Interlocuteur
Christian Bovigny
Prométerre
Vulgarisateur spécialisé en agriculture biologique
Grange-Verney
1510 Moudon
Tél 021 905 95 54
Fax 021 905 95 69
Courriel
www.prometerre.ch
Transition au bio: risque ou opportunité?
Adapter une ferme non bio aux exigences de l’agriculture biologique est souvent perçu comme un grand risque. Pourtant, pour une très grande majorité de ceux qui ont osé faire ce pas, cela c’est avéré être une excellente opportunité.
Désamorcer les fausses peurs
Le changement fait souvent peur. Par rapport au changement que représente la transition à l’agriculture biologique, c’est le regard et la critique des voisins qui est le plus difficile à affronter. On vous attend au contour. On vous promet des invasions de mauvaises herbes et des maladies qui dévastent vos cultures. On remet en cause la possibilité de gagner correctement sa vie. L’agriculteur se retrouve souvent seul avec ses questions et ses doutes. Une visite de quelques agriculteurs bio expérimentés et les conseils d’un vulgarisateur spécialisé en bio sont les meilleurs moyens de s’informer objectivement. Les groupes cantonaux de vulgarisation bio fournissent également une très bonne aide.
Une autre maîtrise de sa production
Sur le plan technique, c’est surtout la possibilité de tout « maîtriser » sans produits chimiques qui est inquiétante. En fait, il s’agit d’une autre maîtrise qui passe par la gestion globale du domaine. La fumure se réfléchit avec tout le système d’exploitation. Les animaux, les prairies temporaires, les cultures de légumineuses, l’importation d’engrais de ferme ou le compost sont autant de possibilités d’entretenir la fertilité des sols qui doivent se planifier sur le moyen terme. Pour ce qui est des mauvaises herbes aussi, la rotation, le choix des variétés, le travail du sol sont autant importants que le désherbage mécanique. Les maladies des grandes cultures se gèrent principalement avec le choix de variétés résistantes et la rotation. Ce sont finalement les compétences de l’agriculteur qui seront déterminantes et récompensées. Un agriculteur bio autrefois très intensif disait : « Avant, j’étais un transformateur d’intrants, maintenant je suis redevenu agriculteur et je produis avec mes propres moyens ! »
Récompense par le revenu
Sans être mirobolants, les revenus des paysans bio sont en moyenne plus élevés. Les statistiques d’Agroscope Reckenholz-Tänikon montrent un revenu agricole des fermes bio selon les régions de Fr. 5’300.— à Fr 8'800.— plus élevé en moyenne pour les années 2006 à 2008, ceci malgré des dépenses de main d’œuvre supérieures et une surface légèrement inférieure (voir graphique). Ces différences vont encore s’accroitre avec les récentes baisses de prix conventionnels. Du coté des marchés, 2009 a été la 3ème année consécutive avec une importante hausse des ventes de produits bio. Pour les grandes cultures, l’important manque de marchandises indigènes laisse la possibilité à de nombreuses exploitations de saisir cette opportunité. Lors d’une visite de ferme avec une classe d’élèves, l’agriculteur bio expliquait : « C’est tout de même nettement plus motivant que l’on vienne vous demander de cultiver ceci ou cela avec des bon prix que de devoir se démener à chaque récolte pour écouler sa marchandise avec des prix qui ne font que baisser. »
Finalement on prend le risque du changement et celui du « Qu’en dira-t-on ? », mais c’est surtout une belle opportunité d’être récompensé pour son travail et de revaloriser ses véritables compétences d’agriculteurs.






