Quels engrais verts semer après les céréales ? Résultats de l'essai de longue durée de Mapraz (près de Genève) 

Les couverts végétaux d’aujourd’hui ne sont plus les engrais verts d’hier

Un engrais vert performant contient idéalement  4 à 8 espèces et non pas 1 à 2 espèces comme c’est encore souvent le cas aujourd’hui. Pour la mise en place et la conduite des couverts, il y a quelques particularités pour le bio.
Un couvert contribue à la biodiversité et à la beauté du paysage, mais il est avant tout un pilier fondamental  de la fertilité du sol. La féverole forme des racines pivotantes qui sont capables de restructurer les couches compactées du sol. Le radis chinois forme un renflement épais qui gèle et se décompose durant l’hiver,  et contribue à améliorer la structure du sol. Le tournesol mobilise facilement les réserves de phosphore peu disponibles. L’avoine rude est moins sensible aux maladies que l’avoine usuelle et produit beaucoup de biomasse. Le lin forme un épais réseau racinaire. Le sarrasin pousse et couvre le sol très rapidement. Toutes les espèces à part les crucifères favorisent la symbiose avec les mycorhizes. Les légumineuses  fixent l’azote de l’air et le restituent aux cultures suivantes. Avant une culture exigeante en azote, leur  part dans le mélange peut atteindre 60 à 80% ; avant une culture de légumineuse à graines leur part doit être réduite à 20 – 25%, voire moins encore.
Mélanges gélifs
Il existe plusieurs mélanges gélifs proposés par les maisons de semences. Le réseau PAG-CH (Plateforme Ackerbau-Grandes cultures) en a testé une douzaine l’été passé. Semés à temps et avec  de bonnes conditions de croissance, ces mélanges couvrent le sol après 40 jours, produisent jusqu’à 70 dt MS/ha, gèlent totalement et laissent au printemps un sol propre sous un épais tapis végétal. Dans ces conditions, ils ont rempli pleinement leurs fonctions et permettent de démarrer des cultures de printemps dans des sols vivants avec un minimum d’interventions mécaniques, réalisables sous forme de travail réduit du sol. Chaque agriculteur peut également composer son mélange ;  les fiches techniques d’AGRIDEA donnent de précieux conseils sur le choix des espèces, les doses, les contraintes liées à la rotation et les proportions idéales.
Mélanges hivernants
Le choix des espèces pour ces mélanges est plus limité, et leur destruction mécanique superficielle peut être  difficile. Avant des cultures de printemps précoces, ces mélanges ne sont pas justifiés, mais avant un maïs, ils sont intéressants pour l’azote qu’ils apportent. Dans ce cas les légumineuses doivent atteindre des proportions de 60 à 80 %.
Ces derniers jours, l’IAG a testé la destruction avec un scalpeur de précision de deux couverts contenant comme base de la féverole et de la vesce d’hiver, voire également de l’avoine et du seigle d’automne dans l’un d’entre eux. Durant l’été 2015, l’IAG pourra dire si cette destruction  superficielle et sans retournement du couvert a réussi ou non.
Particularités pour le bio
De nombreux producteurs bio cultivent du pois protéagineux, dans la règle en association avec de l’orge.  Dans ce cas, il est conseillé de semer un couvert sans pois. De même, s’il y a du colza dans la rotation, il vaudrait mieux éviter d’intégrer des crucifères au couvert. Les conseillers agricoles de votre région peuvent vous proposer des mélanges performants sans pois ou sans crucifères.
En bio, les déchaumages mécaniques après les moissons retardent souvent la date de mise en place du couvert. Or idéalement il faudrait semer les couverts gélifs avant le 15 août, afin qu’ils atteignent le stade début floraison avant l’hiver.  Il est conseillé de déchaumer immédiatement après la moisson puis d’attendre environ une semaine à maximum 10 jours. A ce moment-là, en l’absence d’adventices vivaces, on peut sauf exception renoncer à des déchaumages supplémentaires et mettre en place le couvert.
Aspects réglementaires en bio
Si un producteur compose soi-même son mélange, il vérifie d’abord le statut  de chaque espèce : la semence de l’espèce en question doit-elle être obligatoirement bio  (= « niveaux » 1 et 2)? Si oui, il achète de la semence bio. Pour les espèces classées au  « niveau » 3, il prend de la semence bio s’il en trouve ; mais s’il n’y en a pas, il peut acheter de la semence conventionnelle non traitée sans autorisation exceptionnelle.  Pour les espèces classées en 1 et 2, en cas de non-disponibilité, le producteur doit disposer d’un justificatif de non-disponibilité ou d’une autorisation pour acheter de la semence conventionnelle.
NRO, MC

Vers le haut

 

Dernière actualisation de cette page: 20.05.2015

Publicité