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Culture de la caméline en association avec d'autres plantes
Quelques producteurs romands envisagent de cultiver de la caméline en 2010. Cette plante forme une belle rosette qui tapisse le sol et empêche un certain nombre d’adventices de lever. Il pourrait donc être intéressant de la cultiver en association avec des plantes peu concurrentielles face aux adventices comme par exemple le pois protéagineux de printemps. L’huile de ses graines peut être utilisée comme huile technique, comme carburant ou pour l’alimentation humaine. Mais son rendement en graines est modeste.
Itinéraire technique détaillé (112 KB)
Cette crucifère, appelée Camelina sativa, est une très ancienne plante cultivée. A l’heure actuelle, on en trouve quelques cultures en France, en Allemagne et en Autriche. A partir des informations récoltées dans ces pays, nous avons tenté de définir de quelle manière elle pourrait être cultivée et mise en valeur en Suisse. Les informations qui suivent sont à interpréter avec précaution étant donné l’absence de références techniques en Suisse.
Caractéristiques agronomiques
La caméline est habituellement semée en association avec des cultures peu concurrentielles face aux adventices comme le pois protéagineux de printemps, voire la lentille, l’orge ou le blé de printemps. Les quelques variétés actuellement à disposition sont non hivernantes. On n’a pas beaucoup de renseignements sur les différences entre les variétés actuelles. On ne sait pas si les variétés déclarées comme hivernantes en France le seraient aussi en Suisse. Comme elle est de la même famille que le colza, la caméline peut contribuer à augmenter le risque de sclérotiniose dans la rotation culturale. En Allemagne du Nord, le méligèthe peut faire des dégâts substantiels dans la caméline, raison pour laquelle il est déconseillé dans cette région de cultiver cette espèce en culture pure. Mais on ne retrouve pas cette recommandation ailleurs. Elle est peu affectée par d’autres ravageurs et maladies. Elle aime les sols légers à moyens, mais pas forcément les sols lourds. Elle supporte bien le sec mais pas l’humidité stagnante.
Cycle de croissance
La germination est rapide. Les rosettes de caméline tapissent le sol et empêchent une bonne partie des adventices de se développer. Après le stade rosette suit celui de la formation de quelques tiges fines mais solides, faiblement ramifiées, avec des feuilles étroites et de petites siliques. Au final, la plante atteint une hauteur de 40 à 120 cm. Les tiges de la caméline servent de tuteur au pois protéagineux. A la récolte: les siliques n'éclatent pas, donc la date de récolte n’est pas trop dépendante de la maturité de la caméline.
Mise en valeur
Les graines de caméline sont très petites (poids de mille grains de 1 à 1.5 g). Elles renferment 30 à 45 % d’huile, qui est très riche en acide linoléique. Les informations concernant la qualité alimentaire de l’huile sont contradictoires : certaines sources vantent les hautes qualités nutritives de cette huile sans restrictions aucunes, d’autres sources mettent en garde contre la teneur de cette huile en composants problématiques tels que l’acide érucique. L’huile de caméline est aussi utilisée en cosmétique ou pour la fabrication de vernis et peintures. Certains producteurs allemands de caméline rêvent d’autarcie énergétique : en pressant les graines de caméline récoltées dans une culture associée, ils obtiennent une quantité d’huile de 150 à 200 l/ha qui leur permet de cultiver bien plus qu’un hectare de pois sans achat de carburant extérieur. Enfin, l’affouragement de tourteau de caméline est autorisé dans l’UE depuis 2009.
En 2010, il y aura en Suisse de la caméline cultivée en association avec des pois protéagineux, du soja, des lentilles, voire des céréales de printemps, dans le cadre de parcelles en observation (essais pratiques) ou en production.
Auteur: Maurice Clerc, FiBL








