Les couverts végétaux d’aujourd’hui ne sont plus les engrais verts d’hier Protection du sol et rotation des cultures 

Résultats de l'essai de longue durée de Mapraz (près de Genève)

Agriculture bio sans bétail: leçons de 12 ans d'observations (2000 - 2011)

Les principales questions des agriculteurs concernant les grandes cultures biologiques sans bétail sont la lutte contre les mauvaises herbes, la fumure, le niveau des rendements et le travail.

Après 12 ans d’essai de grandes cultures bio sans bétail sur la ferme pilote de Mapraz, nous pouvons tirer différents enseignements. A Mapraz, nous essayons de maintenir la fertilité du sol par la seule rotation des cultures, sans aucun apport extérieur de fumure.

Rendements
Le rendement moyen de tous les blés depuis 2006 est de 38.7 dt/ha, soit seulement 8 % en-dessous de la moyenne bio (qui est une référence de fermes avec bétail ou avec apports extérieurs de fumure). Les rendements de la féverole (31.7 dt/ha) et de l'avoine (45.9 dt/ha) correspondent aux moyennes bio. Seuls les pois protéagineux cultivés en pur durant 4 ans ont donné des rendements faibles (25 % du rendement de référence bio), raison pour laquelle nous avons par la suite remplacé le pois pur par la culture associée pois-orge, qui fonctionne très bien à Mapraz et qui permet une bonne maîtrise des adventices.

Taux d'humus
Le taux d’humus d’une exploitation sans bétail dans les sols lourds peut être maintenu à condition d’incorporer toutes les pailles.

Prairie temporaire
La praire temporaire est un élément central pour les fermes sans bétail. La durée de cette prairie est décisive pour la maîtrise des chardons. L’allongement de la durée de la prairie temporaire à deux ans au lieu d’une année permet :

  • de réduire les chardons;
  • d’avoir un effet azote intéressant sans intégrer trop de légumineuses à graines dans la rotation, ce qui limite le risque de fatigue des légumineuses;
  • d'améliorer nettement le bilan humique.

Sur des fermes sans bétail, la proportion de légumineuses dans une prairie temporaire est primordiale pour approvisionner en azote les cultures qui suivront la prairie. Idéalement, il faudrait en avoir 60 à 80%. Mais la mise en valeur d'un tel fourrage peut être plus difficile que celle d'un fourrage ayant 30 à 50 % de légumineuses.  

Sur une ferme bio sans bétail, le fourrage d'une prairie temporaire doit être récolté et vendu et non pas broyé (sauf la dernière coupe avant la rompue). C'est de cette manière qu'on obtient la meilleure efficacité de la fixation de l'azote de l'air par les bactéries radicicoles. Mais plus il y a de prairies temporaires  dans la rotation, plus on est dépendant des possibilités de commercialisation (pas toujours faciles) et du prix des fourrages grossiers bio.

Les semis de prairie temporaire doivent être soignés, même si on ne vend que peu de fourrage. Le risque «limaces» à la levée de la prairie ne doit pas être sous-estimé, particulièrement en sols lourds.

Vulpin des champs
Le vulpin des champs peut être maîtrisé par la pratique régulière du faux semis.

Rendements
De 2006 à 2011, les rendements sans aucune fumure et en sol lourd, ont été :

  • inférieurs de seulement 8% aux références bio pour le blé!
  • inférieurs de 16% pour les prairies temporaires (limaces à la levée, dernières coupes pas toujours récoltées);
  • comparables aux références bio pour la féverole et l’avoine.

Pour en savoir davantage

Article dans le journal bio actualités 09/2012  (161.5 KB)
Rapport d'essais de 2000 à 2005 (1.0 MB)
Rapport d'essais de 2006 à 2011 (1.4 MB)

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Dernière actualisation de cette page: 06.03.2013

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