Prise de conscience haute en couleurs dans les vignobles suisses

(28.04.2016) 

En 2016, une refonte totale de la loi sur l’épandage aérien de 1998 a été effectuée par l’OFAG et l’OFEV. Il y a une grande volonté de tous les acteurs (Agroscope, Instituts, fournisseurs d’intrants, compagnies d’hélicoptères, etc) et de la branche viticole de trouver une solution à la problématique des dérives ainsi que de prendre en compte les intérêts des vignerons bio.

Quelles sont les perspectives pour 2016 ? Une démarche collective menée par G.Vallélian, viticulteur, pour un vignoble de Lavaux sans produits de synthèse, est mise en place. Le site de Lavaux représente 10 communes, 30'000 habitants, 800 ha de vignes, 200 familles vigneronnes. La surface d’exploitation est de 3 ha en moyenne, divisée en de nombreuses parcelles. Il y a 3 domaines certifiés BioSuisse ou Demeter (Piccard, Duboux, Jaunin) et 3 domaines en reconversion (Wannaz, Fonjallaz, Les Faverges). Ce sont  350 ha de vignes traités par 4 syndicats d’hélicoptères (Hélicovigne Villette, Hélicovigne Cully, Hélisulfate, Hélichardonnet). Imaginez le Lavaux sans ses 4 hélicos… ça seraient 350 ha avec 350 atomiseurs, 350 employés exposés, des nuisances tous les jours, des dosages aléatoires, des résidus multipliés par 100. A l’inverse, 4 hélicos à Lavaux sont plus respectueux du vigneron,  précis et économes en produit (guidage par GPS). Ils sont  bruyants mais ils ne passent qu’une fois tous les 10 jours sur une zone et ne déversent qu’un seul produit par zone.

L’initiative menée par G.Vallélian est la suivante : en 2015,  50 ha ont été traités sans chimie à titre d’essais ; dès 2016, l’entier des surfaces traitées par hélicoptère le sera, soit 350 ha. En Valais également, on commence à procéder à des épandages sans chimie de synthèse avec Air-Glaciers, à plus petite échelle toutefois, sur 70 à 100 hectares. Les produits utilisés en traitements par hélicoptère sont conformes à la Liste des intrants du FiBL, sauf le Stamina, dont la matière active est le phosphonate de potassium, et qui n’est pas homologué pour la production bio.

Grâce aux traitements aériens sans intrants de synthèse, il n’y a pratiquement plus de problèmes de dérive sur les vignes bio. Il reste toutefois les dérives qui pourraient être causées par le phosphonate : Bio Suisse doit prochainement se positionner sur la quantité de résidus acceptables dans les vignes bio.   

Le but est de sauvegarder un minimum de traitements par hélico. Avec un minimum de nuisances et zéro chimie de synthèse, une vraie révolution!

Il y a également 30% de producteurs du Lavaux qui ne travaillent pas avec l’hélicoptère et donc qui appliquent les mêmes produits (sans chimie)  au sol. Ce sont donc 30% de producteurs en plus qui pourraient faire le pas d’une reconversion au bio si le problème des dérives de phosphonate sur les bordures est réglé.
JAP

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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