Suisse romande: on recherche de nouveaux producteurs bio

(19.08.2008) 

Manque de matières premières bio produites en Suisse
Bio Suisse informe que le marché des produits bio connaît actuellement des difficultés d'approvisionnement depuis quelques mois. En 2007, la production d'œufs bio n’a pas toujours suffi à répondre à la demande. La production de céréales bio était insuffisante de manière chronique, et il aurait été facile de vendre de plus grandes quantités de fruits à noyaux, légumes, petits fruits, herbes aromatiques, pommes de terre et huile de colza de qualité bio. Dans ces secteurs, il existe donc des perspectives pour de nouveaux producteurs bio, et le marché pourrait parfaitement absorber quelques centaines de nouvelles fermes biologiques. Les agriculteurs désireux de pratiquer le bio dès 2009 sont donc invités à s’inscrire auprès de leur canton à fin août 2008.

Le bio se pratique sur l’ensemble de l’exploitation
En Suisse, la grande majorité des produits bio sont commercialisés avec le bourgeon de Bio Suisse. Très peu de produits bio trouvent preneurs en-dehors du bourgeon. Or le bourgeon exige le respect du cahier des charges bio sur l’ensemble de l’exploitation. En conséquence, même des denrées pour lesquelles il n’y aurait pas encore de débouché suffisant (par exemple la viande ovine) ou pas du tout de débouché dans le canal bio doivent être produites conformément au bio. Le jardin familial ou les animaux pour l’autoconsommation (quelques poules, un ou deux porcs engraissés par an, …) doivent être également bio, mais bénéficient d’un cahier des charges bio quelque peu allégé. Dans le jardin familial, les produits de traitement et engrais de synthèse sont interdits, par contre l’anti-limace naturel Ferramol, récemment homologué, remplace parfaitement les anti-limaces classiques, et est autorisé en bio. Il faut également rajouter que pendant les deux premières années, l’exploitation en reconversion bio doit vendre la plupart de ses produits dans le canal non bio, car le marché des produits bio en reconversion est pratiquement inexistant. C’est une difficulté du passage au bio à laquelle il faut faire face.

Il faut être conscient de tout cela au moment du passage au bio. Chaque producteur bio (ancien ou nouveau) est donc invité à pratiquer le bio avec engagement et responsabilité, de manière à assurer la crédibilité globale de ce mode de production face aux consommateurs. Le passage au bio doit être soigneusement préparé. Les conseillers bio des cantons romands sont à disposition des producteurs intéressés pour les aider à réussir ce passage. En décembre 2008 et en janvier 2009 aura lieu le cours obligatoire de deux jours pour les producteurs en 1ère année de reconversion, organisé par ces conseillers bio.

Maurice Clerc
Institut de recherche de l'agriculture biologique (FiBL)
Av. des Jordils 3
1000 Lausanne 6
Tél: 021 619 44 75
Mail: maurice.clerc(at)fibl.org

 

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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