Adapter la gestion des alpages d’estivage à l’agriculture de demain

Visite d'alpage à Villars-sur-Ollon. Alors qu’une grande partie des travaux agricoles ont peu à peu été mécanisés, les alpages quant à eux n’ont pu suivre que très partiellement cette évolution.

(22.06.2018) Le changement structurel agricole a eu d’importantes conséquences sur la gestion des exploitations de montagne, de plaine et d’estivage. Alors qu’une grande partie des travaux agricoles ont été mécanisés, les alpages quant à eux n’ont pu suivre que très partiellement cette évolution.

La famille et la main d’oeuvre
La nature des travaux à réaliser, la topographie rendant l’accès difficiles aux machines et les grandes distances, ne permettent pas toujours un suivi régulier. Le manque de main d’œuvre se fait également cruellement sentir pour assurer les tâches quotidiennes. Les travaux à réaliser s’apparentent souvent à des campagnes (coupes de bois, lutte contre les adventices, mise en place des clôtures) et ne nécessitent pas de la main d’œuvre permanente, mais plutôt des interventions de volontaires de la société régionale. Les familles paysannes navigant entre leur exploitation et leur pâture d’estivage sont ainsi confrontés à de vrais casse-têtes organisationnels et ne comptent plus leurs heures tant il est difficile d’harmoniser les contraintes professionnelles et privées.

Désherber sans chimie
Les conséquences d’une sous-exploitation sont rapidement visibles. Les lisières de forêt et les ronces envahissent rapidement les pâturages. Les plantes problématiques et voleuses d'espace ne peuvent plus être tenues en échec. L’expérience tant des agriculteurs que des conseillers dans le domaine montre qu’une lutte chimique systématique contre les mauvaises herbes problématiques typiques des pâturages d’estivage n’a que peu de succès. Il est donc important de prendre en considération les causes de leur prolifération et les évolutions dues aux changements climatiques. Pour cette raison, il devient primordial de prévenir les problèmes et donc de procéder à une lutte indirecte contre les plantes problématiques. Pour cela on préconise une pâture plus intense et précoce dans le but de favoriser le tallage des plantes de bonne qualité fourragères et ainsi la densification des herbages. Afin de réduire significativement la pression sur l'alpage, des animaux plutôt légers et adaptés aux conditions seront priorisés. De bonnes pratiques d’exploitation fournissent les meilleurs résultats dans la maitrises des plantes problématiques, si bien qu’à moyen terme, la lutte directe (chimique/mécanique) tend à diminuer.

Le vérâtre blanc, concurrence et toxicité

Le vérâtre blanc (Veratrum album) est une plante emblématique des alpages, mais problématique en raison de sa toxicité. On l’utilisait au Moyen Âge pour empoisonner les gens. Une décoction radiculaire était également utilisée contre les poux. Aujourd'hui, le vérâtre doit être combattu conformément à l'Ordonnance sur les paiements directs. Selon les rapports d'expérience, le vérâtre peut être affaibli par un fauchage régulier peu avant la floraison, mais ne peut pas être éradiqué. L’usage de la faux est possible, mais il est préférable de procéder à une coupe sous la surface du sol au niveau du collet afin de favoriser l’accès à l’eau de pluie et ainsi la pourriture du système racinaire. Les outils simples et facilement utilisables sont la bêche tranchante, la bêche à rumex et le cylindre-extracteur de racine. Le même effet peut également être obtenu par un arrachage manuel avec torsion, mais des gants doivent impérativement être portés à cause des toxines de la plante. Après la fauche ou l’arrachage, il est recommandé de se débarrasser des plantes fauchées ou déchirées. Les plantes sèches jonchant le sol sont particulièrement appétantes et présentent donc un danger important, surtout chez les jeunes animaux.

Plus de points d’eau
Dans les alpages, il est important d'aménager autant de points d'eau que possible. Un bon approvisionnement en eau évite que le bétail se promène excessivement sur le pâturage et ménagent ainsi les herbages. Quand ils se font rares, les points d’eau sont également des lieux de concentration d’animaux et entraînent la prolifération de nombreuses plantes indésirables comme le rumex par exemple. Un système de flotteur est important pour éviter que l'eau ne coule sur la prairie et ne crée des mouilles. Tout nouvel abreuvoir peut être installé avec peu d'effort, sans de gros investissements et alimenté par un tuyau flexible simple.

Parlons-en, visite d’alpage
Une journée est organisée par le FiBL le 6 juillet 2018 sur l’alpage de la Famille Alain et Fabienne Gisiger à Villars-sur-Ollon/VD. Les différents aspects de l’exploitation d’un alpage d’estivage seront présentées, les plantes problématiques présentes sur les pâturages seront décrites et les moyens de lutte directe et indirecte discutés. La journée sera animée en français et en allemand.

Contact pour les intéressés : Nathaniel Schmid au 079 783 67 42 (français), Franz Steiner au 079 824 44 45 (allemand) ou sur le site du FiBL, rubrique « Agenda » Visite d’alpage Romandie.

Programme complet de la journée

Remarque: ce texte est une nouvelle du jour. Il ne sera pas actualisé ultérieurement.

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