Formation bio en Suisse romande: comment, où, pourquoi?

(11.08.2010) 

En Suisse romande, les centres de formation de Grange-Verney et de Courtemelon-Loveresse ont offert en 2010 pour la première fois la spécialisation en agriculture biologique dans le cadre du CFC d’agriculteur/agricultrice. Et cela va continuer.

Comment ?
La formation en agriculture bio est de type « intégrée ». Elle comprend un tronc commun important, qui est suivi par les élèves « bio » et « non bio », et des cours spécifiquement bio, qui concernent uniquement les élèves bio. Il est envisagé que ces cours spécifiques soient dispensés de la manière suivante: 40 heures en 1ère année, 40 heures en 2ème année et 120 heures en 3ème année. Ces 200 heures peuvent se répartir sur 5 semaines de cours-blocs par exemple. Par ailleurs, au moins deux années d’apprentissage doivent être effectuées sur une ferme biologique.

Où ?
Aux centres de formation de Grange-Verney VD et Courtemelon-Loveresse JU/JB. Ces centres ont offert pour la première fois en 2010 la possibilité de se former dans la spécialisation en agriculture biologique. Huit apprentis ont suivi le 1er cours-bloc bio à Grange-Verney en janvier 2010 (voir l’AGRI du 19 février 2010). Cinq apprentis ont fait de même à Courtemelon en avril 2010, auxquels se sont ajoutés 6 élèves en formation selon l’ancien plan d’enseignement, qui ont suivi ce cours-bloc comme branche à option. Ces deux écoles vont poursuivre sur leur lancée ces prochaines années. Comme Courtemelon, Grange-Verney va également proposer ces cours-blocs comme option pour les élèves non bio.

Maîtres d’apprentissage
Pour trouver une ferme bio qui forme des apprentis bio, le plus simple est de s’adresser à l’Office cantonal d’apprentissage. Les entreprises bio désireuses de former des apprentis sont soumises aux mêmes règles que les entreprises non bio. Par exemple, le chef d’exploitation doit disposer d’un brevet fédéral d’agriculteur (ou d’une formation supérieure en agriculture), la prévention des accidents sur sa ferme doit être garantie, et des visites régulières sur place de la part du canton doivent avoir lieu.

Pourquoi ?
L’agriculture biologique fait recours à des techniques de production spécifiques, spécialement en production végétale. Désherbage, approvisionnement en azote le plus possible par les légumineuses, prévention et lutte contre les maladies et ravageurs, autant de thèmes sur lesquels il faut être tout aussi « pointu » qu’en PER, mais de manière différente. Et il faut pouvoir intégrer tous ces éléments dans un ensemble qui fonctionne. Pour acquérir des compétences en bio, il est donc hautement intéressant pour les apprenti-e-s de pouvoir bénéficier d’un certain nombre d’heures de cours séparées. Ces cours bio permettent à l’élève d’obtenir un CFC qui est soumis aux mêmes exigences que le CFC ordinaire, mais dont le contenu intègre le domaine spécifique "production biologique". Le CFC obtenu s’appelle officiellement « Agricultrice CFC/Agriculteur CFC avec domaine spécifique en agriculture biologique ».

Avant d’être bio ou non bio, nos jeunes sont paysans, et les valeurs inhérentes à cette magnifique profession, chargée de nourrir les hommes et de remettre à nos descendants un outil de production en bon état, peuvent être partagées et entretenues dans le cadre du tronc commun aux deux filières. 

Formation à l’agriculture biologique-dynamique : particularités
Il existe la possibilité de suivre un parcours de formation aboutissant non pas à un CFC, mais à un brevet de « Spécialiste en agriculture biologique-dynamique » (traduction libre). Ce brevet est reconnu par la Confédération. Les personnes qui débutent cette formation disposent déjà d’un CFC ou d’une formation supérieure, et elles ont au moins 18 ans. Si une ferme biologique-dynamique veut accueillir des étudiants effectuant cette formation, elle doit préalablement se faire reconnaître, non pas par les offices cantonaux d’apprentissage, mais par la « Fachausbildung für biologisch-dynamische Landwirtschaft », Ringstrasse 8, 2560 Nidau.

Pour en savoir plus: page "Formation" de ce site

Texte rédigé par Robert Obrist et Maurice Clerc, FiBL

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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