Urs Brändli explique le modèle à trois niveaux pour le commerce de détail

Bio Suisse réagit aux évolutions du marché et a révisé sa politique de distribution. La base de la Fédération a été profondément impliquée dans ce processus. Un modèle à trois niveaux sera valable pour le commerce de détail à partir de 2020 avec les exigences de base suivantes: largeur de l’assortiment bio, partenariats commerciaux équitables, engagement pour la recherche et le développement bio. Bioactualités.ch a demandé à Urs Brändli, le Président de Bio Suisse, comment cela s’est passé et ce que cela signifie pour les potentiels partenaires de la distribution.

(15.07.2019) 

De quoi s’agit-il quand on parle de la politique de distribution de Bio Suisse?
Notre politique de distribution définit les exigences qui doivent être remplies pour que les commerces de détail puissent utiliser le Bourgeon avec leurs propres marques et dans leur communication. Cette politique avait été adoptée en 2011 par l’Assemblée des délégués (AD) et confirmée en 2017 dans le cadre d’Avanti 2025.

Pourquoi cette politique a été révisée alors qu’elle avait été confirmée par l’AD en novembre 2017?
Après l’adoption par l’AD, le Comité et la Direction ont commencé à se pencher sur la mise en œuvre et ont développé des scénarios. Au cours de plusieurs rencontres des membres de Bio Suisse pendant l’hiver 2018/19 ainsi que lors de la Conférence des présidents de mars 2019, il s’est révélé que la mise en œuvre définitive nécessitait des décisions de fond de grande portée. La base exigeait par ailleurs d’être impliquée dans ce processus.

Et comment le Comité a-t-il réagi?
Bio Suisse est une fédération fondée sur la démocratie de base dans laquelle les organisations membres, et respectivement leurs délégué-e-s, ont le dernier mot. Nous avons donc invité la base à participer et à réviser les principes de distribution au cours d’ateliers communs.

Quel est le résultat de ce processus?
Le but était donc d’adapter notre politique de distribution aux besoins actuels et de renforcer le profil de Bio Suisse comme principale organisation bio de Suisse. Nous y sommes parvenus grâce à un processus très intensif qui a bénéficié d’un soutien externe capital.

Nous avons donc maintenant un modèle à trois niveaux avec les exigences de base suivantes: largeur de l’assortiment bio, partenariats commerciaux équitables, engagement pour la recherche et le développement bio. Cette révision du modèle de distribution doit permettre aux produits qui respectent le Cahier des charges de Bio Suisse d’être encore plus visibles et disponibles là où les consommatrices et consommateurs les attendent.

Pouvez-vous nous expliquer ce modèle à trois niveaux?
Le niveau 3 est celui des exigences les plus élevées. Ceux qui les remplissent peuvent utiliser le Bourgeon avec leurs propres marques ainsi que dans leur communication. Le niveau 2 permet d’utiliser le logo BIOSUISSE avec ses propres marques. Et le niveau 1 permet de communiquer dans ses propres médias que l’ensemble des matières premières bio produites en Suisse viennent de fermes Bio Suisse. Nos partenaires de la distribution peuvent donc décider eux-mêmes jusqu’où ils veulent s’engager pour l’agriculture biologique et finalement pour le Bourgeon. À la fin c’est la somme des engagements qui décide qui peut utiliser le logo BIOSUISSE et/ou le Bourgeon.

Une Conférence générale sur la politique de distribution s’est déroulée le 2 juillet: Qui était invité à y participer?
Toutes celles et ceux qui ont accompagné le processus de conception depuis l’atelier du 23 mai dernier. C’est-à-dire les délégué-e-s et délégué-e-s remplaçant-e-s des organisations membres de Bio Suisse, leurs président-e-s et secrétaires, ou encore d’autres représentant-e-s des OM et des commissions (CQ, CS, CM, CLA, CLI, CLTC, CG, IRI) ainsi que les membres des Groupes spécialisés. Quelque 110 participants se sont rassemblés le 2 juillet à Olten et se sont prêtés au jeu – très sérieux – d’un vote consultatif sur les différents scénarios proposés.

Et qu’est-il ressorti de ce vote consultatif?
L’approbation était très générale – comme rarement lors d’un vote lors d’une AD.

Il y a eu par après des voix qui disent que le nouveau modèle est trop strict et que les niveaux deux et trois ne peuvent pas être atteints par tous les détaillants: Que dites-vous à ce propos?
Le Bourgeon exige des règles très strictes pour l’agriculture et la transformation. Les discussions avec la base ont montré très vite et très clairement que cela devait aussi être valable pour le commerce de détail. La révision de la politique de distribution définit des exigences déterminées selon les besoins et qui doivent être à l’avenir valables pour tous les détaillants de Suisse. Chacun y trouvera une variante compatible avec sa stratégie bio pour collaborer avec Bio Suisse. On trouve en outre déjà des produits de marque avec le Bourgeon dans tous les canaux de vente en Suisse. Et comme je l’ai déjà dit auparavant: à la fin c’est la somme des engagements pour l’agriculture biologique qui décidera qui peut utiliser le Bourgeon.

Et à partir de quand ce modèle à trois niveaux sera-t-il en vigueur?
Nous prévoyons que ce sera à partie du 1er janvier 2020. Vu que des modifications du Cahier des charges seront encore nécessaires, l’AD de novembre devrait prendre une décision à ce sujet. Nous avons en effet encore des points à clarifier d’ici-là.

TH

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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