«…Mais le fournisseur de semences a dit…»

(19.07.2014) 

«… qu’il n’y avait plus de blé Claro bio! Il ne me reste donc plus qu’à prendre du blé Claro non bio». Que faire en cas de pénurie de semences bio? Rappel du fonctionnement du système et informations permettant de prendre les bonnes décisions.

Une pénurie de semences bio n’est pas plus facile à gérer pour l’agriculteur bio que pour le fournisseur de semences, surtout si on est dans l’urgence. Quand l’agriculteur est en train de semer et qu’il lui manque un sac pour finir le champ avant la pluie, le fournisseur n’a pas le temps de faire venir le seul sac de semences bio qui reste encore dans un dépôt à Frauenfeld ou Winterthur.  Concernant l’agriculteur, il lui revient de passer sa commande suffisamment à l’avance, de prévoir un peu de réserve et de bien régler son semoir pour éviter les surprises. Concernant le fournisseur, s’il n’a plus la semence bio désirée, il se la procure le cas échéant chez un concurrent qui en a encore à l’autre bout du pays.

Banque de données

Mais pourquoi toutes ces complications ? Pour répondre à l’obligation du recours aux semences bio fixée par la législation. En conséquence, les établissements multiplicateurs produisent des semences sur des fermes bio. Il faut qu’ils puissent les vendre s’ils veulent continuer de développer leur assortiment bio, sachant que ce dernier est pour l’instant moins varié que l’assortiment non bio, mais en constante amélioration. Pour que cela fonctionne, les fournisseurs tiennent à jour leur disponibilité en semences bio sur la banque de données www.organicxseeds.ch . Tout acheteur potentiel peut gratuitement vérifier par lui-même sur ce site internet si de la semence bio de blé Claro est encore disponible et chez quel fournisseur. S’il n’y en a plus, il choisit de la semence bio d’une autre variété de blé panifiable. Si le stock de semences de toutes les variétés de blé bio serait épuisé, il demande au Service des semences bio du FiBL une autorisation pour l’achat de semence non traitée de blé non bio. La semence non bio étant moins chère, une taxe d’équivalence est facturée à l’acheteur, qui servira à la promotion de la production de semences bio.

Les producteurs n’aimant pas travailler avec internet peuvent s’adresser au Service des semences bio du FiBL, à un voisin ou à leur fournisseur de semences, qui vérifiera à leur place quelle est la disponibilité actuelle en semences bio sur le site internet. Mais ils sont seuls responsables de la décision qu’ils prendront et non pas leur fournisseur de semences par exemple. Par contre, leur fournisseur de semences peut parfaitement demander à leur place une autorisation exceptionnelle pour leur rendre service et la leur fournir avec la semence conventionnelle non bio qu’ils leur livreront. Ces autorisations sont nominatives.

La réglementation

Le matériel de reproduction (= semences, plants et jeunes plantes) est classé en trois niveaux. Pour les espèces et sous-groupes classés au niveau 1 (bio = obligatoire), seul du matériel de multiplication bio peut être utilisé. Au niveau 2 (Bio = la règle), il en va de même, mais avec un peu plus de souplesse : des exceptions sont possibles dans certains cas. Pour les espèces et sous-groupes du niveau 3 (Bio = souhait), il n’y a pas ou que très peu de production de semences bio, les producteurs bio peuvent acheter de la semence non bio sans demander d’autorisation.

Mélanges de semences

Les mélanges pour prairies temporaires contiennent au moins 50 % de semences bio pour les mélanges des séries 100, 200 et 300 (selon la nomenclature de l’ADCF), respectivement 30 % pour les mélanges de la série 400. L’agriculteur bio qui compose soi-même ses mélanges (par exemple pour ses engrais verts) doit acheter tous les composants en bio, à moins qu’un composant soit classé au niveau 3. Pour toute particularité souhaitée, il s’adresse au Service des semences bio du FiBL.

Semences certifiées et variétés hybrides

En bio il n’y a pas d’obligation fixée par les acheteurs de semer des semences certifiées. Les producteurs bio ne recourent pas aux variétés hybrides sauf pour la culture du maïs.

Pour en savoir davantage

Service des semences du FiBL
tél. 062 865 72 08
semences-bio(at)fibl.org
Semences bio (rubrique Cultures)

Maurice Clerc, FiBL

----------------------------------------

Sélection végétale, on va où?

Il est plus que jamais nécessaire de développer des variétés bien adaptées aux conditions locales (par analogie avec ce que certains agriculteurs font pour la sélection des vaches laitières). Ces variétés sont intéressantes autant pour les producteurs bio que pour les autres producteurs. Pour cela, Agroscope, d’autres sélectionneurs et les agriculteurs eux-mêmes effectuent des travaux remarquables. A Agroscope, citons par exemple la sélection de graminées fourragères à très haute digestibilité. Grâce à elles, les vaches suisses ont besoin de nettement moins de fourrages concentrés que les vaches allemandes qui ne bénéficient pas de ces sélections variétales.  Le sélectionneur privé zurichois Peter Kunz développe entre autre des blés à paille assez haute, particulièrement appréciés dans des conditions plutôt extensives (fermes bio sans bétail) et commercialisés par la maison sativa. Les milieux bio de Suisse ont établi une liste prioritaire de plantes pour lesquelles une sélection « alternative » est urgente, à savoir le colza, les légumineuses à graines, la pomme de terre, le broccoli, le chou-fleur, les abricots, les pommes et les cerises. Dans la sélection végétale, les critères suivants devraient gagner en importance : résistance aux maladies, développement juvénile vigoureux, tolérance aux adventices, plantes peu gourmandes en azote, résistance aux variations climatiques et donc stabilité du rendement plutôt que rendement maximal. MC

----------------------------------------

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

Publicité