue pour sa capacité à contrôler les adventices mais peut aussi se révéler très concurrentielle et limiter le développement du lupin. Une culture associée avec 20% d’avoine et 90% de lupin semble être le bon compromis pour un contrôle efficaces et une concurrence envers le lupin limitée, à condition de partir sur une parcelle propre. A Croix de Rozon, une association de lupin (90%) et d’avoine (10%), semée avec un interrang de 30 cm en rang alternés, s’est montrée particulièrement efficace pour contrôler les chénopodes. Cette association a même démontré de meilleurs résultats que dans du lupin associé à d’autres espèces avec plusieurs sarclages.

D’autres associations sont possibles dans des parcelles ayant une pression d’adventices limitée. Lors de la visite de culture du 9 juillet, les participants ont pu voir à Savigny, une association de lupin et lentille avec de la cameline semée à la volée. Ce mélange présente une architecture très intéressante puisque les trois espèces occupent différentes strates. Avec une proportion importante de lentille qui couvre efficacement le sol, la parcelle est restée propre tout au long de la culture. Dans un contexte où les conditions de croissances peuvent être très variables d’une année à l’autre, ce mélange à trois espèces présente également l’intérêt d’être une sorte d’assurance de récolte puisqu’il y aura toujours une espèce qui se développera correctement. Outre la lentille, le lin semble également présenter un intérêt pour une association avec le lupin. En effet, un premier essai a mis en évidence le potentiel du lin pour concurrencer les adventices. Ces premières observations nécessitent toutefois d’être confirmées par des essais supplémentaires ces prochaines années.

Une association de deux variétés de lupin (une ramifiée et une non-ramifiée) a également été testée pour la première fois cette année. L’objectif de cette association était de combiner les avantages tout en réduisant les points négatifs des deux variétés. Une variété ramifiée comme Boregine présente l’intérêt d’une meilleure couverture de sol à l’installation et donc un meilleur contrôle des adventices. Ces variétés sont également plus productives mais ont un fort risque de verse. En l’associant avec une variété non-ramifiée de type Boruta, ce risque diminue. Dans cet essai les agriculteurs ont fait le choix d’un semis à la volée de cameline pour réduire encore ce risque. Malgré de forts orages, la culture n’a pas versée jusqu’à présent et la pression des adventices est restée contenue.

Dans certaines régions, les fortes précipitations couplées à des épisodes de grêle ont considérablement réduit le potentiel de rendement de la culture. Cependant, la récolte s’annonce globalement prometteuse cette année.


Pour savoir plus

Culture du lupin (rubrique Légumineuses à graines)

Marina Wendling, FIBL

 

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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