Utilisation de digestats de biogaz: le pour et le contre

(07.01.2014) 

En agriculture bio, la nutrition des plantes a en principe lieu via le sol et non pas via "les feuilles". Voilà pourquoi les directives bio mettent au premier le plan le fait que "la fumure doit favoriser la vie du sol". Mais la fumure foliaire est bien plus rapide et laisse espérer des rendements plus élevés. Certaines exploitations bio avec une production intensive de légumes en plein champ et avec des grandes cultures sur des sites de production très favorables sont intéressées à une telle stratégie.

De telles exploitations utilisent, outre des engrais organiques du commerce, de plus en plus de digestats de biogaz. Durant les cinq dernières années, de grandes installations productrices de biogaz ont été construites en Suisse. Ces installations ne sont plus aussi éloignées des exploitations agricoles qu'auparavant. De nombreux paysans bio se demandent s'ils doivent collaborer avec ces installations. Au lieu de composter ses propres engrais de ferme, ce qui représente un travail fastidieux, n'est-il pas plus simple de les livrer à une installation de biogaz, puis de reprendre les digestats? Là-bas, ces engrais de ferme subissent une fermentation anaérobie et fournissent du méthane, qui est une source d'énergie appréciée. Le digestat de biogaz a une teneur en azote plus élevée et agit plus rapidement. A première vue, il n'y a que des avantages.

Mais les installations de biogaz collent-elles bien avec l'image d'une agriculture bio moderne, ou faut-il les rejeter?

Nos pionniers n'ont pas eu à se préoccuper de telles questions. Lors de la naissance de l'agriculture biologique, la production d'énergie n'était pas un thème de discussion. Avec la politique énergétique actuelle, l'agriculture bio se trouve dans un dilemme, car en principe il faudrait favoriser le compostage plutôt que la méthanisation des engrais de ferme. Etant donné que de plus en plus de paysans bio collaborent avec une installation de méthanisation et sont intéressés à reprendre des digestats, Bio Suisse a du s'occuper de ce thème et définir des règles. Ces dernières sont relativement compliquées. La reprise de digestats a été limitée à 50 % des besoins en N et P selon le Suisse Bilanz.

On peut partir de l'idée que la discussion sur l'utilisation des digestats de biogaz dans l'agriculture bio va se poursuivre de manière intensive ces prochaines années.

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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