Le Conseil des États au sujet des pesticides et de l’eau potable : une solution minimale

Le Conseil des États a, comme on s’y attendait, rejeté les initiatives pour l’eau potable et contre les pesticides. La trajectoire de réduction pour les pesticides et les nutriments va bien dans la bonne direction selon Bio Suisse, mais elle ne suffira de loin pas pour résoudre les problèmes actuels.

(15.09.2020) 

Bio Suisse appelle donc le Parlement à s’attaquer courageusement à ces déficits qui datent de plusieurs dizaines d’années et à mettre fin à sa politique à haut risque à l’égard des initiatives. Mais aussi à débloquer la politique agricole 2022+ qui est prête à être mise en oeuvre.

Il manque toujours des mesures efficaces

Le Conseil fédéral et le Parlement ont dès le début traité à la légère ces deux initiatives. Notamment en renonçant expressément à formuler un contre-projet indirect. Au lieu de cela, la Commission du Conseil des États a décidé d’emprunter une voie inhabituelle et dangereuse avec une initiative parlementaire.

La trajectoire de réduction proposée pour la diminution des risques devait, à l’origine, être «si possible examinée en même temps que la Politique agricole 2022 plus». Cette manière de faire aurait dû générer un ensemble de mesures agropolitiques harmonisées, capable de servir d’alternative aux initiatives. Ce paquet de mesures avait été discuté pendant des années avec la branche et il serait maintenant prêt à l’emploi.

En suspendant la politique agricole, la Commission a maintenant contourné elle-même sa propre intention première. Son essai faiblard de lier la problématique des surplus de nutriments à la Trajectoire de réduction Pesticides n’y changera rien non plus. Il manque en effet toujours des mesures efficaces comme des taxes d’incitation ou des limitations du nombre maximal d’animaux à l’hectare, et les trajectoires de réduction ne sont pas intégrées dans une politique agricole cohérente.

Des campagnes pour les votations risquées

Il ne sera donc maintenant plus possible d’éviter des campagnes pour les votations risquées et belliqueuses. Au lieu de résoudre courageusement et avec détermination les problèmes qui existent réellement, les partenaires potentiels de la protection de la nature et de l’agriculture vont devoir se poser en adversaires et s’affronter publiquement. Le peuple sait ce que la politique va lui offrir à la place des initiatives. Avec son lobbying récalcitrant, l’Union suisse des paysans risque d’obliger le peuple à faire acte d’autorité. Et elle prend un risque énorme pour les familles paysannes, tout en galvaudant du même coup beaucoup de sympathie pour l’agriculture suisse.

Or, entre-temps, l’Union européenne passe la vitesse supérieure dans ce domaine avec son Pacte Vert et sa stratégie «De la ferme à la table». La prétendue avance de la Suisse se transforme donc en retard. Dans cette situation, le Parlement devrait rapidemment débloquer la politique agricole et la mettre en oeuvre. L’agriculture biologique remplit d’ores et déjà réellement les exigences des initiatives et celles des objectifs environnementaux pour l’agriculture définis par la Confédération, donc elle devrait être encouragée de manière efficace.

Communiqué de presse de Bio Suisse du 15 septembre 2020 (220.5 KB)


Pour en savoir plus
Initiative « Pour une eau potable propre et une alimentation saine » (Site web de Bio Suisse)
Initiative « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse » (Site web de Bio Suisse)

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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