Journée suisse des grandes cultures bio 2015 : état des préparatifs à mi-novembre 2014

A Courtételle JU, tous les ingrédients sont réunis pour faire du samedi 13 juin 2015 un événement qui sera enrichissant pour tous.

(27.11.2014) La journée aura lieu sur la ferme bio sans bétail d’Yvette Fleury. Ce domaine comprend environ 50 ha de céréales diverses, de féverole-avoine et de prairies temporaires de trois ans (pour une bonne maîtrise des adventices). Une équipe d’organisation très motivée travaille avec Yvette Fleury pour montrer les techniques qui marchent bien ainsi que celles qui sont en développement. Outre les essais de mise en place des cultures et de désherbage mécanique, il y aura également des essais de céréales, d’oléagineux et de cultures associées, ainsi que différents engrais verts semés en mars pour les besoins de l’événement.

Des blés panifiables inhabituels en PER
A Courtételle, quelques blés amenés à être inscrits en 2015 sur la liste variétale bio seront visibles : par exemple le blé autrichien Arnold, à paille haute et barbue, ou le blé Pizza (du sélectionneur Peter Kunz), qui devrait avoir des teneurs en protéine et gluten humide très intéressantes pour les transformateurs. En outre, Pizza est un blé très vigoureux, qui donne de très belles plantes.  Le retour de blés à barbe dans l’assortiment peut être intéressant dans les régions où il y a beaucoup de sangliers ou d’oiseaux.
En agriculture bio et en conditions plutôt extensives du point de vue de la fertilisation, une grande partie des surfaces de blé sont emblavées avec des variétés à paille haute  et très feuillues de Peter Kunz, comme Wiwa ou Tengri. Ces variétés concurrencent relativement bien les adventices et supportent beaucoup plus de criocères que les variétés plus courtes. Avec relativement peu d’azote, elles produisent 40 à 55 dt/ha. A 106 francs/dt, cela permet d’obtenir une marge brute correcte.
En conditions plus intensives, avec des engrais de ferme par exemple, les variétés d’Agroscope/DSP permettent d’obtenir aussi des bons résultats en bio. La dernière arrivée de cette catégorie dans la liste variétale pour la culture bio est Molinera, qui est barbue et a une bonne résistance à la sécheresse mais qui est peu résistante à la germination sur pied. Il y a également Lorenzo, qui est une variété régulière et stable en conditions bio.

Blé fourrager
Produire du blé fourrager est intéressant durant les deux ans de reconversion au bio, car durant cette période les possibilités de vendre du blé panifiable dans le canal bio sont limitées. Pour cette production, on utilise des variétés à haut rendement (= plus de 60 dt/ha), telles que Bockris (à fort tallage et bonne couverture du sol, mais sensible à la rouille jaune), Ludwig, ou Ataro (= la meilleure des trois en ce qui concerne la résistance aux maladies, pour conditions extensives en azote).  Ces variétés peuvent être aussi être produites sous contrat avec la Biofarm pour la fabrication de flocons alimentaires. Elles sont aussi présentes dans le dispositif qui sera visible le 13 juin.  
A Courtételle, la fumure des céréales se fera avec du digestat de biogaz (40 kg N/ha). La moitié du bloc de céréales recevra en plus des engrais organiques du commerce (40 kg N/ha).

Epeautre, nouvelles variétés
Les épeautres classiques Oberkulmer et Ostro sont assez sensibles à la verse et elles peuvent avoir les épis qui tombent. La rouille jaune peut également être un problème. Les nouvelles variétés présentées à Courtételle telles que Titan et Zürcher Oberländer devraient contribuer à résoudre ces problèmes. Tout a été entrepris par leur sélectionneur Peter Kunz pour garantir à ces nouvelles variétés une digestibilité élevée et une absence d’intolérances diverses.

Maîtriser la technique culturale bio avec une météo capricieuse
Chez Yvette Fleury, et comme un peu partout, les engrais verts sont moins développés qu’en année normale à cause des pluies d’août et des semis tardifs. Cela conduira peut-être les organisateurs à faire évoluer les procédés innovants de mise en place des cultures au printemps 2015, tels que le semis direct et le striptill végétal. S’adapter sans cesse quand on n’a pas les herbicides et qu’on veut faire autre chose que du labour classique est une réalité, difficile mais passionnante. On se donne donc rendez-vous au printemps pour la suite !

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