Sous-semis dans les céréales

Actuellement, quelques champs de céréales sont relativement clairs et peu vigoureux. Cela peut être en lien avec un semis tardif ou une faculté germinative insuffisante de la semence. De tels peuplements doivent recevoir un apport de lisier aussi tôt que possible en mars. Un passage de herse-étrille est également recommandé. C'est aussi le moment de se demander si un sous-semis serait judicieux.

Autrefois, les agriculteurs installaient fréquemment des sous-semis dans les céréales. Ce sous-semis étaient habituellement constitués d'un mélange pour prairie temporaire. Ainsi, après la récolte de la céréale et l'évacuation de la paille, la prairie partait rapidement en croissance. En principe, c'est la méthode la moins coûteuse pour installer une prairie temporaire. Mais ces sous-semis ont pratiquement disparu avec l'intensification des cultures, dont l'objectif était l'obtention de rendements de céréales bien supérieurs à 40 décitonnes par hectare. 

Depuis quelque temps, l'intérêt pour cette technique culturale est à nouveau en augmentation. En effet, les semis de prairie temporaire en été souffrent de plus en plus souvent de périodes de sécheresse prolongées. Les jeunes semis d'été lèvent donc mal ou pas du tout. Par ailleurs, les agriculteurs bio qui ont une forte pression d'adventices (par exemple avec le gaillet gratteron et l'ortie royale) sèment de plus en plus fréquemment leurs céréales avec des interlignes de 24 cm par exemple, ce qui leur permet de sarcler leurs cultures. Dans un tel système, un sous-semis a du sens. Grâce à l'interligne assez large, les semences de prairie temporaire ont assez de lumière pour germer et se développer. Dans une céréale semée avec un interligne de 12 cm par exemple, et dont on attend un rendement d'environ 40 décitonnes par hectare, le sous-semis d'un mélange de prairie temporaire est aussi possible, mais plus risqué.

Toutefois, sur des sites très favorables à la production de céréales et en présence d'une disponibilité élevée en azote, un tel sous-semis n'a pas de sens, car il sera étouffé par la culture: en raison du manque de lumière, il va très mal germer et sa croissance sera très chétive.

Le plus simple est d'effectuer un sous-semis de prairie temporaire dans une orge ou un blé qui se trouve en fin de rotation, avec un mélange standard 330 par exemple. Mais le choix du mélange standard est bien sûr dépendant de l'utilisation qui sera faite de ce mélange. Les densités de semis correspondent aux préconisations habituelles. Etant donné qu'il n'est pas possible de rouler le sous-semis, il est conseillé de le semer avant une période de pluie annoncée. On recourt idéalement à un semoir pneumatique avec réglage électronique de la densité de semis.

Il est également possible de semer des légumineuses pures, par exemple du trèfle blanc, du trèfle violet ou du trèfle souterrain. Il ne faut pas s'attendre à ce qu'un sous-semis concurrence les mauvaises herbes dans un système avec interligne étroit. Il ne faut pas non plus s'attendre à ce que ce sous-semis apporte de l'azote à la céréale. Par contre, dans la culture qui suivra un sous-semis de légumineuse pure qui s'est bien développé ou une prairie temporaire, il y aura bien sûr une restitution d'azote.

 HD

Pour en savoir davantage

Semis de prairies temporaires: choisir les mélanges les mieux adaptés (Rubrique Herbages)

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