Développer une production sûre d'abricots biologiques Le verger permaculturel, réaliste ou utopique? 

Produire des pêches et des abricots bio en Suisse est possible

Recommandations phytosanitaires et mesures préventives

Cloque du pêcher
Le choix de variétés moins sensibles doit être favorisé. Intervenir avec du cuivre au débourrement juste à l’éclatement des bourgeons dès que les températures dépassent 7°C et le temps est humide

Moniliose sur fleurs
L’abricot est très sensible, la pêche un peu moins. L’infection a lieu lors de la floraison et les applications doivent commencer tôt dès le stade boutons blancs et seront répétées lors de précipitations. Tous les moyens à disposition restent d’une efficacité partielle. Il est possible d’intervenir avec des mélanges de souffre avec du cuivre, du Mycosin ou de l’Armicarb. Les mesures préventives comme l’élimination des fruits momifiés sont très importantes pour limiter la pression. Sur abricots les branches atteintes doivent être éliminées après la floraison lorsqu’elles flétrissent.

Moniliose sur fruits
Les pêches sont plus sensibles et en particulier les variétés tardives. Seule la prévention peut limiter les attaques. L’élimination des momies et aussi des fruits atteints avant la récolte va limiter le potentiel infectieux. Une taille pour aérer les arbres et un éclaircissage manuel pour éviter les fruits qui se touchent (en particulier pour les pêches) peuvent aussi aider. Actuellement aucun produit n’est efficace contre la moniliose sur fruits.

Maladie criblée
En année humide elle peut provoquer de gros dégâts. Les traitements sur fleurs pour la moniliose vont limiter la pression. Une application de cuivre au débourrement est aussi efficace contre la maladie criblée.

Bactériose
Une application de cuivre au débourrement, permet de limiter l’attaque. Des badigeons à l’automne vont limiter les dégâts aux troncs et ainsi les portes d’entrée pour la maladie. En mesures préventives on pourra planter des arbres avec un greffage haut (70cm), ne pas tailler en période de repos de végétation, choisir des porte-greffes moins sensibles

L’enroulement chlorotique ou ECA
C’est un phytoplasme responsable de pertes d’arbre, cette maladie est transmise par le psylle du prunier. Aucuns moyens de luttes directes n’existent. Les arbres atteints doivent être rapidement éliminé pour limiter la propagation de la maladie.

Carpocapse de l’abricotier
C’est la même espèce de carpocapse que sur les pommiers et la lutte se fait par confusion. La taille des parcelles étant déterminante pour l’efficacité de la lutte, des petites parcelles pourraient être intégrées dans des plus grandes parcelles de pommes.

Autres ravageurs
Des acariens ou des pucerons peuvent être constatés, mais rarement problématiques. En cas de présence la lutte peut être réalisée avec des savons potassiques ou des produits à base de pyrèthre.

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Intéressantes pour la vente directe, ces cultures présentent quelques difficultés qui sont parfois difficiles à surmonter. En culture biologique, une bonne planification et des solutions existent afin de limiter les risques.

Synonyme du Valais, l’abricot peut aussi être cultivé dans des régions moins favorables. Pour la pêche, les fruits proviennent presque exclusivement de l’étranger. Dans les deux cas, le marché est demandeur de fruits locaux. La vente directe présente un potentiel important, en particulier à proximité des agglomérations, pour l’écoulement de fruits régionaux avec une bonne qualité gustative. Des opportunités pour des ventes en plus grande quantité peuvent aussi exister, mais on se trouve souvent en concurrence avec les productions étrangères, et il est difficile de s’aligner sur leurs prix.

Le choix variétal

On peut choisir des variétés connues avec une bonne expérience de culture. Lorsque l’on consulte les catalogues des pépiniéristes, on trouve un choix important de variétés moins connues, anciennes ou nouvelles, qui peuvent aussi être des alternatives intéressantes. L’important est de fixer ses objectifs de vente et aussi les attentes des clients. Un bon choix variétal va tenir compte de l’étalement de la production, la sécurité du rendement, les qualités internes et externes du fruit, ainsi que les aptitudes à la culture. Il est judicieux d’avoir par exemple deux variétés par époque de maturité, ce qui apportera une sécurité. La pollinisation doit aussi être prise en compte pour les variétés d’abricots qui ne sont pas autofertiles. Pour la pêche, on aura soin de privilégier des variétés peu ou pas sensibles à la cloque.

Conduite des arbres et porte-greffes

En règle générale, les abricotiers et les pêchers sont conduits en forme couronnée de type buisson. Pour l’abricot en particulier, on choisit des formes non contraignantes qui demandent moins d’interventions de taille et limitent les risques de pertes. Pour cette raison, on évitera les formes palissées.
En ce qui concerne le choix du porte-greffe, dans nos régions avec des sols souvent lourds et calcaires, on préférera les types pruniers (Wawit, St-Julien, Myrobolan, etc). Les porte-greffes de type pêcher ou abricotier (Montclar, Manicot, Rubira, etc) sont plus adaptés aux sols légers et peu calcaires.

La culture en conditions moins favorables

Ces deux espèces se plaisent dans des régions chaudes et sèches. En régions plus humides, la moniliose sur abricots est problématique lorsque des précipitations ont lieu durant la floraison. Sur variétés sensibles et lors d’humidité persistante, la culture peut subir d’importants dégâts. En bio, des possibilités d’interventions directes existent, mais restent d’efficacité limitée et doivent être positionnées très précisément.
La pêche est peu sensible à la moniliose sur fleur, mais est très sensible à la moniliose sur fruits. Des conditions humides juste avant la récolte peuvent complètement anéantir une récolte. Ici, pas de traitement possible en bio, juste de la prévention.

Protection contre les intempéries

Il est recommandé de couvrir les cultures dans les régions humides. De conception similaire à celles qui sont utilisées pour les cerisiers, elles devront être fermées déjà avant la floraison pour limiter les attaques de moniliose sur fleurs. Cette mesure permet de limiter fortement le risque, mais attention en cas d’humidité relative de l’air persistante, des attaques peuvent aussi avoir lieu. Pour cette raison, il faut implanter les cultures sur des parcelles favorables et ventilées.

Des pertes d’arbres parfois importantes

Selon les régions, différentes raisons peuvent être à l’origine de pertes d’arbres durant la culture de l’abricot. Les deux principales sont la bactériose et l’enroulement chlorotique (ECA). La bactériose est présente sur plusieurs fruits à noyau et a différentes causes, dont la principale est le Pseudomonas. Des solutions existent pour en limiter les dégâts. On peut citer les badigeons des troncs, la taille en période de végétation et des applications de cuivre à la chute des feuilles et au débourrement, le choix du porte-greffe et le greffage haut.
L’ECA est un phytoplasme véhiculé par le psylle du prunier. Il provoque un affaiblissement des arbres avec des chloroses du feuillage. Seul l’arrachage des arbres atteints est efficace pour limiter les dégâts. Pour la pêche, ces problématiques sont très peu présentes.

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Dernière actualisation de cette page: 22.04.2015

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