La mise en place des prairies écologiques riches en fleurs 

Faucher précautionneusement les prairies écologiques

Faucher une prairie modifie toujours radicalement les conditions de vie des petits animaux et des oiseaux qui nichent au sol. Bouleversement de l’espace vital, réduction des sources de nourriture et destruction de la couverture végétale forcent ces animaux à migrer vers d’autres biotopes, par exemple dans des bandes d'herbe qui seront fauchées plus tard ou dans les talus non fauchés. Il y a de nombreuses possibilités de ménager la biodiversité quand on fauche une prairie. On devrait toujours y recourir dans les prairies écologiques puisqu’elles sont spécialement prévues pour favoriser la diversité des espèces animales et végétales.

  • Faucher tard.
    Il est prouvé que faucher après la mi-juin en plaine permet à une bonne partie des papillons et des oiseaux qui nichent au sol d’avoir terminé leur développement et donc d’être protégés.
  • Renoncer aux faucheuses-conditionneuse.
    Les faucheuses rotatives avec conditionneur de fourrage ne laissent quasiment aucune chance de survie et de fuite aux petits animaux des prairies. Des inspections des parcelles ont montré que les faucheuses-conditionneuses provoquent d’énormes pertes parmi les petits animaux : jusqu’à 60 % des sauterelles et des abeilles sont tuées, contre 8 % sans conditionneuse.
  • Faucher moins bas.
    Adopter une hauteur de coupe d’environ 10 cm permet d’augmenter les chances de survie des amphibiens et des reptiles par exemple. Il faut alors compter sur une amélioration de la qualité des fourrages et sur une légèrement diminution du rendement.
  • Éviter de passer inutilement dans les parcelles fauchées.
    Moins on passe dans les parcelles fauchées avec les tracteurs et les machines, plus les petits animaux qui s’y trouvent encore ont de chances de survivre.
  • Laisser des bandes non fauchées.
    Les bandes non fauchées forment des biotopes-refuges importants. Il est recommandé de laisser 5 à 10 % de surface sous forme de bandes non fauchées. Il faut déplacer les bandes non fauchées à chaque coupe, afin d'éviter l'embroussaillement. Attention:
    - sur des prairies qui viennent d'être mises en place, ne pas laisser de bandes non fauchées durant la première année d'utilisation, pour éviter une dégradation de la composition botanique de la prairie;
    - dans des vergers haute-tige, les bandes non fauchées ne devraient pas se situer directement sous la rangée des arbres, pour éviter de favoriser les campagnols.
    A part les bandes non fauchées qui sont déplacées d'une coupe à l'autre (= bandes temporaires de refuge), il existe également un autre type de bandes non fauchées, à savoir celles qui restent au même endroit et ne sont fauchées que tardivement (bandes de refuge permanentes), par ex. en fin de saison.
  • Ne pas faucher trop fréquemment.
    Plus on laisse de temps entre deux coupes plus les petits animaux peuvent se multiplier, et, pour protéger efficacement les oiseaux qui nichent au sol comme les alouettes des champs, l’intervalle entre la première et la deuxième coupe doit être d’au moins six semaines pour leur permettre d’élever une deuxième nichée.
  • Échelonner la fauche.
    Là où il y a de grandes surfaces, il faudrait préférer la fauche échelonnée. Elle pourrait consister par exemple à faucher deux tiers de la surface au 15 juin et le tiers restant trois semaines plus tard. La fauche échelonnée peut également être intéressante dans le cadre de collaborations entre exploitations, quand les prairies écologiques de plusieurs agriculteurs se touchent.

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