Grandes cultures bio, marché actuel et recommandations techniques

L’offre en grandes cultures bio à battre croît momentanément plus vite que la demande. Outre la poursuite des productions actuelles jusqu’à couverture des besoins, il vaut la peine de s’intéresser à de nouvelles cultures tout en participant aux efforts visant à accroitre les débouchés.

(29.01.2018) 

Pour l’avoine fourragère, le triticale, l’orge et le pois protéagineux, la demande continue de croître, mais le taux d’auto-approvisionnement est très élevé. Pour le colza, le tournesol et le soja alimentaire bio, la grande distribution s’approvisionne encore fortement à l’étranger, et la substitution par des graines produites en Suisse ne progresse que lentement.
Potentiels de développement
Les producteurs désireux d’augmenter leurs surfaces en grandes cultures doivent s’intéresser aux cultures pour lesquelles il y a encore de la place sur le marché : le maïs-grain, le blé, la féverole, le lupin, le soja fourrager, la betterave à sucre et certaines cultures maraîchères de plein champ. Dans les cultures de niche, il peut y avoir encore du potentiel: les céréales anciennes, le blé et l’avoine pour la production de flocons, le lin, le tournesol pour les graines décortiquées, l’avoine alimentaire, la moutarde, le millet, le quinoa, la lentille, le pois chiche, l’orge de brasserie, etc. Les producteurs en reconversion doivent se concentrer sur les cultures destinées à l’affouragement, à moins qu’ils ne vendent en direct. Un fort développement des productions destinées à l’alimentation humaine est souhaité en terme de plus-value et doit être encouragé. Par ailleurs, il faut tenir compte du fait que certains prix à la production bio risquent de subir des diminutions.
Blé et maïs-grain
Il y a encore du potentiel pour développer la production de blé panifiable bio en Suisse si on est dans des conditions permettant d’obtenir les teneurs en protéine exigées par les acheteurs. Concernant l’augmentation possible des surfaces de blé fourrager et de maïs-grain, il faut la faire sans atteindre aux règles d’une rotation équilibrée. Pour le blé fourrager (d’automne), éviter les variétés très productives et ayant des résistances insuffisantes aux maladies, comme Bockris. En été 2018, suivre de près les recommandations variétales qui seront publiées. Pour le maïs-grain, ne pas viser les rendements maximaux, mais une technique culturale n’abîmant pas le sol, avec des variétés plutôt précoces à semer tardivement.
Féverole
Les variétés de féverole actuellement disponibles sur le marché ont des limites, en particulier leur sensibilité à la verse et à la casse, aux gels tardifs du printemps et aux fortes chaleurs de l’été, avec comme effet négatif des maturités parfois irrégulières. Dans ce contexte, les associations de féverole (80 %) et de triticale ou d’avoine (40 %) sont des valeurs sûres : elles contribuent à maintenir le sol propre, à limiter la croissance en hauteur de la féverole et à garantir un rendement global. Enfin la féverole laisse beaucoup d’azote dans le sol pour la culture suivante, cela compte aussi.
Le lupin
Nos résultats d’essais de 2013 à 2017 donnent de bons résultats avec l’association de lupin bleu (80 %) et de triticale ou d’avoine (40 %) ; le rendement atteint 20 dt/ha de lupin et 20 dt/ha de céréale associée. Certains acheteurs sont prêts à remplacer le lupin bio importé par de la production suisse pour les aliments concentrés destinés essentiellement à la volaille. Les producteurs intéressés sont invités à se mettre immédiatement en contact avec leurs acheteurs potentiels. Afin de soutenir correctement le lancement de cette production jusqu’alors négligée, le FiBL offre pour la campagne 2018 un soutien technique individuel aux producteurs intéressés. Différentes situations peuvent se poser (types de sol, pH, calcaire actif …), pour lesquelles des mesures ciblées seront prises d’un commun accord avec les producteurs. Lors des prochains cours grandes cultures bio du FiBL (voir plus bas), toutes les informations techniques et logistiques nécessaires seront données.
Soja fourrager
Il y a un marché pour cette production, mais son prix atteint environ 50 % de celui du soja alimentaire, fixé à 223.50 Fr/dt. Cela peut être intéressant pour les producteurs souhaitant produire davantage que leur quota de soja alimentaire, ou pour les producteurs en reconversion. Cette culture doit être semée au semoir exact (habituellement, interligne de 50 cm) et sarclée comme du soja alimentaire. Il n’est pas du tout recommandé de semer ce soja au semoir à céréales ou en culture associée : nos essais ont montré que ces techniques ne sont pas mûres pour la pratique. Ce soja se produit habituellement avec les mêmes variétés que le soja alimentaire, ce qui facilite la logistique de prise en charge de la récolte

Inscription aux cours grandes cultures bio du FiBL
Cours du 30.012018 à Cernier NE ou 06.02.2018 à Grange-Verney VD : www.inscription.fibl.org  ou s’annoncer à Raphaël Charles, 021 619 44 77, raphael.charles(at)fibl.org 
Accompagnement technique de la culture du lupin
S’annoncer à Marina Wendling, 079 632 19 28, marina.wendling(at)fibl.org 
Fiches techniques agriculture bio d’AGRIDEA
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MCL

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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