Qualité, prix indicatifs et proximité pour du fourrage grossier bio

Les résultats d’une enquête en ligne menée ce printemps auprès des acheteurs et des producteurs de fourrages grossiers dévoilent les inquiétudes et les attentes des agriculteurs de toute la Suisse quant au développement d’un marché des fourrages grossiers Bio Suisse.

(01.11.2019) 

Afin d’anticiper le changement du cahier des charges de Bio Suisse concernant l’affouragement des ruminants, une enquête en ligne a été réalisée durant le printemps 2019 au niveau national par AGRIDEA Lausanne et FiBL Antenne romande avec la collaboration de ProConseil et PROGANA auprès de 342 exploitations pour identifier les défis liés à cette transition fourragère. Ce travail a été financé par Bio Suisse au travers du fond « Contributions Grandes Cultures Bourgeon 2019 ».

Pour rappel, à partir du 1er janvier 2020, 90 pourcent du total affouragé aux ruminants devront être des fourrages Bourgeon suisses avec au maximum 10% de concentré. Dès le 1er janvier 2022, c’est 100% des fourrages qui devront être Bourgeon suisses avec au maximum 5% de concentré dans la ration.
123 réponses ont été recueillies pour la partie romande avec 64 personnes ayant répondu pour la partie acheteurs et 59 pour la partie vendeurs de fourrage. 219 réponses ont été recueillies pour la partie alémanique avec 110 personnes pour la partie acheteurs et 109 pour la partie vendeurs de fourrage.

Une assurance qualité, des prix indicatifs et des distances raisonnables entre acheteurs et vendeurs sont les critères requis par les acheteurs pour favoriser le développement d’un marché de fourrage grossier Bio Suisse et inciter les agriculteurs avec peu ou sans bétail à soigner leur prairies temporaires et produire du fourrage de qualité. Dans les fourrages les plus recherchés, on retrouve souvent la luzerne comme compléments protéinés. Les principaux intéressés à produire du fourrage de qualité pour la vente attendent de pouvoir compter sur des prix légèrement plus compétitifs vis-à-vis des cultures de rentes, en particulier les céréales panifiables. 20 % de prairies temporaires sont toutefois obligatoires dans la rotation et 30% seraient agronomiquement un idéal. Il est donc souhaité que ces surfaces soient mises en valeur par une production fourragère de qualité.

Une partie des agriculteurs comptent sur des relations de confiance et dans la durée avec des voisins, toutefois un bon nombre d’acheteurs et de vendeurs de fourrages grossiers désireraient disposer d’outils performants pour d’une part améliorer la visibilité des disponibilités de marchandises dans leur région et d’autre part officialiser des transactions sur la base de prix de référence et de garantie de qualité.

L’enquête a été réalisée en 2 langues et les résultats sont volontairement présentés de manière séparée pour la Suisse romande et la Suisse allemande. En effet, les différences géographiques plus que linguistiques montrent des opinions nuancés selon les questions entre les régions les plus chargées en bétail, Suisse orientale et les régions plus axées sur les grandes cultures. Ces nuances doivent être des indicateurs pour les différents acteurs intéressés à créer de nouvelles filières fourragères.

Deux versions présentant les résultats vous sont donc proposées ; une version compacte comprenant les informations les plus significatives et une version intégrale comprenant tous les graphiques et tous les commentaires des répondants.

Nous remercions encore chaleureusement tous les agriculteurs et agricultrices qui ont pris le temps de répondre à cette enquête et qui par leurs commentaires spontanés et constructifs participent à la mise en place d’une production de fourrage grossier bio de qualité.

Ludovic Piccot, Agridea et Nathaniel Schmid, FiBL

Pour plus d'informations sur les résultats de l'enquête
Version compacte des résultats de l’enquête fourrage (398.0 KB) (PDF)
Version intégrale des résultats de l’enquête fourrage (2.3 MB) (PDF)

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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