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Les cultures associées concurrencent les adventices et résistent à la verse

Tracteur avec semoir en action dans un champ
Le semis des cultures associées a lieu en automne en plaine et au printemps dans les régions de mi-altitude.

En conditions bio, semer le pois protéagineux et l’orge ensemble est techniquement plus avantageux que de cultiver le pois protéagineux seul. Le développement de la culture associée pourrait contribuer à augmenter la part de protéagineux bio produite en Suisse.

Avantages techniques
La culture associée forme un peuplement dense et résistant à la verse. En conséquence, elle concurrence bien les adventices, elle se récolte facilement et le rendement est meilleur que la culture pure de pois protéagineux. En comparaison avec la culture pure de pois protéagineux d’automne, c’est donc nettement mieux.

Résultats d’essais
L’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) effectue des essais en bande de cultures associées depuis 2009 en collaboration avec les cantons, en semis d’automne et en semis de printemps. Les espèces suivantes ont été testées : pois protéagineux, féverole, orge, triticale, avoine, caméline. Les résultats montrent que le rendement de la culture associée est toujours supérieur à celui de la culture pure de pois protéagineux. En ce qui concerne la part de pois protéagineux dans le grain récolté, elle était d’une manière générale plus faible en 2009 et 2011 (sécheresse printanière) et meilleure en 2010. Ces variations annuelles dépendant largement de la météo et ne peuvent donc pas être évitées. Le FiBL poursuit les essais en 2012 pour affiner la technique de production de ces cultures.

Quelle association semer ?
L’association pois-orge avec une proportion (toujours par rapport à la quantité de semence usuelle pour chacune des cultures pures qui interviennent dans le mélange) de 80 % de pois et 40 % d’orge semble être une des plus intéressantes, en particulier parce que ces deux espèces mûrissent en même temps. L’association de 100 % de pois et de 20 % d’orge a été également testée, mais la proportion d’orge n’est pas toujours assez élevée pour tenir le pois debout dans toutes les situations. L’association de pois et de triticale est moins intéressante, parce que le triticale mûrit plus tard que le pois; par ailleurs, le battage de cette association est plus difficile. Quant à l’association entre la féverole et l’avoine, (autrefois un grand classique en semis de printemps), elle est un peu moins recherchée en raison de la qualité nutritive de la féverole qui n’atteint pas celle du pois.
En semis de printemps, l’association pois et caméline connaît un certain succès, particulièrement auprès des producteurs produisant de la caméline pour la production d’huile. Dans les essais du FiBL en 2010, la caméline a semblé freiner le développement du chiendent (effet d’allélopathie). En 2011, la caméline n'a pas contribué à une amélioration de la propreté du pois. L'effet d'allélopathie est certainement lié à la variété. Dans nos essais, nous utilisons la variété Calena, nous supposons que ce n'est pas la variété avec le meilleur effet d'allélopathie.

Semis
Lors du semis, les semences sont préalablement mélangées dans une bassine puis vidées dans la trémie du semoir. Elles ne se séparent pas dans la trémie de semis. La date et la profondeur de semis sont un compromis entre les exigences des espèces. Par exemple pour l’association d’orge et de pois d’automne, on sème entre le 10 et le 15 octobre à environ 3 cm de profondeur. Ce n’est pas parfait, mais les résultats le montrent, cela fonctionne. A l’avenir il sera peut-être possible d’optimiser la technique en utilisant par exemple des semoirs à deux trémies de semis.

Désherbage et fumure
Il est possible de désherber une culture associée avec une herse-étrille sans problème. Les apports de fumure azotée (fumier, lisier, engrais organique du commerce) sont déconseillés car ils défavorisent le pois et favorisent l’orge. De ce point de vue, la culture associée est intéressante sur les fermes bio sans bétail.

Récolte
Récolter une association de pois et d’orge ne pose pas de problèmes particuliers. Expérience faite, les batteurs trouvent facilement le réglage permettant d’éviter la chute de grains au sol. Il s’agit ensuite d’éviter que les grains de pois soient cassés, quitte à ce qu’il y ait quelques épis d’orge non battus dans la trémie. Les grains de pois cassés sont à proscrire car ceux-ci risquent de passer dans les déchets lors de la séparation des graines.

Commercialisation
Lors de la prise en charge, les composants des cultures associées sont habituellement séparés puis utilisés pour composer des fourrages concentrés. Cette séparation est facturée au producteur. Chacun des composants est ensuite payé selon le prix usuel. La prime de culture pour protéagineux est garantie si tout est entrepris pour que la légumineuse domine. Le pois protéagineux est payé à Fr. 100.- les 100 kg. La culture associée est une donc une culture à battre financièrement intéressante en bio.

Les cultures associées sont prises en charge aussi bien par les moulins bio traditionnels (Rytz, Chevalier, Lehmann...) que par les autres centres collecteurs (centres collecteurs dépendant de fenaco ou centres collecteurs privés).

Informations complémentaires

Résultats des essais pratiques de cultures associées en 2011 (1.4 Mo)  

Résultats des essais pratiques de cultures associées en 2010
(1.4 Mo)
Résultats des essais pratiques de cultures associées en 2009 (2.2 Mo)