Programmes d’engraissement des bovins bio et conditions de prise en charge

Le secteur bio travaille sur tous les fronts pour sécuriser et diversifier cette filière. Il ne s’intéresse pas seulement à la production de bovins d’engraissement au pâturage, légers ou lourds, mais aussi au sevrage des veaux au lait entier sur la ferme où ils sont nés.

(12.04.2017) 

L’engraissement au pâturage est une alternative à l’engraissement intensif pour produire de la viande. C’est la base en agriculture biologique car le cahier des charges prescrit la SRPA également pour les bovins d’engraissement ainsi qu’une quantité limitée de concentrés dans la ration. C’est aussi une solution intéressante pour les exploitations de grandes cultures bio à la recherche d’engrais de ferme ou les exploitations qui arrêtent la production laitière.
Côté marché, la viande bio continue à se développer, avec des abattages de bovins en augmentation : +25% pour le bétail d’étal et +13% pour les vaches de réforme pour la période de 2014 à 2016. Cependant, une partie des animaux finit encore dans le canal conventionnel, surtout chez les veaux d’engraissement. Pour améliorer cette situation et offrir un bon débouché à tous les bovins dans la filière bio, le Bourgeon essaie de trouver des solutions. Le tableau ci-joint donne un aperçu de quelques programmes d’engraissement de bovins bio.
Des solutions pour une meilleure rémunération
Certains labels valorisent très bien les animaux en bio. C’est le cas du « Bœuf de pâturage Bio », commercialisé par Linus Silvestri ou plus récemment du « Natura-Beef Bio », marque de Vache Mère Suisse. Ces labels misent sur des animaux issus de races à viande ou de croisement, avec différentes exigences. Un nouveau marché s’ouvre pour le Bœuf de pâturage Bio, avec Lidl qui propose des conditions de prise en charge des animaux en partie plus souples que Migros.
Une autre filière démarre, celle des « Bœufs lourds ». Ce projet, encouragé par Bio Suisse et le FiBL, vise à donner de nouvelles perspectives aux veaux bio de races laitières charnues (Simmental, Montbéliarde, Brune originale). Les animaux sont sevrés sur l’exploitation de naissance (4 à 5 mois), engraissés en génisses de pâture ou bœufs lourds, et tués à un poids mort de 350 à 400kg. La demande est bonne pour ces animaux qui fourniront des morceaux nobles et de la viande de transformation, même si des défis techniques et économiques restent à relever. Par exemple, la rentabilité du sevrage et de l’engraissement est insuffisante, la charnure minimale est difficile à atteindre et les stabulations doivent être adaptées au poids vif élevé des animaux. Une bourse d’échange entre producteurs de remontes et engraisseurs est à l’étude, pour favoriser la vente de ces animaux au juste prix, sans passer par un intermédiaire. L’avenir de cette filière est prometteur et offre une solution alternative aux animaux trop lourds pour rentrer dans d’autres programmes. De plus, le sevrage tardif des animaux sur l’exploitation est un moyen de réduire le recours aux antibiotiques, car les veaux ont le temps d’acquérir une bonne immunité. La santé des veaux est un des axes de travail fort de la stratégie nationale de réduction des antibiotiques StAR.
Bien choisir et observer ses animaux
La production de viande bio est possible dans différents types d’exploitation, aussi bien en plaine qu’en montagne. Elle est économiquement intéressante si le système est cohérent avec les conditions fourragères de l’exploitation, ainsi que les contraintes structurelles (parcellaire, bâtiments). D’autres facteurs entrent en compte et notamment celui de la génétique. Les races Limousine et Angus sont particulièrement bien adaptées au croisement avec des vaches laitières, et les descendants F1 présentent un bon potentiel d’engraissement et une bonne santé. Vache Mère Suisse publie des valeurs d’élevage permettant d’orienter le choix des taureaux pour l’insémination, basés sur les résultats des veaux engraissés (charnure et graisse). L’organisation travaille aussi sur la sélection de la race Limousine, pour gagner en précocité. L’observation des animaux ainsi que la surveillance du poids sont indispensables pour produire des animaux adaptés au marché. La classification CH-TAX des animaux lourds pose quelques problèmes, car elle ne tient pas compte de la longueur des animaux. Ainsi certains bovins sont déclassés des labels, alors qu’ils conviendraient bien à la production de morceaux nobles.
Les organisations bio s’investissent aux côtés des agriculteurs et des labels pour favoriser le développement de ces filières et régler les problèmes existants. Même si toutes les questions n’ont pas encore trouvé de réponses, la dynamique de la viande bovine bio Bourgeon est bonne et les perspectives d’évolution devraient permettre à chaque producteur d’y trouver son compte.

Programmes d’engraissement des bovins bio et conditions de prise en charge
Catégorie / LabelCH-TAXÂgeObjectif
kg PM (PV)
Prix
Fr. par kg PM (PV)
Canal d'écoulementDemande
Bio Natura Beef T3/H3/C3Max10 mois170-260 PM11.90/12.30/12.50 PMCoopEquilibrée
Remontes d’engraissement (F1 ou de
vaches allaitantes)
6 mois
10 mois
Env. 200 PV
Env. 280 PV
7.40-8.00 / PV
Dès 200kg: par kg en plus, moins1 ct
Agriculteurs / CommerceTrès bonne
Bonne

Boeuf de Pâturage BioT3/H3/C3Max 27mois260-280 PM11.40/12.00/12.20 PMMigros
Lidl, Fidelio
Suffisante
Recherché
Boeufs lourdsT3Pas d’exigences300-400 PM9.30 PMSelon entente avec acheteursBonne
Vaches à l’engrais VKT3Pas d’exigences8.30 PMBell. MicarnaTrès bonne

Fabienne Gresset, AGRIDEA
Pour en savoir plus
Engraissement au pâturage (sur ce site internet)
Fiche technique: « Engraissement au pâturage », dans le classeur Agriculture Biologique d'AGRIDEA
Commande du classeur "Agriculture biologique" d'AGRIDEA


 

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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