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Qu’est-ce que le nouveau coronavirus signifie pour la production animale?

Le nouveau coronavirus tient le monde en haleine depuis plusieurs semaines. Pour les vétérinaires, les coronavirus sont cependant de vieilles connaissances. Quel rôle jouent nos animaux de production, de compagnie ou de collection dans le déroulement de cette pandémie ?

Le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 (quand on parle de Covid-19, cela désigne de la maladie qu’il provoque) fait partie d’une famille de virus qui se caractérise par une surface en forme de couronne. Le mot SARS est quant à lui l’acronyme de l’anglais Severe Acute Respiratory Syndrome, l’expression complète SARS-CoV-2 signifiant alors en français «coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère». C’est parce que les coronavirus présentent une grande diversité génétique qu’il peut y avoir des transmissions entre espèces animales et entre animaux et humains. Les virus sont transmis par les sécrétions et les mucus des voies respiratoires ainsi que par les selles (fèces) et provoquent des maladies des voies respiratoires et intestinales. Vu que ce nouveau coronavirus est très semblable à des coronavirus qui affectent l’espèce de chauve-souris Rhinolophe intermédiaire (Java-Hufeisennase en allemand et Rhinolophus affinis en latin), on pense que des habitants de la province chinoise de Hubei ont pu s’infecter au contact de cette espèce de chauve-souris, puis le nouveau coronavirus s'est répandu dans le monde entier.

Les coronavirus chez les animaux

Les coronavirus animaux sont de vieilles connaissances pour les vétérinaires. Chez les veaux ils provoquent – de même que des rotavirus, des bactéries E. coli, des cryptosporidies et des coccidies – les fameuses et fréquentes «diarrhées des veaux». Chez les chiens et les chevaux ils provoquent des infections qui dépendent des espèces de virus et qui déclenchent des maladies intestinales avec des diarrhées qui ne sont en général graves que chez les chiots et les poulains.

Chez les chats, des coronavirus félins provoquent soit une diarrhée douce soit une péritonite infectieuse féline (PIF) dont l’issue est souvent mortelle. Chez les porcs, l’infection due aux coronavirus porcins peut être épizootique (diarrhée virale épizootique) et peut représenter pour les élevages touchés un sérieux problème économique dû aux pertes de porcelets et à leur mauvaise croissance. D’après l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) et l’Institut Friedrich-Löffler (FLI, institut fédéral allemand de recherche sur la santé animale), les coronavirus de nos animaux domestiques et agricoles ne recèlent cependant pas de risque connu pour l’homme et doivent clairement être différenciés du SARS-CoV-2.

Est-ce que le nouveau coronavirus peut rendre malades les animaux domestiques et agricoles?

Il est actuellement généralement admis que le nouveau coronavirus, le SARS-CoV-2, se transmet d’homme à homme. L’OSAV estime que le risque d'infection des animaux domestiques et agricoles par ce nouveau coronavirus est très faible et que ceux-ci ne jouent très vraisemblablement aucun rôle dans la transmission du virus.

Il y a cependant, selon l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), un (seul) cas dans lequel un chien de Hongkong a été infecté fin février par son maître qui était tombé malade à cause du nouveau coronavirus. Ce chien a été testé deux fois faiblement positif mais n’a manifesté aucun symptôme de maladie. Contrairement à cette affirmation, une multinationale de diagnostic vétérinaire active dans le monde entier, IDEXX, a annoncé à la mi-mars qu’elle n’a trouvé aucun cas positif parmi les milliers d’échantillons provenant de chiens et de chats qu’elle a testés pour SARS-CoV-2.

Il n’y a jusqu’ici pas non plus de cas connu de transmission du SARS-CoV-2 à d’autres animaux domestiques ou agricoles. Le FLI explique ainsi sur son site internet qu’il n’y a jusqu’ici aucun indice d’infections d’animaux agricoles par le nouveau coronavirus, mais cet institut a quand même commencé des essais dont le but est de clarifier si des porcins, des volailles ou d’autres animaux pourraient être infectés. Les premiers résultats de ces études ne seront connus qu’à la fin avril. Conséquence : jusqu’à ce que cela soit bien clarifié de manière détaillée, il faut continuer de respecter les règles d’hygiène prophylactiques de base quand on est en contact avec des animaux.

Mesures de protection pour l’homme et les animaux

Si un éleveur ou une éleveuse tombe malade à cause du nouveau coronavirus ou se trouve en quarantaine, il ou elle devrait avoir le moins possible de contacts avec ses animaux et se tenir aux instructions de l’OSAV.

La nécessité de se laver les mains ou de les désinfecter après avoir été en contact avec des animaux va de soi pour la plupart des éleveurs, mais actuellement il faut s’y astreindre systématiquement et soigneusement, car les agents pathogènes les plus divers – et pas seulement les coronavirus – peuvent toujours se transmettre des animaux aux hommes. Le meilleur moyen pour pouvoir se laver souvent les mains est d’avoir à la ferme des éviers et lavabos facilement accessibles, propres et munis de savon et d’essuies-mains à usage unique.

On n’a en fait besoin de désinfectants pour les mains que s’il n’y a pas de moyen de se laver les mains, comme p. ex. quand on est dans les champs et que l’on veut prendre sur place son petit-déjeuner, les dix heures ou le goûter. La Faculté Vetsuisse de Zurich signale que les animaux domestiques ne doivent absolument pas pouvoir dormir dans les lits des humains, qu’il ne faut autoriser aucun contact de museau à bouche et qu’il est nécessaire de maintenir bien propres l’environnement des animaux ainsi que les matériaux et objets avec lesquels ils sont en contact.

On trouve sur le site internet de l’Office fédéral de l'agriculture (OFAG) de nombreux autres conseils et directives pour protéger sa famille et ses employé-e-s. On y trouve aussi la liste de toutes les restrictions pour les éleveuses et les éleveurs qui sont de mise dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

Hannah Ayrle, FiBL

Informations supplémentaires

Directives de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV)

Directives de l’Office fédéral de l'agriculture pour protéger sa famille et ses employés, voir la rubrique FAQ de l’OFAG

Faculté Vetsuisse de Zurich: Instructions pour les contacts avec les animaux domestiques 
(en allemand)

Informations de Bio Suisse sur le coronavirus

Friedrich-Löffler Institut FLI: Il n’y a jusqu’ici aucun indice d’une infection d’animaux agricoles par le nouveau coronavirus (en allemand)

 

Dernière actualisation de cette page: 28.03.2020

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